Syndrome de Volkmann après ostéosynthèse d'une fracture du coude chez un enfant de 4 ans – – 22 fév 2012
Voici comment la complication survenue (syndrome de Volkmann séquellaire d’une fracture supra-condylienne du coude droit) aurait pu être évitée par une surveillance post opératoire adéquate….
Sommaire
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Cas clinique
• Le 21 mars, un enfant de 4 ans est amené aux urgences d’une clinique pour un traumatisme du coude droit, secondaire à une chute. Il est examiné par un chirurgien orthopédiste qui prescrit une radiographie mettant en évidence une fracture supra-condylienne déplacée de l’humérus. Le praticien informe la famille qu’il va tenter de réduire cette fracture sous anesthésie générale mais qu’il sera peut-être obligé d’intervenir secondairement en fonction du résultat. La réduction ayant été jugée radiologiquement satisfaisante, le bras de l’enfant est immobilisé avec flexion du coude à 120.
• Le contrôle radiologique du lendemain matin montre un déplacement secondaire de la fracture, le chirurgien décide d’intervenir le même jour à 17h: « Reprise de la réduction sous anesthésie. Incision externe en regard de l’épicondyle permettant de mettre en place une broche stabilisant la réduction. Contrôle télé très satisfaisant… »
• L’immobilisation après cette deuxième intervention consiste à mettre le bras en écharpe à 100°.
• Dans le dossier de soins de l’enfant, on retrouve, après la première intervention, la prescription d’une surveillance de la coloration de la main et de la température cutanée toutes les heures. Par contre, on ne retrouve aucune consigne après la seconde intervention.
• A posteriori, le chirurgien se rappelle avoir prescrit une surveillance du pouls capillaire et affirme qu’il n’a pas constaté de troubles neurologiques du membre supérieur droit après la première réduction.
• Au retour de l’intervention du 22 mars, les parents signalent que leur enfant a pleuré toute la nuit. Ils remarquent le lendemain matin, lors de sa sortie, que ses doigts sont oedematiés et bleus et qu’il continue de souffrir.
• Le 24 mars, le chirurgien revoit l’enfant en consultation et constate une paralysie du médian et du radial. Les électromyogrammes successifs confirment l’existence d’une paralysie aiguë et partielle du nerf médian, du nerf radial et du nerf cubital droits à l’avant-bras.
• En janvier (année suivante), l’enfant est vu en consultation par le chef de service d’orthopédie du CHU qui pose le diagnostic de syndrome de Volkmann séquellaire d’une fracture supra-condylienne du coude droit. Il constate, un an après la fracture, une flexion du poignet qui ne dépasse pas 90° en raison de la rétraction des fléchisseurs ainsi qu’une rétraction importante sur les 2ème et 3ème doigts et un peu moins importante sur les 4ème et 5ème doigts.
• Le 6 mai, il pratique une intervention de Scaglietti modifiée pour libérer les muscles rétractés. Celle-ci se déroule dans de bonnes conditions et permet d’obtenir une bonne extension du poignet. Il persiste sur l’index, au niveau de l’interphalangienne distale, une rétraction importante pouvant ultérieurement nécessiter un geste complémentaire. Une rééducation a débuté le 21 mai, à raison de 4 séances de kinésithérapie par semaine.
Assignation du chirurgien orthopédiste et de la clinique par les parents de l’enfant en réparation du préjudice qu’il avait subi (juillet 2001)
La Prévention Médicale - Mis à jour le 04/05/2012
