La Check-list en Chirurgie

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La Haute Autorité de Santé a décidé de rendre obligatoire la check-list "sécurité des soins au bloc opératoire" pour le 1er janvier 2010.


Retrouvez le détail de la check-list, l'historique de sa mise en place internationale et les principales études d'impact déjà réalisées sur ce sujet.

Communiqué de presse du 26 Juin 2009

Lancement par la HAS de la check-list "sécurité des soins au bloc opératoire"


L'ensemble des acteurs concernés (chirurgiens, anesthésites, infirmiers de bloc opératoire et associations de patients) réunis par la Haute Autorité de Santé ont adapté une check-list à partir de celle proposée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

 

Cette check-list sera utilisée dans tous les blocs opératoires et sera exigible dès le 1er janvier 2010 dans le cadre de la certification des établissements de santé. Elle est l'aboutissement de deux années de travail mené en concertation avec les professionnels, autour du manuel de certification - et en particulier de son critère "bloc opératoire".
 


Quelques articles phares sur les Check-list en chirurgie

A Surgical Safety Checklist to Reduce Morbidity and Mortality in a Global Population, Haynes & al, N.Eng.J. Med, 29, 2009, 491-99.


L’étude a été effectuée sur 8 hôpitaux dans différentes régions du globe, à Toronto, Seattle, Londres, Manille, Amman, Ifakara (Tanzanie), Delhi et Auckland. Elle analyse les effets sur les complications per et postopératoires  (30°jour) de l’utilisation systématique de la checklist (C/L) OMS (19 critères) avant l’anesthésie, avant la chirurgie et à la fin de l’intervention chirurgicale.

La mesure a porté sur le respect de 6 items clés parmi les 19 proposés de la C/L OMS en utilisant un protocole AVANT / APRES introduction de la C/L sur environ 500 patients  de chirurgie générale avant, et 500 patients après pour chaque centre.


Les complications étaient l’insuffisance rénale aigüe, le saignement nécessitant une transfusion de 4 culots globulaires ou plus dans les 72h après la chirurgie, l’arrêt cardiaque nécessitant une réanimation cardiorespiratoire, le coma de plus de 24h, la thrombose veineuse profonde, l’infarctus myocardique, l’intubation non planifiée, la pneumonie, l’embolie pulmonaire, l’AVC, l’éventration, l’infection du site opératoire, le sepsis ou choc septique, et le transfert postopératoire non prévu en réanimation ou décès.

 
Au total, sur les 8 centres, 3733 patients ont été inclus dans la première période et 3955 patients dans la seconde période. Les résultats montrent qu’après l’introduction de la checklist, la mortalité des opérés a chuté de 47%, le taux moyen passant de 1.5% à 0.8% (p<0.001). De même, les complications postopératoires chutent de 36%, d’un taux moyen de 11.0% à 7.0% (p<0.001). Tous les centres ont vu certains de leurs résultats s’améliorer. Le respect simultané des 6 critères de sécurité montre qu’entre les deux périodes il augmente d’un taux moyen de 34.2% à 56.7% (p<0.001).

  

The Error of Omission: A Simple Checklist Approach for Improving Operating Room Safety , L Rosenfield, D Chang  Plastic and Reconstructive Surgery: Volume 123(1)January 2009 pp 399-402.

 

Rapport sur le résultat obtenu par une C/L sur plus de 2000 interventions dans les 5 dernières années. Pour les auteurs, il est de la responsabilité du chirurgien qui reste selon eux « the captain of the ship » de mettre en œuvre, cette procédure interactive pour améliorer la communication entre tous les membres de l’équipe et la réalisation (sans omission) de toutes les actions requises. Il insiste également sur la nécessité au cours de ce « Time out » (pause) – critère exigé dans la procédure d’accréditation américaine, d’appréhender non seulement les besoins per-opératoires, mais aussi les souvent (selon lui) négligées périodes pre et post-opératoires et son intérêt est encore plus évident quand les équipes sont « fluctuantes ».

 

The checklist—a tool for error management and performance improvement , B Hales, P. Pronovost  Journal of critical care 2006- 21, 231-235.


Revue de la littérature sur l’utilisation des check-lists dans l’aéronautique, dans l’industrie (notamment pharmaceutique) et enfin en médecine.

 

Requirements for the design and implementation of checklists for surgical processes, Verdaasdonk et al Surg Endosc 2008 open access DOI 10.1007/s00464-008-0044-4.

A partir d’une recherche bibliographique structurée de près de 7500 références au mot clef check-list dans Pubmed et Medline, les ont retenu seulement  8 publications utiles pour leur propos : à savoir préciser les exigences et conditions pour concevoir et implanter des check-lists pour les procédures chirurgicales.

Le lecteur intéressé, notamment pour la conception de check-lists (généralistes ou spécialisées), pourra se rapporter utilement à cette compilation qui traduit en termes médicaux des recommandations aéronautiques et qui décrit les étapes nécessaires à l’élaboration et l’implantation d’une check-list. Sont également précisés les avantages et inconvénients des différents supports : papier (simplicité, traçabilité) et électroniques (efficacité, exhaustivité, feedback, évaluation).

 

Operating room briefings and wrong-site Surgery , Makary et al  Journal of American College of Surgeons 2007, 204,2,236-243.


Etude avant-après C/L.  L’outil de mesure est un questionnaire à 6 items avec échelle graduée de 1 à 5, réalisé avant la période OR Briefing (85% de réponses) et après (75%). Les répondeurs étaient des chirurgiens (35%), anesthésistes (14%) et des infirmières dont IADE (45%).


L’analyse des résultats montre que suite à l’institutionnalisation des briefings (et check-list) a significativement amélioré la perception par les professionnels de santé du risque d’erreur de site opératoire et a amélioré la collaboration dans l’équipe.
 

Une initiative qui nous vient de l'OMS

L’augmentation  du nombre des traumatismes, cancers et maladies cardio-vasculaires  - par le seul fait de l’allongement de la vie - fait de la chirurgie une composante principale et croissante d’un système de santé  efficace.

 


Dans ce contexte, l’OMS a entrepris de soutenir un nombre croissant d’initiatives mondiales et régionales pour assurer une parfaite sécurité chirurgicale.

 


La première initiative mondiale avait concerné en 2005 la chirurgie d’urgence sur les traumatisés, accompagné par le guide des soins aux traumatismes, en insistant sur l’ACCES et la QUALITE des soins pour tous.

 


La seconde initiative mondiale adresse la SECURITE chirurgicale (Safe Surgery Saves Lifes). L’OMS a engagé ce travail en janvier 2007 qui s’est concentré sur la définition d’une check-list  minimale OMS de sécurité chirurgicale qui réduise l’occurrence des erreurs les plus fréquentes.

 


La check-list  sélectionnée identifie 3 phases dans une intervention chirurgicale, chacune correspondant à une période spécifique de travail avec ses risques particuliers et ses points particuliers à contrôler :

 

  • Avant l’induction anesthésique (‘sign in’) : identité du patient, côté à opérer, vérification de la sécurité anesthésique…

 

  • Avant l’incision (‘time out’) :  ultime vérification par le chirurgien de l’identité et du site,  statut des prophylaxies et disponibilité du matériel et de l’imagerie...

 

  • Avant que le patient ne quitte la salle d’opération (‘sign out’) : comptage des compresses, gestion des pièces opératoires…

 

A chacune de ces phases, un coordinateur de la check-list doit confirmer que l’équipe a bien vérifié les pré-requis de sécurité.

 

Un manuel accompagne le kit proposé par l’OMS, soulignant que la check-list proposée n’est qu’une base commune qui peut, et doit être adaptée à chaque environnement et pratique.
 


La Prévention Médicale - Mis à jour le 09/07/2009

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