Revue de Presse - Avril 2012 –  – 19 avr 2012

Retrouvez un panorama complet de la presse internationale concernant la prévention médicale, avec des résumés d'articles traduits en français.

A noter : la plupart des liens renvoient vers des sites anglais. L'accès au texte intégral de certains articles nécessite un abonnement.

Articles écrits par des chirurgiens

Des chirurgiens urologues britanniques et irlandais établissent sept leçons clés pour éviter les accidents: communication médiocre, mauvaise direction diagnostique, erreurs de médication(s), erreur de côté/de site opératoire, mauvaise gestion des incidents fâcheux, conflit avec les collègues, mauvais contrôle du stress… Des évidences ? Mais qui restent bien d’actualité…

Source: Kirby R, Challacombe B, Dasgupta P, Fitzpatrick JM. HOW TO AVOID THE ‘SEVEN DEADLY SINS OF SURGERY’. BJU International. 2012 janv 1;109(2):171–3.

Des neurochirurgiens de Floride étudient les diverses checklists, leurs utilités… en particulier celle de l’OMS, la plus largement utilisée, celle des « Veterans », celle européenne de « SURPASS ». Ils recherchent les essais réalisés en neurochirurgie, qui sont restés très fragmentaires. Ils concluent que les efforts doivent être poursuivis et que la complexité de la neurochirurgie ne doit pas décourager l’utilisation de la check-list.

Source: McConnell DJ, Fargen KM, Mocco J. Surgical checklists: A detailed review of their emergence, development, and relevance to neurosurgical practice. Surg Neurol Int. 2012 janv 21;3.

Apprendre la qualité des soins dès le berceau (ou dès la faculté…)

Trois articles de part et d’autre de l’Atlantique:
Ces auteurs US (Nouveau Mexique) ont conçu un programme en plusieurs étapes pour obtenir l’implication des résidents dans l’amélioration de la qualité: enquête, retraite, ateliers, nouvelle enquête et nouvelle retraite. Les améliorations ont atteint des éléments directement importants pour la sécurité des patients, mais aussi des points d’organisation constatés par les dirigeants de l’hôpital.

Source: Stueven J, Sklar DP, Kaloostian P, Jaco C, Kalishman S, Wayne S, et al. A Resident-Led Institutional Patient Safety and Quality Improvement Process. American Journal of Medical Quality [Internet]. 2012 févr 16 [cité 2012 avr 8]; Available de: http://ajm.sagepub.com/content/early/2012/02/16/1062860611429387

Dans cet article, une collaboration entre médecins et informaticiens a permis de clarifier la notion de « transmissions », de revoir les barrières pour effectuer de bonnes transmissions, d’identifier les solutions disponibles pour améliorer celles-ci et de procurer une approche structurée pour former les résidents aux transmissions grâce à un projet éducatif.

Source: Wohlauer MV, Arora VM, Horwitz LI, Bass EJ, Mahar SE, Philibert I. The Patient Handoff. Academic Medicine. 2012 avr;87(4):411–8. 

Cette équipe anglaise (comprenant un des “papes” de la gestion du risque médical) a élaboré un programme de formation à base d’étude de cas pour améliorer la formation des étudiants en médecine sur le risque médical et la sécurité du patient. Ils étudient l’impact de ces séminaires avec cas cliniques sur les connaissances et compétences des étudiants et des professeurs.

Source:Ahmed M, Arora S, Baker P, Vincent C, Sevdalis N. Case-based Learning for Patient Safety: The Lessons Learnt Program for UK Junior Doctors. World Journal of Surgery. 2012 mars 2;36(5):956–8.

Les inquiétudes concernant la « deuxième victime » font couler beaucoup d'encre

Plusieurs articles ce mois-ci sur le médecin en tant que “deuxième victime” et sur l’impact émotionnel des incidents:
En particulier une étude française dans un journal de référence anglo-saxon: une résidente en médecine générale a étudié l’impact émotionnel (tant professionnel que personnel) d’une erreur médicale sur des internes en médecine générale. Ceux-ci ont révélé que l’impact était important avec par exemple une sensation de culpabilité plus de 2 ans après l’incident. Un tiers aurait aimé en parler davantage avec leur supérieur. Ils demandent davantage de formation sur l’erreur médicale et davantage de discussion ouverte lorsque l’incident survient. Ils souhaiteraient en discuter avec leur chef autour d’un café plutôt que de se faire eng…

Source: Venus E, Galam E, Aubert J-P, Nougairede M. Medical Errors Reported by French General Practitioners in Training: Results of a Survey and Individual Interviews. BMJ Qual Saf. 2012 janv 4;21(4):279–86.

Un autre article canadien (anglophone) étudie l’impact d’incidents sur les médecins de famille et leur personnel. L’impact a été constaté dans 82,4% des cas (frustration (48.3%), embarras (31.5%), colère (12.6%), et culpabilité (10.1%). Plusieurs moyens de tenir le coup ont été retrouvés: 52% en ont parlé à quelqu’un, 37.2% n’ont rien fait à la suite de l’accident, 17.9% ont parlé de l’incident au patient, et 3.6% ont fait autre chose. Les médecins femmes utilisent moins de moyens pour tenir le coup. Ces moyens ont été utilisés plus fréquemment en cas de dommage.

Source: O’Beirne M, Sterling P, Palacios-Derflingher L, Hohman S, Zwicker K. Emotional Impact of Patient Safety Incidents on Family Physicians and Their Office Staff. J Am Board Fam Med. 2012 janv 3;25(2):177–83.

Un article US traite des moyens de « tenir le coup » pour les médecins (résidents et praticiens en exercice): 79% ont subi soit un problème avec un patient soit un accident personnel. Le besoin de chercher un soutien a été constaté dans 79 % des situations potentiellement judiciaires, dans 67% des cas impliquant une erreur médicale, dans 63% des conflits avec un patient, dans 62% lors d’une maladie physique, dans 50% d’une maladie mentale ou d’un conflit au travail. Le manque de temps, la difficulté d’accès, le possible manque de confidentialité, l’impact négatif sur la carrière ont constitué des barrières à cette recherche de soutien, qui était le plus souvent effectuée auprès de collègues (88%).

Source: Hu Y-Y, Fix ML, Hevelone ND, Lipsitz SR, Greenberg CC, Weissman JS, et al. Physicians’ Needs in Coping With Emotional Stressors: The Case for Peer Support. Arch Surg. 2012 mars 1;147(3):212–7.
 

Enfin un éditorial s’attache aux relations entre l’analyse des causes-racines après un incident, et le phénomène de « deuxième victime ». L’auteur (celui qui a décrit à l’origine le phénomène de la « deuxième victime ») souligne que l’investigation nécessaire ne doit pas accentuer l’impact sur le médecin et qu’en cherchant à faire mieux, on fasse pire… La politique après la survenue de l’incident doit inclure non seulement l’investigation sur les causes, mais la recherche des « deuxièmes victimes ».

Source: Wu AW, Steckelberg RC. Medical Error, Incident Investigation and the Second Victim: Doing Better but Feeling Worse? BMJ Qual Saf. 2012 janv 4;21(4):267–70.
 

Accidents et presque accidents : même combat ?

La politique de transparence vis à vis du patient est maintenant généralement préconisée partout dans le monde. Cependant la conduite à tenir devant un « presque accident » n’est pas clairement définie et les médecins sont tentés de ne rien faire, puisqu’il n’y a pas de dommage. Cet article US discute des avantages de la divulgation du problème au patient et du relevé de ces « presque accidents » pour l’amélioration de la sécurité des soins.

Source: Chamberlain CJ, Koniaris LG, Wu AW, Pawlik TM. Disclosure of « Nonharmful » Medical Errors and Other Events: Duty to Disclose. Arch Surg. 2012 mars 1;147(3):282–6.
 

L'électronique au secours de la check-list...

Cette équipe a testé l’utilisation d’un tableau électronique lors des « pauses » avant l’intervention et utilisation de la checklist. LA mauvaise compliance de l’équipe avec cette étape de la checklist est soulignée, elle est nettement améliorée par ce tableau électronique qui permet à chacun des membres de l’équipe de participer activement et simplement. La compliance passe de 50% à plus de 80 % des patients.

Source: Mainthia R, Lockney T, Zotov A, France DJ, Bennett M, St. Jacques PJ, et al. Novel use of electronic whiteboard in the operating room increases surgical team compliance with pre-incision safety practices. Surgery [Internet]. [cité 2012 avr 8];(0). Available de: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0039606011006878

 

« Et pour moi, qu'est ce que cela veut dire ? »…

Plusieurs articles signalés dans cette revue de presse ont fait état des difficultés de la notification des résultats d’examens aux patients. Cette étude a compilé les attentes d’une douzaine de patients ayant une maladie chronique et identifié 3 éléments importants: ce qui est communiqué par le médecin (résultats, interprétation du médecin et conseils), la signification des résultats (objectif du test, résultats normaux et anormaux) et les préférences personnelles pour le format de la communication (horaires, communication, exemplaire papier). Les auteurs conseillent un algorithme qui comprend les éléments de la communication (l’objectif du test, les résultats avec les valeurs souhaitables, les conseils du clinicien avec une représentation graphique) et le choix technique préférable (téléphone/consultation pour les résultats anormaux et courrier postal/électronique pour tous les autres).
Source: Elder NC, Barney K. But What Does It Mean for Me? Primary Care Patients’ Communication Preferences for Test Results Notification. Joint Commission Journal on Quality and Patient Safety. 2012;38(4):168–76.
 

Passer à la vitesse supérieure en matière d’amélioration de la sécurité du patient ?

Cette équipe US s’interroge sur la lenteur du progrès en matière de sécurité du patient. Ils estiment qu’une des raisons est l’absence d’intégration des facteurs humains et des principes ergonomiques. Du fait de la complexité des problèmes de sécurité du patient, et de la multiplicité des causes, il conviendrait d’intégrer les facteurs humains et ergonomiques dans l’identification des problèmes, d’établir une hiérarchie des priorités et de développer des solutions efficaces et pratiques. Ils proposent 5 recommandations pour améliorer les efforts dans ce domaine.

Source: Gurses AP, Ozok AA, Pronovost PJ. Time to Accelerate Integration of Human Factors and Ergonomics in Patient Safety. BMJ Qual Saf. 2012 janv 4;21(4):347–51.

 

Eliminer l'inutile…

Un grand quotidien US (NewYork Times) s’est fait l’écho d’une initiative de l’American Board of internal Medicine de sélectionner, dans chaque spécialité, cinq examens qui peuvent être considérés comme inutiles (même s’ils sont lucratifs pour la spécialité…). L’initiative a impliqué pour le moment 9 spécialités et/ou sociétés savantes mais elle a vocation à s’étendre d’une part parmi d’autres spécialités et d’autre part au-delà de 5 « choses inutiles ».

 

La Prévention Médicale - Mis à jour le 21/02/2013

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