Revue de presse Paramédical - Novembre 2011 – Articles de presse de juillet à septembre 2011  – 24 nov 2011

Etablissement de soins

Découvrez notre rubrique d'analyse de la presse professionnelle en lien avec la qualité et la sécurité des soins dans le domaine paramédical.

Check-list au bloc opératoire : pourquoi elle n'est pas toujours appliquée (et pourquoi elle devrait l'être) ?

Cet article, bien qu’extrait d’une revue médicale, concerne très spécifiquement les infirmier(e)s spécialisé(e)s travaillant au sein des Blocs Opératoires, car ils (elles) sont la cheville ouvrière de ce nouveau dispositif de gestion des risques dans ces plateaux techniques très spécialisés et polyvalents.

Le constat actuel: la mise en place de cette check-list a montré:
- une certaine désorganisation au sein des Blocs,
- certains comportements individualistes,
- des problématiques de communication entre les équipes,
- une culture de sécurité et de gestion des risques insuffisante.

Les conséquences: la check-list est trop souvent remplie comme un document administratif qui doit être dans le dossier patient, et est vécu comme étant une contrainte supplémentaire imposée par la Haute Autorité de Santé (H.A.S.).
La démarche initiée a été complétement vidée de son sens. Et surtout, la réalisation de cette check list s’est considérablement dégradée au fil des mois.

Devant ce bilan très mitigé, l’auteur préconise une évaluation des résultats de ce document, et ce dans chaque établissement. C’est pourquoi, le Collège Français des Anesthésistes Réanimateurs (C.F.A.R.) a proposé à la H.A.S. une méthodologie d’évaluation en 4 phases:

- Contrôle de la réalisation de la check-list: phase quantitative: il faudrait déterminer le pourcentage d’interventions réalisées qui bénéficient du document. Cet indicateur sera d’autant plus simple à suivre si la check-list est informatisée.

- Contrôle de réalisation de la check-list: phase qualitative: cette étape appréciera si le document est correctement rempli, et essaiera d’évaluer si « l’esprit » de la démarche est positif. Plusieurs méthodologies sont possibles: audit sur le terrain, le questionnaire distribué aux différents acteurs, les entretiens,…

- Evaluation de la culture de sécurité: phase générique, mais essentielle dans la démarche globale. L’outil retenu par la H.A.S. serait le questionnaire, traduit de celui de l’Agency fot Healthcare Research and Quality (AHRQ), qui permet d’aborder cette culture de sécurité selon 10 dimensions.

- Mesure de l’impact de la mise en place des checks-lists: phase à priori la plus difficile: voir l’impact du document sur la morbi-mortalité des patients. Démarche à développer.

Même si l’arrivée de la check-list dans les Blocs Opératoires peut sembler brutale, elle a le mérite de questionner un nombre important de professionnels de santé, et notamment les paramédicaux conscients des enjeux, mais qui ont de grandes difficultés à trouver le bon positionnement face à un monde médico-chirurgical qui n’est pas encore convaincu de la nécessité d’une telle démarche.

Il est important de ne pas fléchir face aux freins, car l’Organisation Mondiale de la Santé a démontré, à travers l’étude multicentrique menée en 2008, la necessité d’une culture de sécurité tournée vers les patients dans un premier temps, et vers les soignants dans un second temps.
 

Source:
Vincent PIRIOU – Service d’Anesthésie-Réanimation, Check-list au bloc opératoire: pourquoi elle n'est pas toujours appliquée (et pourquoi elle devrait l'être) ?
Le praticien en anesthésie réanimation – Volume 15, numéro 4, pages 256-259 (septembre 2011).

Etat des lieux de la certification V2010

La démarche d’accréditation, puis la certification, initiée par les ordonnances de 1996 en est à sa troisième version, appelée V2010.

Cette V2010 renforce le contrôle de la qualité, et le développement de la sécurité des soins.

Concrètement, cela se traduit par:

- le recueil d’indicateurs et par les Pratiques Exigibles Prioritaires (P.E.P.) pour lesquels la Haute Autorité de Santé (H.A.S.) a des exigences fortes.,

- un système d’amélioration continue de la qualité, basé sur une auto-évaluation à partir d’un référentiel édité par la H.A.S. et par une visite d’auditeurs externes.

La V2010 a introduit plusieurs grandes modifications:

- mesurer le niveau de qualité qui est atteint: à travers la mesure régulière de certains indicateurs.

- centrer l’audit sur les missions de soins: les visiteurs experts ne se polariseront que sur un nombre limité de références, ces références étant définies avant la visite à partir des déclarations de l’Etablissement de Santé.

- homogénéïser le regard des experts visiteurs et des auditeurs: à travers le système de mesure qui propose 4 niveaux de mesure, variables selon que le critère exploré est une P.E.P. ou non.

- renforcer la place des évaluations des pratiques professionnelles (E.P.P.): essentiellement centrées sur les pratiques cliniques.


A travers cet article, on peut mieux comprendre les objectifs de la H.A.S. qui oriente la politique nationale qualité, en passant des intentions de délivrer des soins de qualité en toute sécurité (V1 et V2) à une culture basée sur les preuves et surtout mesurer la progression de cette qualité à travers la mesure régulière d’indicateurs.

 

Source :
Daniel ANGLADE – Médecin anesthésiste-réanimateur, Etat des lieux de la certification V2010,
Revue: Oxymag – Vol 24, N° 119 (juillet-août 2011)

Risques connus et impact de mesures prises sur ces risques en transfusion sanguine

Dans la gestion des risques de la transfusion sanguine, les cibles sont définies depuis longtemps, à savoir administrer des produits dont l’innocuité est avérée et selon des protocoles très précis, garantissant un niveau de sécurité optimal.

L’hémovigilance relève deux groupes d’événements indésirables qui peuvent être graves:
- le premier regroupe les incidents/accidents consécutifs à l’administration de produits non viciés et qui générent des réactions pathologiques,
- le second regroupe les incidents/accidents en lien direct avec les produits sanguins présentant des caractéristiques pathologènes.

C’est ce second groupe qui intéresse l’auteur, et pour lequel il développe la nature des risques potentiels, et les actions de prévention et de correction mises en œuvre, avec la mesure de leur efficacité.

Le risque infectieux dans la transfusion sanguine est avéré, qu’il soit de nature virale, bactérienne, fongique ou parasitaire. Sans oublier les prions… pour lesquels les décisions sont en cours de discussion. Et c’est pourquoi on recherche constamment l’amélioration de la qualité et de la sécurité à tous les niveaux de la chaine d’élaboration du produit.

Tout infirmier aura à administrer des produits sanguins labiles et/ou des médicaments dérivés du sang. Il est important que chacun connaisse la gestion des risques mis en œuvre dans la production de ces médicaments, en amont de leur administration.

La même rigueur, le même niveau de sécurité doit être assuré lors de cette administration pour ne pas compromettre le pronostic vital des patients, car les accidents dans le système ABO et les accidents bactériens en lien avec l’administration sont toujours présents, malgré les moyens de formations et d’informations déployés.
 

Source :
Olivier GARRAUD – EFS Auvergne-Loire, Risques connus et impact de mesures prises sur ces risques en transfusion sanguine
Revue: Transfusion clinique et biologique – volume 18, numéro 4, pages 463-467 (août 2011).

La Prévention Médicale - Mis à jour le 04/05/2012

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