Une étude sur les barrières à l'utilisation de la check-list en France – – 16 déc 2011
Un article sur les freins et les barrières à l’utilisation de la check-list au bloc, d’autant plus intéressant qu’il émane de l’expérience de 18 centres de cancérologie en France.
Méthode: questionnaire (25 questions), observations et entretiens dans 16 des 18 centres avec du personnel du bloc (sessions de 3h).
Au total la complétude de la check-list a été réalisée par une étude a posteriori sur 80 check-lists réalisées pour des anesthésies locales ou générales dans chacun des 18 centres (1440 actes chirurgicaux au total). L’observance globale (pourcentage de réalisation de la check-list / nombre total d’actes) ressort à 90,2% et la complétude moyenne à 61% (nombre d’items correctement remplis).
11 barrières ont été identifiées pour expliquer les difficultés d’usage de la Check-list: la plus fréquente (16 centres sur 18) est l’impression de dupliquer des pratiques déjà existante (la Check-list reprend des actions déjà faites); puis viennent:
- les problèmes de communication entre anesthésistes et chirurgiens parfois faute de temps de recouvrement dans leur présence simultanée (10 centres),
- les questions de longueur et de charge de travail ajoutée, d’instabilité et de turnover du personnel, d’ergonomie trop binaire des réponses possibles, de faible écoute mutuelle pendant le déroulement, etc.
Ces barrières dépendent de facteurs organisationnels et culturels dans chaque centre. Les auteurs proposent de considérer un plan de correction global intégrant un travail de fond sur le format de l’outil (la check-list), et un travail de fond sur l’organisation, avec un soin particulier apporté à l’utilisation et à l’évaluation de la check-list qui pourrait constituer une boucle de retour pour les équipes locales.
Source: Fourcade, A., Blache JL, Grenier C., Bourgain JL, Minvielle E., BArriers to staff adoption of a surgical safety checklist, BMJ first online 7 november, 2011
La Prévention Médicale - Mis à jour le 04/05/2012

Par Isabelle T. - 22 déc 2011