Revue de Presse - Juin 2012 –  – 20 juin 2012

Retrouvez un panorama complet de la presse internationale concernant la prévention médicale, avec des résumés d'articles traduits en français.

A noter : la plupart des liens renvoient vers des sites anglais. L'accès au texte intégral de certains articles nécessite un abonnement.

Erreurs de prescription par les généralistes anglais

Cette étude anglaise avait pour objectif de déterminer la prévalence et la nature des erreurs de prescription faites par des médecins généralistes, à partir d’un échantillon représentant 2% des patients (1777 patients). Les erreurs sont survenues une fois sur 20 lignes de prescription, la plupart du temps sans gravité mais une prescription sur 550 comportait une erreur grave. Certaines familles de médicaments étaient associées avec un risque plus élevé d’erreurs. Différents types d’erreurs ont été recensés avec une grande variété de causes sous-jacentes. Les auteurs proposent un certain nombre de recommandations concernant la formation des MG, la FMC, l’organisation, l’utilisation de l’informatique et l’amélioration du système.

Erreurs de diagnostic : comment améliorer ?

Deux articles se penchent sur le problème des erreurs de diagnostic.

Cette revue de la littérature (faite par une équipe US) s’intéresse aux défauts cognitifs qui aboutissent aux erreurs de diagnostic. A partir de 141 articles, les auteurs identifient 3 pistes d’amélioration: l’amélioration des connaissances (par exemple par la simulation), l’amélioration des compétences de prise de décision clinique et l’utilisation d’une aide cognitive (comme les systèmes d’aide à la décision). Cependant ces approches n’ont pas été correctement évaluées. D’autres recherches sont donc nécessaires…

Source: Graber, Mark L, Stephanie Kissam, Velma L Payne, Ashley N D Meyer, Asta Sorensen, Nancy Lenfestey, Elizabeth Tant, Kerm Henriksen, Kenneth La Bresh, et Hardeep Singh. « Cognitive Interventions to Reduce Diagnostic Error: A Narrative Review ». BMJ Quality & Safety (avril 27, 2012). http://qualitysafety.bmj.com/content/early/2012/04/26/bmjqs-2011-000149.

Le second article s’intéresse au diagnostic de cancer à la mammographie (bien sûr par les radiologues) et de voir si un système d’aide informatique améliore ce diagnostic. Sur 300 examens, l’aide informatique améliore la sensibilité de 10% avec une augmentation comparable de rappels.

Source: Nishikawa, Robert M, Robert A Schmidt, Michael N Linver, Alexandra V Edwards, John Papaioannou, et Margaret A Stull. « Clinically Missed Cancer: How Effectively Can Radiologists Use Computer-Aided Detection? » American Journal of Roentgenology 198, no. 3 (janvier 3, 2012): 708–716.

Les équipes chirurgicales qui coopèrent depuis un certain temps s'interrompent moins

On considère qu’environ 30% des informations reliées à des procédures (chirurgicales) peuvent être altérées par une mauvaise communication. Sur 160 interventions, les résultats retrouvent une corrélation inverse entre l’ancienneté de la coopération entre tous les acteurs et le nombre de mauvaises communications.
Source : Gillespie, Brigid M., Wendy Chaboyer, et Nicole Fairweather. « Interruptions and Miscommunications in Surgery: An Observational Study ». AORN 95, no. 5 (mai 2012): 576–590.

Pour se comprendre, il vaut mieux parler le même langage

L’illettrisme des patients est souvent en cause dans les problèmes de compréhension des informations médicales écrites. Cette étude s’intéresse aux consignes orales et à leur compréhension. Les patients avec des difficultés ont une moins bonne compréhension des scenarii en question. Cependant, le souvenir des instructions verbales était mauvais pour tous les patients, bien qu’il y ait une différence entre les deux groupes de patients.

Source: McCarthy, Danielle M., Katherine R. Waite, Laura M. Curtis, Kirsten G. Engel, David W. Baker, et Michael S. Wolf. « What Did the Doctor Say? Health Literacy and Recall of Medical Instructions ».Medical Care 50, no. 4 (avril 2012): 277–282.
 

Evaluer la transparence

La culture de la transparence et la reconnaissance des erreurs sont une politique largement prônée mais rarement évaluée. Ces auteurs (texans) ont trouvé deux indicateurs pour mesurer cette culture de transparence: un indice de transparence, basé sur une appréciation avec échelle de Lickert sur la transparence face à des erreurs types et un indice de confiance (applicable aux pairs et aux patients). Ces deux indices semblent indépendants des indices habituels mesurant le travail en équipe et la culture de sécurité. Cet outil comble un manque dans l’appréciation de la transparence après une erreur médicale.

Source : Etchegaray, Jason M, Thomas H Gallagher, Sigall K Bell, Ben Dunlap, et Eric J Thomas. « Error Disclosure: A New Domain for Safety Culture Assessment ». BMJ Quality & Safety (mai 5, 2012). http://qualitysafety.bmj.com/content/early/2012/05/04/bmjqs-2011-000530
 

Coup de projecteur sur les transmissions

Les transmissions sont malheureusement une cause importante d’erreurs médicales. Trois articles abordent ce problème.
 

Cette équipe US s’est attachée à suivre le flux de travaux des cliniciens impliqués et non seulement les problèmes de communication comme habituellement. Ils identifient la nature, les caractéristiques et les relations des trois phases de la transmission et ils développent un schéma descriptif de la communication lors de la transmission en unité de soins intensifs; schéma qui reflète la nature, non linéaire, récursive et interactive de la collaboration et du processus de décision.

Source: Abraham, Joanna, Thomas G. Kannampallil, et Vimla L. Patel. « Bridging gaps in handoffs: A continuity of care based approach ». Journal of Biomedical Informatics 45, no. 2 (avril 2012): 240–254.
 

Cet autre article sur les transmissions se limite aux transmissions en post-opératoire. Il souligne que, pour améliorer ces transmissions, il est nécessaire de standardiser les processus, de terminer les tâches cliniques avant de passer au transfert d’informations, de permettre une discussion sur chaque patient lors de transmissions verbales, d’assurer une bonne formation sur le travail en équipe et la communication.

Source : « Can We Make Postoperative Patient Handovers Safer? A Systematic Review of the Literature », s. d. http://ppv.ovid.com/pt/re/ppv/abstract.00000539-900000000-99004.htm;jsessionid=PXSQ5Tp6vfPJtfmJN3KNBJXwMynnP6QG9KXpGGNcGjm1CZvJmJvg!1470325564!181195628!8091!-1.
 

Parmi les transmissions, celle intervenant à la sortie du patient est l’une des plus à risques. Cette équipe a essayé d’améliorer le résumé de sortie réalisé par les internes. Ils comparent 3 groupes d’internes: un groupe avec une vérification du résumé en utilisant un formulaire standardisé, un groupe contrôle et un groupe réalisant un « time out » (pause) comme cela est pratiqué en salle d’opération, pause durant laquelle l’interne doit répondre à des questions importantes sur le séjour du patient et sur son plan de soins à la sortie. Le retour d’informations et la pause améliorent les résumés de sortie et surtout la vérification d’un bon plan de soins à la sortie.

Source: Mohta, Namita, Prashant Vaishnava, Cathy Liang, Kye Ye, Matt Vitale, Anuj Dalal, et Jeff Schnipper. « The Effects of a ‘discharge Time-Out’ on the Quality of Hospital Discharge Summaries ». BMJ Quality & Safety (mai 5, 2012). http://qualitysafety.bmj.com/content/early/2012/05/04/bmjqs-2011-000441.
 

Lutter contre les septicémies sur cathéters

Les septicémies sur cathéters centraux sont une complication longtemps considérée comme quasi inévitable. Plusieurs équipes US ont déjà prouvé que tel n’était pas le cas et que la fréquence de ces accidents peut être fortement diminuée. Cette monographie est publiée par l’équivalent US de la HAS et fournit des recommandations, des outils et des techniques pour diminuer la fréquence de ces infections nosocomiales.

Améliorer le lavage des mains des médecins

Les campagnes pour améliorer le lavage des mains sont diverses et se heurtent toujours à un manque d’efficacité. Cette étude précise une petite caractéristique qui pourrait influer: si la première personne qui entre dans la chambre d’un patient réalise une bonne hygiène des mains et particulièrement, s’il s’agit du médecin en charge du patient, les autres membres de l’équipe réaliseront eux-mêmes mieux cette démarche.

Source: Haessler, Sarah, Anjub Bhagavan, RevaK leppel, Kevin Hinchey, et Paul Visintainer. « Getting Doctors to Clean Their Hands: Lead the Followers ». BMJ Quality&Safety 21, no. 6 (janvier 6, 2012): 499–502.
 

 

L'industrie nucléaire comme exemple (sic ?)

Il est devenu habituel de faire référence à l’aéronautique quand on discute de la sécurité en médecine. Ici, les auteurs envisagent la sécurité mise en place par l’industrie nucléaire (article US donc après l’accident de Three Mile Island) et, en particulier, un programme d’évaluation par les pairs pour partager les meilleures pratiques, les accidents de sécurité, les problèmes et les actions d’améliorations. Les auteurs discutent comment un programme comparable pourrait être institué en médecine.

Source: Pronovost, P. J., et D. W. Hudson. « Improving healthcare quality through organisational peer-to-peer assessment: lessons from the nuclear power industry ». BMJ Quality & Safety (mai 5, 2012). http://qualitysafety.bmj.com/lookup/doi/10.1136/bmjqs-2011-000470.


 

Les RMM utiles aussi pour le directeur…

Les revues de morbidité-mortalité sont recommandées dans de nombreux pays. Cette étude cherche à apprécier les relations entre ces revues effectuées au sein d’un hôpital universitaire anglais et la structure de direction de cet hôpital. Après une standardisation des RMM, une commission regroupe les conclusions des diverses RMM au sein des différentes spécialités pour apprécier si les décès hospitaliers sont en relation avec une insuffisance de sécurité.

Source : Higginson, Juliet, Rhiannon Walters, et Naomi Fulop. « Mortality and Morbidity Meetings: An Untapped Resource for Improving the Governance of Patient Safety? » BMJ Quality & Safety (mai 3, 2012). http://qualitysafety.bmj.com/content/early/2012/05/02/bmjqs-2011-000603.

 

Signaler, oui, mais après ?

Le signalement des événements indésirables est hautement recommandé pour pouvoir améliorer la sécurité des patients. Cependant, cela constitue un énorme ensemble de rapports qu’il devient difficile d’exploiter. L’administration des « Vétérans » aux USA a ainsi essayé une méthode d’examens semi structurés de ces rapports avec un résultat positif qui permet d’utiliser les « histoires » racontées dans les rapports.

Source: McKnight, Scott D. « Semi-Supervised Classification of Patient Safety Event Reports ». Journal of Patient Safety 8, no. 2 (juin 2012): 60–64.
 

Les événements indésirables lors d’une gastroscopie

Cette équipe israélienne a recherché les événements indésirables survenus lors de gastro-duodénoscopies sur une durée de 7 ans. Ils ont retrouvé 39 événements indésirables sur plus de 300.000 examens. Une perforation est survenue pour 31.480 examens, une hémorragie pour 39.350 et un traumatisme dentaire pour 31.480.

Source: Niv, Yaron, Yael Gershtansky, Yossi Tal, Ron S. Kenett, et Shlomo Birkenfeld. « Analysis of 7-Year Physician-Reported Adverse Events in Esophagogastroduodenoscopy ». Journal of Patient Safety 8, no. 2 (juin 2012): 65–68.
 

Une bévue à Londres

A Londres, une erreur a eu pour conséquence que des centaines de patients avec une suspicion de cancer, qui étaient adressés en urgence par leur généraliste dans cet hôpital universitaire prestigieux, n’ont pas forcément reçu rapidement un traitement et que leur suivi est perdu… L’hôpital a demandé l’aide des généralistes pour suivre les patients et vérifier qu’ils étaient bien pris en charge…
 

La Prévention Médicale - Mis à jour le 21/02/2013

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