2009-La sécurité du patient ne s'améliore pas : plaidoyer pour une stratégie alternative
Les plus grands spécialistes américains de la sécurité du patient (Leape, Berwick, Clancy et plusieurs anciens ministres) proposent un article très fort où le constat est dramatique pour la sécurité du patient : 10 ans d’effort et des résultats plus que limités. Les auteurs proposent de changer la culture des professionnels par 5 actions : transparence accrue, responsabilisation des collectifs, engagement des patients, amélioration des conditions de travail, réforme de l’enseignement.
Source : Leape L, Berwick, D., Clancy C., Conway J., Gluck P., Guest J., Lawrence D., Morath J., O’Leary D., O’Neill, P., PinaKiewicz, Isaac, T., Transforming Healthcare : a safety imperative, Qual Saf Health Care 2009 18: 424-428
Les auteurs partent d’un constat catastrophique sur les progrès réels de la sécurité du patient constatés depuis 10 ans et ce, malgré les incroyables efforts consentis. Les procédures, protocoles et organisations dédiées ont augmenté, mais les évènements indésirables sont toujours aussi nombreux. La raison essentielle tient au fait que les mentalités n’ont pas changé. On attribue toujours les causes aux individus, aux ‘mauvais professionnels’ sans s’interroger sur les organisations déficientes, l’absence de collectif efficace, le rôle pervers et croissant des pressions commerciales et le rôle pervers des solutions proposées. Parmi les effets pervers substantiels ; les infirmières passent plus de temps maintenant à écrire et tracer qu’à être au côté des patients, et chacun fonctionne en silo dans la plus grande indifférence des contraintes de l’’autre et dans la plus grande ‘omerta’ de tous les aspects négatifs dont on croie que la justice ou l’administration pourrait se saisir.
Pour changer la donne, ces auteurs prestigieux proposent de s’attaquer réellement au changement de la culture en portant l’effort sur cinq dimensions : la transparence accrue vis-à-vis du risque, la notion de plateforme de soin intégrée et collectivement responsable de ses dysfonctionnements, l’engagement des patients systématique dans leur propre sécurité (‘nothing about me without me’), le retour d’un certain plaisir de travailler pour les professionnels de santé (améliorer vite les conditions de travail, le manque de personnel, etc.) et une réforme profonde de l’enseignement dans les universités de médecine et les écoles paramédicales pour donner une place centrale à la sécurité du patient.
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