Résultats de la 2de enquête nationale sur les événements indésirables graves (ENEIS 2) – Événements indésirables (EIG) - Enquête DREES et CCECQA – 14 déc 2010
L’enquête ENEIS 2 montre une stabilité des données et du risque par rapport à l’enquête de 2004. On trouve même de nouvelles sources d’inquiétudes, notamment dans la maîtrise de la transition hôpital-ville, avec une augmentation des ré-hospitalisations pour infections post-opératoires.
La seconde enquête nationale sur les évènements indésirables graves (EIG) a été présentée le 24 novembre 2010 par la DREES et le CCECQA qui en avaient la charge et qui ont repris à l’identique la procédure déjà utilisée dans la première enquête de 2004.
La méthode utilisée est une méthode d’enquête 7 jours: on relève pendant 7 jours consécutifs tous les EIG survenus dans un panel de services privés et publics volontaires pour participer à l’étude retenus pour constituer l’échantillon représentatif testé. L’analyse distingue les EIG causes d’hospitalisation et ceux survenus pendant l’hospitalisation.
Résultats: L’enquête à détecté 374 EIG chez 8269 patients dont 180 ont été considérés évitables (48,1%). 214 sont survenus pendant l’hospitalisation et 160 ont été cause d’hospitalisation. 171 sont survenus en secteur médical (4,7/1000 jours d’hospitalisation) contre 203 en secteur chirurgical (9,2 pour 1000 jours d’hospitalisation), pour une densité cumulée moyenne de 6,2 pour 1000 jours d’hospitalisation.
Ces chiffres sont comparables à ceux de l’enquête ENEIS 1 de 2004.
De façon pratique on retiendra:
- un EIG tous les 5 jours dans un service de 30 lits
- 25% des EIG évitables sont des erreurs par défaut (ne pas avoir fait le soin)
- les EIG sont plus fréquents en chirurgie qu’en médecine
- un séjour sur 20 causé par un EIG (entrée à l’hôpital)
- une augmentation des admissions suite à une infection liée aux soins (post-opératoire) mal gérée en secteur primaire.
Commentaire général: l’enquête ENEIS 2 montre une stabilité des données et du risque par rapport à l’enquête de 2004. On trouve même de nouvelles sources d’inquiétudes, notamment dans la maîtrise de la transition hôpital-ville, avec une augmentation des ré-hospitalisations pour infections post-opératoires).
On peut spéculer sur ce résultat d’ENEIS 2 somme toute décevant: entrer dans un argutie technique sur les critères d’analyse des EIG et de leur évitabilité, évoquer la crise hospitalière chronique, ou la complexité croissante des parcours patients et des soins.
Probablement toutes ces explications sont partiellement vraies, mais elles ne doivent pas cacher la nature profonde du problème de survenue des EIG plus lié à une culture de sécurité encore défaillante du corps médical. On sait par les travaux accumulés dans l’industrie que l’évolution des cultures s’étale sur des dizaines années voire une génération, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que 5 années ne change pas vraiment la donne de la mesure…
Pour aller plus loin en attendant une publication officielle sur le site de la DREES, vous pouvez retrouver un résumé sur le pôle santé sécurité des soins du médiateur de la république.
La Prévention Médicale - Mis à jour le 04/05/2012

Par Céline Moty-Monnereau (DREES) - 17 fév 2011