Revue de Presse - Octobre 2011 –  – 16 sep 2011

Retrouvez un panorama complet de la presse internationale concernant la prévention médicale, avec des résumés d'articles traduits en français.

A noter : la plupart des liens renvoient vers des sites anglais. L'accès au texte intégral de certains articles nécessite un abonnement.

Nouvelle statistique des incidents en Angleterre et au Pays de Galles

Entre octobre 2010 et mars 2011, les incidents ont augmenté de 8,5% en Angleterre et de 9% au Pays de Galles.

Trois articles sur les erreurs de médication

La caractéristique du premier est d’étudier les médications utilisées en urgence: d’une part dans les véhicules de secours, et d’autre part aux urgences de l’hôpital. Les auteurs ont trouvé que les erreurs étaient plus fréquentes aux urgences que dans les ambulances, avec une fréquence de 13% pour l'ambulance et 36% pour les urgences… La présence d’un médecin dans le véhicule n’améliore pas la situation.

Adi Lifshitz, Lee Goldstein, Moshe Sharist, et al Medication prescribing errors in the prehospital setting and in the ED, The American Journal of Emergency Medicine, Available online 8 July 2011

Un article sur l’utilisation des codes barre et les difficultés de leur mise en place au chevet du patient, avec toutes les étapes en pratique:

Hayden A., Lanoue E., Still C., Design for Reliability barcoded medication administration, Patient safety & quality healthcare, July-August 2011

Dans cet article, l’étude américaine basée sur des médecins généralistes ruraux de l’état de New York constate une nette diminution des erreurs de médication chez ceux qui utilisent une prescription électronique via un dossier informatisé. Cependant, il s’agit d’une étude préliminaire et avec un petit nombre de médecins et de prescriptions.

Abramson, E.; Barrón, Y; Quaresimo, J; Kaushal, R, Electronic Prescribing Within an Electronic Health Record Reduces Ambulatory Prescribing Errors, Joint Commission Journal on Quality and Patient Safety, Volume 37, Number 10, October 2011 , pp. 470-478(9)
 

Signalement des événements indésirables à l'hôpital, en radiologie et en soins primaires

Le signalement des EI (événements indésirables) reste insuffisant. Il est l’objet de nombreux articles ce mois-ci, soulignant les difficultés et les possibilités de signalement dans des environnements différents.

  • A l’hôpital :

Cette équipe américaine a essayé de simplifier la déclaration par l’intermédiaire d’un module incorporé dans le logiciel utilisé quotidiennement par les internes/résidents. Il a été signalé environ 12 incidents par mois, et ces signalements étaient revus par le directeur du programme et les résidents en chef. Les barrières principales pour le signalement étaient essentiellement dues aux difficultés d’utilisation, aux contraintes de temps et à la peur d’actions disciplinaires. Les auteurs concluent que si le signalement des incidents est facile, les médecins participent volontiers. Ils espèrent envisager un outil portable dans l’avenir.

Une équipe canadienne d’Ottawa a cherché à détecter les EI à partir d’une surveillance clinique effectuée par une infirmière observatrice, détection confirmée par un comité de pairs qui détermine la cause de l’EI. Avec cette technique, ils ont décelé un grand nombre d’EI avec une variation significative dans le type de risque entre les services. Les auteurs concluent que les institutions devraient évaluer les problèmes de sécurité service par service pour fixer les priorités et élaborer des stratégies d’amélioration.

  • En radiologie:

Les radiologues peuvent être concernés aussi par le signalement des EI… L’objectif de cet article est de décrire un système de signalement basé sur le Web et spécifique à la radiologie. Cet outil s’est révélé valable et a permis de modifier des éléments impliquant la sécurité dans le service.

  • Et 3 études (britannique, canadienne, hollandaise) sur le signalement en soins primaires

D’après une revue de la littérature, ces auteurs britanniques essaient d’étudier les EI survenant en soins primaires. Ils constatent que 6,5% des admissions d’adultes en urgence sont dues à des EI reliés à des médicaments et qu’entre 0,7% et 2,3% des décès à la suite d’EI sont dûs à un traitement en soins primaires.

Premier essai d’un système de déclaration d’EI au Canada à partir des cabinets de médecine de famille…19 cabinets de groupe ont participé pendant 3 ans, déclarant 264 EI, soit environ 1,4 par mois. La déclaration est faite principalement par les médecins et correspond à des EI avec peu de dommages. Dans 93% des cas, ces EI étaient, au moins en partie, évitables. La classification faite est difficile à interpréter car différente de celles utilisées ailleurs.

Il semble y avoir une contradiction entre le fait d'autoriser des stagiaires en médecine générale à se sentir suffisamment à l’aise pour déclarer des erreurs et apprendre de celles-ci dans un système non blâmant, et en même temps assurer des soins sûrs et de qualité. De plus, les stagiaires ont peur qu’une déclaration ait des conséquences sur leur évaluation de stage. Aux Pays-Bas, il a été demandé à 69 stagiaires de déclarer les incidents pendant 6 mois. Les ¾ des incidents rapportés n’étaient pas reliés à l’inexpérience des stagiaires mais à l’ensemble du système. Ce sont les stagiaires qui ont les meilleures évaluations de performance clinique qui ont déclaré le plus d'erreurs.

Comment mettre en place une check-list en obstétrique

Les check-lists sont de plus en plus souvent utilisées. Les particularités de cet article amétcain sont d’une part de s’intéresser à une check-list en obstétrique et d’autre part de décrire comment les médecins de l’US Air Force ont mis en place un protocole basé sur cette check-list, partout dans le monde et avec des institutions différentes.

Lutte contre les réhospitalisations injustifiées

Ce trois articles évoquent des cas de réhospitalisation qui auraient pu être évitées, le manque de communication et une stratégie de soutien des patients.

Le premier article décrit une stratégie d’appels téléphoniques pour améliorer la communication lors de la sortie du patient. Le suivi comprend à la fois une hotline pour les patients et un suivi au téléphone par une infirmière.

Les réhospitalisations précoces sont souvent considérées comme un indicateur de la qualité des soins. Cette équipe canadienne a repris les réhospitalisations parmi 11 hôpitaux et n’a retrouvé que peu de réadmissions qui auraient pu être évitées (16%). La fréquence des réadmissions et parmi celles-ci, de celles qui auraient pu être évitées varient beaucoup selon les hôpitaux…

Le manque de communication entre l’hôpital et le médecin traitant est souvent critiqué et est considéré comme responsable des réhospitalisations précoces. Cependant, cette étude américaine (à Chicago) ne constate pas de diminution des réadmissions même lorsque les prescriptions à la sortie, le compte rendu d’hospitalisation et l’éducation du patient ont été correctement réalisés et transmis. Des recherches sont encore nécessaires et de nouveaux programmes plus détaillés et plus adaptés aux ressources sont en cours.

Diminution des septicémies sur cathéters

Dans les hôpitaux des “Veterans” aux Etats-Unis, une action a été entreprise pour diminuer les septicémies sur cathéters en USI (lavage des mains, désinfection à la chlorhexidine, absence de cathéter fémoral et durée de conservation minimale). Le tout couplé à des actions de formation et à un apprentissage par tous. Les résultats furent au rendez-vous: diminution franche des septicémies entre 2006 et 2009. Les auteurs insistent sur la faisabilité de ces actions dans des structures de proximité.

Variations dues au hasard et classement des hôpitaux

Les indicateurs de résultats sont de plus en plus souvent utilisés pour comparer les performances des hôpitaux et pour établir un classement. Cette étude hollandaise examine ces indicateurs pour apprécier leur fiabilité. Les auteurs concluent que ces indicateurs actuellement utilisés ne peuvent permettre de classer les structures de façon fiable, principalement en raison de la taille des échantillons.

Appréciation des compétences en sécurité des soins des professionnels de santé

Cet article recense les outils qui permettraient, d’après la littérature, d’apprécier les compétences des professionnels de santé en sécurité du patient. 34 outils ont été identifiés, pour médecins et/ou infirmiers. Les outils ont été étudiés en fonction de leur domaine d’action, et selon le niveau de compétences d’après les 4 stades de la pyramide de Miller.

Des recherches ultérieures sont nécessaires pour compléter l’existant.

La Prévention Médicale - Mis à jour le 18/10/2011

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