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Rupture utérine après un déclenchement non justifié médicalement –  – 17 jan 2012

Une rupture utérine qui résulte de plusieurs facteurs: la décision de déclenchement de l’accouchement, la mauvaise surveillance et les décisions prises au cours du travail.

 

Ce matériel est réservé à un usage privé ou d’enseignement. Il reste la propriété de la Prévention Médicale, et ne peut en aucun cas faire l’objet d’une transaction commerciale.

Cas clinique

• Femme de 34 ans. Deux grossesses 10 et 11 ans avant l’épisode médical actuel. Une IVG 12 mois avant l’épisode actuel. Troisième grossesse en octobre suivie par l’obstétricien ayant pratiqué l’IVG.

• Admission en clinique le 17 juillet (39,5 SA) pour un déclenchement proposé par l’obstétricien et accepté par la patiente. L’obstétricien confirmera aux experts qu’il n’y avait pas d’indication médicale proprement dite mais une indication psychologique. Il pensait rendre service à la patiente et réduire son angoisse (qui avait justifié une hospitalisation à trois mois et demi, un avis psychiatrique sans prescription médicamenteuse, 24 consultations et de nombreux appels téléphoniques). Il reconnaissait ne pas avoir informé la patiente d’un danger éventuel dû au déclenchement de l’accouchement.

• Dans le dossier d’admission, était noté: « col 50%, longueur perméable à 1 doigt ». Une série d’injections de Spartéine est pratiquée. Ces injections n’ayant rien donné, le déclenchement est remis au lendemain.

• Le 18 juillet, une perfusion de Syntocinon® ne donne aucun résultat.

• Le 19 juillet à 6 h, on lit dans le dossier: « Appelle car ressent des contractions utérines, TV col postérieur diminué de longueur, 2 doigts juste, céphalique haute ». Nouveau déclenchement à 9h00 sous péridurale, avec pose d’une perfusion de Syntocinon®.

• A 11h, l’obstétricien rompt la poche des eaux, le liquide amniotique est clair. A ce moment-là, la patiente lui signale une vive douleur de la fosse iliaque droite malgré l’anesthésie péridurale. L’obstétricien informe la sage-femme et la patiente que, si l’accouchement ne se produit pas avant 14h30, il faudra pratiquer une césarienne puis il quitte le bloc obstétrical.

• A 12h05, l’analyse du partogramme fait apparaître une dilatation de 3 cm. Une hypertonie utérine accompagnée d’un épisode de bradycardie fœtale ayant duré plusieurs minutes survient à ce moment-là.

• Le tracé montre ensuite 30 min d’oscillations diminuées puis, à 12h50 un nouveau ralentissement.

• A 13h00, le col était toujours à 3 cm. Il existe une bosse séro-sanguine. Dans le dossier, la sage-femme note: « tracé plat et dip ». Elle signale également que la patiente est « agitée » du fait, lui semble-t-il, de douleurs abdominales. Pensant alors que la péridurale s’est « latéralisée », en d’autres termes, qu’elle n’était plus efficace, elle appelle l’anesthésiste. Celui-ci, au bloc opératoire, lui prescrit par téléphone d’injecter du Fentanyl® dans le cathéter de péridurale.
• A 13h40, survient une bradycardie profonde et permanente pour laquelle la sage-femme appelle l’obstétricien présent à la clinique dans son bureau. Ce dernier réalise une césarienne et découvre un enfant en état de mort apparente ainsi qu’une rupture de l’utérus, à gauche, sur le segment inférieur.

L’enfant nait avec un Apgar à 0 à la naissance et de 1 à 5 min. Sa réanimation est assurée par l’obstétricien et l’anesthésiste (Apgar à 6 à 30 min).

Quatre ans plus tard, l’enfant, âgé de 4 ans, est quadriplégique sans aucune autonomie de vie. Il existe un retard majeur des acquisitions. Seul persiste un contact affectif avec son entourage.


Assignation en référé déposée par les parents de l’enfant pour indemnisation de son préjudice.
 

Pour aller plus loin

Recommandation de bonne pratique: Déclenchement artificiel du travail à partir de 37 semaines d'aménorrhée
 

 

La Prévention Médicale - Mis à jour le 17/01/2012

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