Revue de Presse - Août 2011 –  – 04 août 2011

Retrouvez un panorama complet de la presse internationale concernant la prévention médicale, avec des résumés d'articles traduits en français.

A noter : la plupart des liens renvoient vers des sites anglais. L'accès au texte intégral de certains articles nécessite un abonnement.

Monitoring cardiaque : pour ne pas se tromper de patient

Un institut américain lance une alerte concernant l’identification des patients sous monitoring cardiaque. Des arythmies graves ont pu, par erreur, être imputées au mauvais patient. L’institut recommande de s’assurer que chaque boîtier de télémétrie correspond bien au bon patient et que la vérification est faite par deux personnes différentes à des endroits différents (au chevet du lit et devant le terminal central) en ayant recours aux identifiants habituels du patient (nom, date de naissance, numéro de dossier…).

Conseils pratiques et implication du patient

Ces deux articles donnent des conseils très pratiques en vue de relever deux défis importants: le lavage des mains et la transmission entre la ville et l’hôpital. Malgré toutes les recommandations, les problèmes persistent. Il semble fondamental d’impliquer le patient dans ces deux démarches. Le patient peut par exemple être mis à contribution pour rappeler aux professionnels de santé de se laver les mains.

Un outil de formation pour diminuer les infections nosocomiales

Le département américain de la santé a divulgué un outil interactif à destination des professionnels de santé pour diminuer les infections nosocomiales. Les vidéos comprennent des informations concernant les protocoles pour parvenir à une prévention efficace et ceux en cas d’isolement des patients. La formation met en avant 6 attitudes à améliorer: le travail en équipe, la communication, le levage des mains, la vaccination contre la grippe, la prescription appropriée des antibiotiques et l’utilisation raisonnée des cathéters et des ventilateurs.

Études sur la sécurité du patient

Pour faire avancer la sécurité du patient...

L’agence américaine pour la qualité et la recherche (AHRQ) a demandé à un groupe d’experts d’établir des recommandations pour améliorer l’évaluation et la recherche sur les pratiques en sécurité du patient. Les experts ont préconisé:

- une utilisation plus importante des modèles théoriques et logiques,
- des descriptions plus détaillées des actions et de leur mise en place,
- des explications plus détaillées des résultats désirés ou inattendus,
- une meilleure description du contexte et comment ce contexte influence les actions entreprises.

Les indicateurs de sécurité vus par les chirurgiens américains

Le numéro de juin 2011 du journal du collège des chirurgiens américains consacré aux indicateurs de sécurité du patient… Discussions diverses sur les différents indicateurs, établis par l’agence américaine pour la sécurité et la recherche, et pouvant être utilisés: désunion post-opératoire, corps étranger abandonné, désordres métaboliques post-opératoires, septicémie sur cathéter, etc.

Pourquoi la sécurité est-elle si difficile à atteindre ?

L’auteur cherche à comprendre pourquoi la sécurité du patient reste, plus de 10 ans après le rapport To err is human, un défi non relevé. Il estime que les 4 domaines les plus difficiles sont: la visibilité, l’ambigüité, la complexité et l’autonomie.

Sécurité des patients dans les services de radiologie

Dans les services de radiologie, les infirmières doivent à la fois participer aux examens réalisés et surveiller les patients dont l’état peut être instable. Elles peuvent faire appel à une équipe médicale d’urgence pour apporter des soins plus spécialisés. On retrouve peu de choses dans la littérature sur cette situation à haut risque, haut risque compte tenu de l’état du patient mais aussi pour la survenue d’un événement indésirable. Cet article étudie surtout les transports à l’intérieur de l’hôpital, le recours à une équipe médicale d’urgence et les implications pratiques.

Les patient sont fiables pour la détection des erreurs

Les méthodes de recueil des événements indésirables sont diverses mais la quasi totalité repose sur l'action d’un professionnel de santé (ou sur des données administratives). Quelques unes, comme celle-ci, étudient les déclarations faites par les patients. Sur 2582 patients récemment sortis des hôpitaux du Massachusetts, 753 ont identifié 1170 problèmes, dont certains n’avaient pas été détectés autrement. Surtout, les revues faites par les médecins sont concordantes avec les problèmes détectés par les patients dans plus de 70% des cas.

Détection des médications potentiellement dangereuses chez le sujet âgé

Cette étude cherche à évaluer les critères permettant d’identifier des médications potentiellement dangereuses pour les personnes âgées. Deux séries de critères sont comparées. C’est une étude rétrospective basée sur les entrées à l’hôpital de patients de plus de 65 ans.

 

La transparence pose des problèmes aux anesthésistes

La transparence pose des problèmes particuliers aux anesthésistes. La relation médecin-patient est souvent brève, avant l’intervention. Les anesthésistes peuvent avoir des opinions non partagées par les autres membres de l’équipe, et en particulier les chirurgiens. L’anesthésiste peut encore être en train de s’occuper du patient alors que le chirurgien est déjà en train de parler avec la famille… L’anesthésiste peut ainsi se sentir exclu du processus de transparence et des conversations initiales. Les auteurs concluent que des stratégies nouvelles doivent impliquer les anesthésistes comme participants actifs et ces derniers doivent définir les « bonnes pratiques » pour leur spécialité.

La communication passe aussi par le non-verbal

Cette étude suisse utilise des patients simulés pour étudier la façon dont laquelle des médecins révèlent des erreurs aux patients, et surtout comparent les attitudes verbales et non-verbales. Comparaison entre les hommes et les femmes, différents gestes, à quels moments…. C’est un élément de base pour comprendre ce qui est essentiel pour le patient.

Pour diminuer les ré-hospitalisations...

Cet article reflète un projet construit par 5 comtés de l’état de New York (à l’exclusion de la ville de New York) pour améliorer les transmissions: transmissions à l’intérieur de l’hôpital et avec la médecine de ville. Le projet implique les hôpitaux, les médecins de ville, les soins de réadaptation, les hospices… L’objectif principal est de diminuer les ré-hospitalisations (dans le premier mois suivant une sortie), dont 75% sont jugées évitables.

Communication en maternité entre les médecins et les infirmières

La communication entre les différents professionnels de santé en maternité est particulièrement difficile: différences de perspective thérapeutique, hiérarchie et absence d’appui administratif pour un changement. Cette étude californienne étudie les principes d’une haute fiabilité en matière de communication et de gestion des conflits au sein de la maternité. A l’aide d’un scenario clinique, la communication infirmière-médecin est étudiée, ainsi que les façons de l’améliorer pour promouvoir la confiance et la sécurité du patient. Plusieurs compétences sont nécessaires: compétences d’écoute excellentes, appui administratif renforcé et engagement collectif pour dépasser la hiérarchie traditionnelle et les stéréotypes professionnels.

Indicateurs de performance en médecine générale

Cet article du Journal de la Commission américaine sur la qualité des soins et la sécurité se penche sur le besoin en indicateurs de performance utilisables en médecine générale, à partir d’un exemple pratique. Il s’agit du dépistage de la tuberculose chez des populations à risque. L'article rapporte les difficultés de mise en place et propose des solutions.

Le chirurgien est-il un bon chef d'équipe ?

Cette équipe écossaise cherche à étudier, d’après la littérature, les relations entre la sécurité au bloc et les compétences de chef d’équipe du chirurgien. Il est bien connu que les erreurs sont plus souvent dues à une erreur de communication au sein de l’équipe qu’à une erreur technique du chirurgien. Les auteurs concluent que davantage de recherche est nécessaire pour connaître vraiment les compétences de chef d’équipe indispensables pour améliorer la sécurité du patient (pour pouvoir mieux former les futurs chirurgiens).

Situations à risque en médecine générale

Le système d’indemnisation des erreurs médicales a été modifié en Nouvelle Zélande en 2005, instituant un système ne nécessitant pas de déterminer un coupable. Depuis a été constituée une base de données regroupant les erreurs. Dans cet article, sont étudiées 6007 événements survenus à la suite de soins par un médecin généraliste. Outre les erreurs de médications, déjà bien connues, cette série permet d’identifier d’autres situations à risque, moins connues.

La Prévention Médicale - Mis à jour le 04/08/2011

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