Revue de Presse - Janvier 2012 – – 17 jan 2012
Retrouvez un panorama complet de la presse internationale concernant la prévention médicale, avec des résumés d'articles traduits en français.
Sommaire
- Travail en équipe : comment faire
- Utiliser un dossier informatisé ?
- Diminuer la iatrogénie des anticoagulants ?
- Paiement à la performance : les Anglais ont tiré les premiers !
- Amélioration de la sécurité du patient en ambulatoire
- Retours d'examens : erreurs en augmentation
- Deux études sur le bloc opératoire
- Trop d'alarmes tue l'alarme...
- Comment arriver à un meilleur lavage des mains
A noter : la plupart des liens renvoient vers des sites anglais. L'accès au texte intégral de certains articles nécessite un abonnement.
Travail en équipe : comment faire
Le travail en “équipe” apparait actuellement comme un composant important de l’organisation des structures et constitue un des outils d’amélioration des performances. Cependant, ce n’est pas un modèle unique. Cette revue examine surtout la constitution d’une équipe et l’apprentissage du travail en équipe et apprécie la contribution apportée par nos connaissances sur le travail en équipe.
Source : Shuffler ML, DiazGranados D, Salas E. There’s a Science for That. Current Directions in Psychological Science. 2011 déc 1;20(6):365–72.
Il n’est pas facile de prouver qu’une mesure entraine réellement une amélioration de la morbi mortalité. Cette étude, réalisée dans les hôpitaux des « Veterans » aux USA examine l’impact d’un programme d’amélioration du travail en équipe sur la morbidité chirurgicale. La diminution a été de 17% en données brutes, et persiste lorsqu’on tient compte de la diminution réalisée dans des institutions servant de témoin. La diminution est également observée pour des objectifs plus ciblés, comme l’infection chirurgicale.
Source: Young-Xu Y, Neily J, Mills PD, Carney BT, West P, Berger DH, et al. Association Between Implementation of a Medical Team Training Program and Surgical Morbidity. Arch Surg. 2011 déc 1;146(12):1368–73.
Utiliser un dossier informatisé ?
Cette étude réalisée dans le Midwest US cherche à apprécier les réticences et les avantages à l’utilisation d’un dossier patient électronique. Les constatations faites recoupent les études déjà réalisées. Les interviews réalisées permettent de mieux comprendre ces mécanismes et d’imaginer des actions pour améliorer l’utilisation des dossiers électroniques.
Source: Holden RJ. What Stands in the Way of Technology-Mediated Patient Safety Improvements? A Study of Facilitators and Barriers to Physicians’ Use of Electronic Health Records. Journal of Patient Safety. 2011 déc;7(4):193–203.
Diminuer la iatrogénie des anticoagulants ?
Les anticoagulants constituent la première cause de iatrogénie médicamenteuse. Deux articles se sont intéressés à ce problème.
La première étude, réalisée à Boston, sur 5 ans, constate qu’environ la moitié des accidents médicamenteux liés aux anticoagulants sont dus à des erreurs de médications, le tiers à des effets indésirables et 20% associaient les deux causes. 70% sont considérés comme évitables. Les erreurs de transcriptions étaient la cause racine la plus fréquente. 11% des patients sont décédés.
Source: Piazza G, Nguyen TN, Cios D, Labreche M, Hohlfelder B, Fanikos J, et al. Anticoagulation-associated Adverse Drug Events. The American Journal of Medicine. 2011 déc;124(12):1136–42.
Le second article étudie une des façons de remédier au problème. La mise en place de clinique des anticoagulants (et en particulier des AVK). La thérapie sous observance directe (comme dans les programmes mondiaux contre la tuberculose), utilisée dans de telles cliniques, semble efficace et améliore la compliance des patients, en particulier en faisant prendre conscience au patient de ses manques.
Source: Deen R. Use of Direct Observed Therapy to Confirm Compliance in a Warfarin Clinic. Journal of Patient Safety. 2011 déc;7(4):232–3.
Paiement à la performance : les Anglais ont tiré les premiers !
Le paiement à la performance est de plus en plus pratiqué dans le monde. En Angleterre, il existe depuis 2004. Depuis 2009, les nouveaux indicateurs sont suivis dans des « cohortes » regroupant certains cabinets avec différents professionnels de santé (PS). Dans cette étude, des interviews sont réalisées pour apprécier le vécu par un échantillon de PS extraits de ces cohortes et leur appréciation de ces nouveaux indicateurs en pratique réelle: effet de vision en « tunnel » des patients et des symptômes, incitation à « tricher » pour obtenir un meilleur score (et une meilleure prime…) sont des exemples de conséquences inattendues et néfastes.
Source: Lester HE, Hannon KL, Campbell SM. Identifying unintended consequences of quality indicators: a qualitative study. BMJ Quality & Safety. 2011 déc 1;20(12):1057–61.
Amélioration de la sécurité du patient en ambulatoire
L’amélioration de la sécurité du patient est devenue un enjeu depuis le rapport de l’IOM de 2001, mais ces efforts ont été essentiellement ciblés sur les soins en hospitalisation. Les études concernant l’ambulatoire apparaissent plus récemment et plusieurs articles peuvent être cités ce mois-ci:
Un article du JAMA souligne ce qui a fait au cours de la dernière décennie et ce qui pourrait être fait dans la prochaine en ciblant 5 objectifs principaux.
Source: Wynia MK, Classen DC. Improving Ambulatory Patient Safety. JAMA: The Journal of the American Medical Association. 2011 déc 14;306(22):2504–5.
Un rapport établi par l’American Medical Association est extrêmement intéressant: il rassemble un très grand nombre d’études réalisées dans le domaine de la sécurité des patients en ambulatoire, avec une bibliographie très étendue, une classification de ces études selon les différents domaine de la sécurité des patients, avec un tableau comprenant, pour chaque étude, les objectifs, le dessin de l’étude, les résultats… Un must pour tout professionnel impliqué dans la sécurité des patients…
Source: Lorincz CY, Drazen E, Sokol PE, Neerukonda KV, Metzger J, Toepp MC, Maul L, Classen DC, Wynia MK. Research in Ambulatory Patient Safety 2000–2010: A 10-Year Review. American Medical Association,Chicago IL 2011.
La HAS cherche à promouvoir en France les revues de morbimortalité, et nombreux sont ceux qui estiment que ce n’est pas faisable en particulier en ambulatoire… Cet article prouve qu’une communauté rurale a réussi à mettre en place un tel système au Népal…et à en tirer des conclusions positives. Exemple à méditer…
Source: Schwarz D, Schwarz R, Gauchan B, Andrews J, Sharma R, Karelas G, et al. Implementing a systems-oriented morbidity and mortality conference in remote rural Nepal for quality improvement. BMJ Quality & Safety. 2011 déc 1;20(12):1082–8.
Une réflexion des généralistes néo-zélandais met en cause le recueil des événements indésirables (EI) en médecine générale comme outil épidémiologique. D'après eux ce recueil est trop coûteux et qsous-estime beaucoup la réalité car les médecins n’aiment pas déclarer un événement indésirable. Ces auteurs estiment qu’avant d’inclure le recueil de ces EI dans la pratique quotidienne, il faudrait prouver que ce recueil réellement contribue à améliorer la sécurité des patients.
Source: Dovey SM, Wallis KA. Incident reporting in primary care: epidemiology or culture change? BMJ Quality & Safety. 2011 déc 1;20(12):1001–3.
Pour pouvoir mieux étudier (et comparer) les éventuelles modifications d’organisation (en particulier l’introduction d’un dossier informatisé), cette équipe US a établi une liste de tâches effectuées par le généraliste lors d’une consultation, en observant le travail réel de plusieurs groupes de généralistes. Ils aboutissent à une liste de 12 tâches principales, et 189 sous-tâches. Cet outil semble intéressant mais complexe à utiliser.
Source: Wetterneck TB, Lapin JA, Krueger DJ, Holman GT, Beasley JW, Karsh B-T. Development of a primary care physician task list to evaluate clinic visit workflow. BMJ Quality & Safety. 2012 janv 1;21(1):47–53.
Pourquoi cette erreur ? Une équipe texane a étudié les retards survenant au cours d’un diagnostic de cancer du poumon ou du côlon et impliquant le médecin généraliste (environ 30% des diagnostics). Ils appliquent une technique de « conscience de la situation » utilisée en aéronautique et permettant d’apprécier non seulement l’aspect cognitif du processus du diagnostic, mais l’interaction entre l’homme et l’environnement. Démarche intéressante et qui peut être utilisée seule ou associée à d’autres techniques (patients simulés…)
Source: Singh H, Giardina TD, Petersen LA, Smith MW, Paul LW, Dismukes K, et al. Exploring situational awareness in diagnostic errors in primary care. BMJ Quality & Safety. 2012 janv 1;21(1):30–8.
Retours d'examens : erreurs en augmentation
Les erreurs dans la communication des résultats d’examens complémentaires constituent une cause d’erreur de diagnostic, et par voie de conséquence, de plaintes judiciaires. Cette étude, réalisée aux USA, recense sur 18 ans de tels incidents et constate que le risque est plus élevé actuellement. Les auteurs concluent qu’un système semi-automatique de traitement des résultats pourrait améliorer la fiabilité, accroitre la sécurité du patient et si besoin, fournir des informations médico-légales.
Source: Gale BD, Bissett-Siegel DP, Davidson SJ, Juran DC. Failure to Notify Reportable Test Results: Significance in Medical Malpractice. Journal of the American College of Radiology. 2011 nov;8(11):776–9.
Deux études sur le bloc opératoire
La prédiction de pertes sanguines importantes lors d’une intervention constitue un des éléments de la check-list diffusée par l’OMS (et de celle de la HAS). Cette étude cherche à apprécier l’exactitude des prévisions faites par l’anesthésiste et le chirurgien. Dans 89% des cas, la perte prévisible était voisine de celle effectivement mesurée (<500 ml de différence). Mais chez 30% des patients ayant bénéficié d’une transfusion, à la fois le chirurgien et l’anesthésiste ont significativement sous estimé le risque de perte sanguine. 1 patient sur 14 avec une chirurgie importante ou lourde peut avoir une perte inattendue de plus de 500 ml.
Source: Solon JG, Egan C, McNamara DA. Safe surgery: how accurate are we at predicting intra-operative blood loss? Journal of Evaluation in Clinical Practice. 2012 janv;.
Les auteurs Australiens ont établi un modèle permettant d’apprécier les différents facteurs intervenant dans la durée d’une intervention. Les résultats confirment que le seul facteur prédictif de la durée de l’intervention était constitué par le nombre d’erreurs de communication. Ces résultats devraient permettre des actions visant à améliorer la communication et la sécurité du patient.
Source: Gillespie BM, Chaboyer W, Fairweather N. Factors that influence the expected length of operation: results of a prospective study. BMJ Quality & Safety. 2012 janv 1;21(1):3–12.
Trop d'alarmes tue l'alarme...
Les alarmes qui signalent des interactions médicamenteuses dangereuses sonnent trop souvent d’après les médecins, ce qui entraîne des désactivations du système. Les études ont prouvé que ces alarmes sont souvent sans conséquence… Cet article plaide pour une modification des systèmes permettant de minimiser l’impatience des utilisateurs et d’améliorer la performance en sécurité. Une conférence de consensus récente a ainsi identifié les objectifs principaux pour définir des mécanismes plus efficaces.
Source: Kesselheim AS, Cresswell K, Phansalkar S, Bates DW, Sheikh A. Clinical Decision Support Systems Could Be Modified To Reduce ‘Alert Fatigue’ While Still Minimizing The Risk Of Litigation. Health Affairs. 2011 déc 1;30(12):2310–7.
Comment arriver à un meilleur lavage des mains
Cet article décrit une nouvelle approche pour apprécier, surveiller et finalement augmenter la compliance à l’hygiène des mains dans un hôpital. L’objectif était de développer des stratégies pratiques utilisables par d’autres structures.
Source: Son C, Chuck T, Childers T, Usiak S, Dowling M, Andiel C, et al. Practically speaking: Rethinking hand hygiene improvement programs in health care settings. American Journal of Infection Control. 2011 nov;39(9):716–24.
La Prévention Médicale - Mis à jour le 21/02/2013
