Revue de Presse - Novembre 2011 –  – 21 nov 2011

Retrouvez un panorama complet de la presse internationale concernant la prévention médicale, avec des résumés d'articles traduits en français.

A noter : la plupart des liens renvoient vers des sites anglais. L'accès au texte intégral de certains articles nécessite un abonnement.

La gestion des réclamations en Angleterre : Le NHS peut mieux faire...

Dans son rapport sur la gestion des réclamations en Angleterre pour les années 2010-2011, le médiateur décrit les progrès faits par le NHS comme « fragmentaires et lents » (progrès pour améliorer la gestion des réclamations faites par les patients). « Le NHS ne gère pas de façon adéquate les simples réclamations » et trop d’entre elles arrivent sur le bureau du médiateur. Les deux principales critiques faites par les patients concernent la pauvreté des explications et la non reconnaissance des erreurs.

Un guide de formation bien utile publié par l'OMS

L’OMS a publié un guide sur l’enseignement sur la sécurité du patient pour les professionnels de santé. Le guide se veut un assistant pour les universités (médecins, dentistes, sages-femmes, infirmières, pharmaciens), mais aussi pour toute structure de formation. Il comprend de supports de cours très intéressants qui peuvent être facilement utilisés, en particulier sur 11 sujets « prêts à enseigner ».
 

Diminution des septicémies sur cathéters confirmée

Nous avons déjà rapporté les succès obtenus par différents hôpitaux américains concernant la lutte contre les infections sur cathéters centraux. Ce nouveau rapport de l’agence US concerne maintenant 32 états et plus de 750 hôpitaux. La fréquence des infections a chuté de 33%, confirmant la diminution constatée précédemment. Cette diminution est liée à la mise en place d’une culture de sécurité et de modifications cliniques maintenant bien décrites.

Campagne américaine pour améliorer la communication médecin-malade

Un peu partout, des initiatives sont prises pour améliorer la communication entre les cliniciens et les patients en vue d'obtenir des soins plus sûrs et de meilleurs résultats. Dans la dernière campagne organisée par l’agence US, il est rappelé aux cliniciens qu’« une simple question peut révéler autant d’informations médicales qu’un test médical ». La campagne comprend aussi des vidéos soulignant l’intérêt des discussions et du partage d’informations. Cette campagne sera diffusée avec des publicités dans les journaux médicaux, et en particulier le NEJM et le JAMA.
 

Ouf ! L'examen clinique sert à quelque chose...

Ouf ! Nous n’avons pas passé notre temps à examiner les patients pour rien… Cet article a étudié l’utilité des informations cliniques (interrogatoire et examen physique) lors de l’admission en médecine de patients adultes. Le diagnostic peut être obtenu chez 80% des patients, surtout grâce à un bon interrogatoire. (Lire aussi les deux commentaires se rapportant à l’étude).

Liza Paley et al, Utility of Clinical Examination in the Diagnosis of Emergency Department Patients Admitted to the Department of Medicine of an Academic Hospital, Arch Intern Med. 2011;171(15):1394-1396

Quelle a été votre réaction lors de votre "pire erreur" en tant qu'interne ?

Cette étude s’est intéressée aux internes du Boston Medical Center en 2005 et a étudié leurs réactions face à leur “pire erreur”, aussi bien en médecine interne qu’en chirurgie. Alors que 31% rapportent avoir présenté des excuses pour la situation associée à l’erreur, seulement 17% ont rapporté avoir révélé l’erreur en toute transparence aux patients et à leurs familles. Cette différence entre les excuses concernant un mauvais résultat et la reconnaissance d’erreur ne semble pas isolée. Par ailleurs, les internes estiment que les 2 principales causes des erreurs étaient la surcharge de travail et l’inexpérience.


Kronman A. et al Factors associated with disclosure of medical errors by housestaff, BMJ QS, Online first

Événements indésirables : l'effet délétère de l'hôpital...

Signe des temps ? Beaucoup d’études se sont penchées sur la fréquence des événements indésirables… Celle-ci essaie de modéliser le risque inhérent à une journée d’hospitalisation… Risque infectieux, d’escarre, d’interaction médicamenteuse… Les auteurs plaident pour s’occuper des causes sous-jacentes d’événements indésirables plutôt que de chercher à tout prix à raccourcir les durées d’hospitalisation.
Lemke, K. et al Development and Validation of a Model for Predicting Inpatient Hospitalization Medical Care., on line, 13 October 2011

Le rôle des simulateurs en médecine

Plaidoyer pour la simulation dans la formation des étudiants...

Cet article (écrit par un chirurgien londonien) constitue un plaidoyer pour introduire la simulation dans la formation initiale des médecins en vue de diminuer les erreurs et améliorer les résultats. La simulation peut renforcer le développement de compétences, elle peut aussi être utilisée pour tester sans danger les médecins.
Aggarwal R., Darzi A. Simulation to enhance patient safety, why aren’t we there yet ?, Chest, 140, 2011, 854-58

... et un exemple en anesthésie obstétricale

La simulation en anesthésie obstétricale peut permettre d’acquérir de nouvelles compétences, d’évaluer la performance clinique, d’aider à apprécier la sécurité de l’environnement et d’améliorer le travail en équipe. Des simulateurs peuvent être facilement utilisés pour le placement d’une épidurale, pour une intubation difficile, pour l’estimation des pertes sanguines… Les performances d’un interne lors d’une césarienne en urgence peuvent être mesurées comme peuvent être corrigées les erreurs survenant lors de crises lors du travail et de l’accouchement sans mettre en danger les patientes.
 

Implication des dirigeants et culture de sécurité

Ces auteurs suédois relatent comment une action précise, basée sur des rondes de la part des dirigeants, a favorablement modifié la culture de sécurité au sein des départements dans différents hôpitaux.

Formation des élèves infirmières

Une étude un peu inhabituelle… Le thème est banal: la déclaration des accidents et des presque accidents, mais les circonstances (en environnement ambulatoire) et les acteurs (566 élèves infirmiers) le sont moins… Les deux principales causes étaient les infections et les erreurs liées aux médicaments, chacune pour 20% des accidents ou presque accidents.

 

10 conseils pour les patients

10 conseils pour être en sécurité… Une liste établie par l’agence US à destination des patients, pour qu’ils prennent en main certains éléments de la sécurité des soins.

 

Méthodologie et hémodialyse

La méthodologie de cette étude est intéressante: constatant quelques cas de thrombocytopénies après hémodialyse (avec appareil à membranes stérilisées par ondes électroniques), les auteurs ont initié une étude prospective pour vérifier l’action des hémodialyseurs (avec cette technique de stérilisation et avec une autre technique) sur les plaquettes. Ils ont confirmé les thrombocytopénies, qui sont cependant inconstantes, posant la question des facteurs associés.
Kiali M. et al, Use of Electron-Beam Sterilized Hemodialysis Membranes and Risk of Thrombocytopenia, JAMA. 2011;306(15):1679-1687
 

Erreurs diagnostiques en soins primaires

Les erreurs diagnostiques sont parmi les erreurs évitables les plus communes en médecine ambulatoire, ceci d’après les plaintes judiciaires jugées. Dans cette étude contrôlée, les auteurs ont évalué deux indicateurs pour identifier, au sein d’un dossier médical informatisé, de possibles erreurs diagnostiques. La précision de la détection des erreurs diagnostiques a été raisonnable, bien que l’étude souffre d’une concordance inter-observateurs faible… Cette étude démontre néanmoins le potentiel de détection au sein du dossier médical informatisé pour identifier et trier de possibles erreurs de diagnostic.
Singh H. Electronic health record-based surveillance of diagnostic errors in primary care, BMJ Qual Saf On line first
 

Déclaration des EI par les patients : c'est en marche…

Deux articles sur la déclaration des événements indésirables (EI) par les patients eux-mêmes:
Le premier relate une étude en Suède: lorsque le patient était indemnisé pour des complications sévères, dans 80% des cas ces accidents n’avaient pas été déclarés par le praticien, y compris dans le cas d’infection nosocomiale et d’erreur diagnostique. Les auteurs plaident pour que les hôpitaux redoublent d’efforts pour impliquer les patients dans la déclaration des EI.
Le second relate une étude similaire au Japon. Seulement 17% des événements rapportés par les patients étaient déclarés par l’équipe médicale.
Un commentaire-éditorial souligne que ces études renforcent d’autres études antérieures et que les patients sont sensibles à des événements qui semblent presque habituels aux praticiens (une pneumopathie sous ventilateur, une septicémie sur cathéter…). Il semble donc indispensable maintenant d’inclure le patient dans cette recherche des EI.
 

Insatisfaction des patients, quels que soient le pays et le système

Plusieurs articles soulignent l’insatisfaction des patients, même si le résultat ne pose pas problème: ainsi un ethnologue français relate les désagréments de son hospitalisation pour prothèse de hanche (1), une avocate anglo-saxonne ses péripéties lors d’une atteinte neurologique (celles-ci sont survenues au sein du NHS, mais est-on sûr qu’elles n’auraient pas été semblables en France ?) (2).

Tout cela est complété par une étude internationale (USA-Danemark-Israël) sur les attentes des patients et la façon dont on y répond, les auteurs parlent même de tache aveugle des médecins face aux demandes des patients (3). Enfin un éditorial (4) de la même revue porte sur les histoires provenant des patients… « Si les approches utilisées pour analyser et prévenir les erreurs médicales étaient appliquées à des manques dans les soins centrés sur le patient, nous ferions un bond en avant pour la qualité des soins aux patients et dans de nombreux cas, pour l’expérience professionnelle et pour le moral des professionnels de santé. »

La démarche d'un des principaux assureurs américains

Enfin 3 articles relatent la poursuite de la démarche de la HMO Kayser Permanente(USA) que nous avions relaté en décembre 2010 pour améliorer la performance des soins: en plus des 2 actions déjà signalées, les 2 rapportées maintenant s’intéressent aux soins des patients infectés et aux actions pour faire de l’institution une « organisation apprenante ». Le dernier article tire les leçons de l’expérience de la Kayser Permanente.

Les 3 articles évoquent des méthodes efficaces pour répondre aux défis que rencontre chaque organisation de soins, quel que soit le mode de délivrance des soins (ce n’est pas réservé aux HMO américaines). 6 caractéristiques sont soulignées comme devant faire aprtie de chaque institution, qu’il s’agisse d’un simple cabinet ou d’un groupement d’hôpitaux.

La Prévention Médicale - Mis à jour le 21/11/2011

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