Méconnaissance d'une anomalie leucocytaire sur une numération formule sanguine (NFS) préopératoire – – 13 juil 2011
Quand un anesthésiste-réanimateur ne relève pas pas le taux élevé de globules blancs sur l’analyse préopératoire signalant le diagnostic de leucémie myéloïde chronique…
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Cas clinique
• Patiente de 61 ans consultant un chirurgien urologue pour une incontinence urinaire d’effort.
• Intervention prévue le 25 février.
• La consultation préanesthésique a lieu le 22 février . L’anesthésiste réanimateur prescrit les examens complémentaires préopératoires suivants: ECG, ECBU et bilan biologique. La feuille de demande de bilan biologique retrouvée dans le dossier à la date du 24 février mentionne: groupe-Rhésus phénotype, numération formule sanguine (NFS) et plaquettes, taux de prothrombine (TP) et temps de céphaline-kaolin (TCK), ionogramme sanguin (Cl, Na, K, RA, protides). Cette feuille de demande de bilan n’est pas signée mais le tampon du chirurgien y est apposé.
• La patiente est admise à la clinique le 24 février. C’est un autre anesthésiste-réanimateur qui réalise la visite préanesthésique. Il constate qu’il n’y a pas de modification de l’état clinique depuis la consultation, que la consultation cardiologique ne contre-indique pas l’intervention et que l’ECBU est stérile. Le bilan sanguin demandé est prélevé le jour de l’admission à la clinique. Le directeur du laboratoire ayant effectué les examens déclare que: « les premiers résultats ont été transmis par télécopie (fax) à la clinique à 21h37. Devant les anomalies de la formule sanguine, celle-ci a été vérifiée au microscope, et un second compte-rendu le mentionnant a été faxé (horaire ?). Les examens complets ont ensuite été édités et déposés à la clinique (horaire ?) avec la mention « formule contrôlée au microscope » afin de confirmer aux médecins qu’il s’agissait bien d’un hémogramme anormal, avec lignée granulocytaire augmentée et formes anormales ».
• L’anesthésiste réanimateur prend connaissance des résultats du bilan sanguin le lendemain, jour de l’intervention. L’augmentation du taux des globules blancs (leucocytose à 25 000 / mm3) lui échappe et il déclare ne jamais avoir eu connaissance du contrôle qui avait mis en évidence la présence de myélocytes et de métamyélocytes.
• L’intervention (cure de cystoptose et d’incontinence urinaire à l’effort par voie mixte ), sous anesthésie générale, se déroule sans aucun problème.
• Les suites sont simples. La patiente décrit dans le mois ayant suivi l’intervention une fatigue importante et de la fièvre. Elle reste alitée une grande partie du temps.
• Elle est revue par le chirurgien le 24 mars. Celui-ci note l’importance des problèmes familiaux de la patiente et sa dépression. L’examen clinique ne met pas en évidence d’anomalie et l’ECBU est stérile. Le chirurgien ne dispose pas du dossier de la patiente lors de la consultation.
• Le 31 mars, le médecin traitant de la malade fait réaliser une NFS dont le résultat est confirmé par un second examen. Il existait une augmentation franche du taux des globules blancs (52 000 puis 63 800 / mm3 ) avec présence de métamyélocytes, myélocytes et myéloblastes. Le diagnostic de leucémie myéloïde chronique est posé dans le service d’hématologie du CHU.
• En avril, un traitement par Hydroxyurée puis Glivec® est entrepris. En juin, la malade est aujourd’hui considérée en rémission complète.
Assignation de l’anesthésiste-réanimateur, du laboratoire d’analyses et du chirurgien urologue par la patiente en réparation des préjudices qu’elle estimait avoir subis.
La Prévention Médicale - Mis à jour le 04/05/2012

Par jean S. - 23 déc 2011