Le médecin comme seconde victime de l'erreur –  – 12 mars 2014

Voici une sélection d'articles sur "le Médecin comme seconde victime de l'erreur"

Sommaire

2000 - Wu A - Le médecin comme seconde victime

Wu A. - Medical error : the second victim. BMJ 320;726-727

Le médecin qui commet une erreur a besoin d'aide.
L'article donne des pistes pour organiser collectivement cette aide : débriefing et analyse collective, distanciation, etc.

**** Mon avis : un article devenu référence historique sur le sujet . Albert Wu est le théoricien historique de ce concept de seconde victime.

2003 - Wu A - Erreurs des internes

Wu A, Folkman S, McPhee SJ, Lo B - Do house officers learn from their mistakes ? Qual Saf Health Care.12(3):221-6.

254 internes d'un CHU, dont une majorité d'internes en médecine générale.
114 remplissent un questionnaire décrivant leur souvenir le plus significatif d'erreur personnelle.
On retrouve 33% d'erreurs de diagnostic, 29% d'erreurs de prescription, 21% d'erreurs d'évaluation et 5% d'erreurs de communication.
Les conséquences pour les patients ont été sévères dans 90% des cas avec 31% de décès.
Seulement 54% de ces internes avaient débriefé avec leur référent et seulement 24% en avaient parlé aux familles concernées.
Ceux qui avaient fait cette démarche paraissaient moins affectés et avec de meilleures stratégies de coping. Les cas cliniques où la charge de travail était mise en avant comme cause principale étaient aussi ceux qui avaient le moins servi de leçon aux internes, ceux où les excuses externes avaient évité de se remettre en cause, mais évidemment sans résoudre les problèmes.

***** Mon avis : article très intéressant, facile à lire ; la méthode n'a pas vieillie, déjà cité 445 fois… c'est dire !

2006 - Engel KG - Réactions des internes face à leurs erreurs

Engel KG, Rosenthal M, Sutcliffe KM - Residents’ responses to medical error: coping, learning, and change. Acad Med. 81(1):86-93

Explore les réactions des internes à leurs erreurs, comment ils y font face, qu'est ce qu'ils en retiennent.
36 internes choisis au hasard dans un CHU participent à des entretiens approfondis sur leurs erreurs.
Les internes expriment une intense émotion en évoquant les erreurs, d'autant plus grande que la conséquence sur le patient a été grande ou que leur responsabilité a été directement impliquée.
Leur capacité à gérer sur le moyen terme a été très dépendante de leur entourage (séniors) et de l'analyse d'apprentissage qui en a été faite collectivement.

*** Mon avis : expérience pédagogique classique, peu de résultats innovants, mais un contenu intéressant et bien écrit avec de nombreux renvois aux théories sous-jacentes.

2007 - Figon S - Impact des événements indésirables sur la pratique de médecins généralistes

Figon S, Chanelière M, Moreau A, Le Goaziou MF (2008) - Impact des événements indésirables sur la pratique de 15 médecins généralistes maîtres de stage. La presse médicale;37(9); 1220-27

Étudie l'impact des événements indésirables (erreurs médicales comprises) sur la pratique des médecins généralistes et leurs représentations des notions d'événements indésirables et d'erreurs médicales.
Étude qualitative réalisée à partir des témoignages de 15 médecins généralistes volontaires de la région Rhône-Alpes.
L'enquête a permis la collecte de 66 situations réelles vécues et identifiées comme événements indésirables par les médecins généralistes.
L'analyse de ces faits a montré un impact majeur chez ces médecins par l'apparition de modifications secondaires des démarches diagnostiques ou thérapeutiques, des conséquences psychiques parfois importantes, l'induction de démarches formatives ciblées et l'intégration de la dimension médicolégale à leurs pratiques. La plupart des médecins ont exprimé un besoin d'écoute autour de ces situations et plébiscité les groupes de pairs.

*** Mon avis : intéressant article en français, même si la puissance expérimentale est loin d'être suffisante pour des conclusions définitives. Lire aussi pour plus de détails la thèse de Chanelière M (2005) Impact des événements indésirables sur la pratique des médecins généralistes, étude qualitative auprès de 15 praticiens de la région Rhône-Alpes. Université Claude Bernard, Lyon

2007 - Berland G - Etre filmé au travail par les patients : se confronter à ses insuffisances

Berland G - The view from the other side-patients, doctors, and the power of a camera. N.Engl. J. Med., 327, 25: 2533-36

Cet article raconte une expérience où les médecins ont été filmés par leurs patients dans leur consultation singulière et ont pu après coup analyser les processus qui dysfonctionnaient.

** Mon avis : à la limite du thème de cette section, plus proche d'un commentaire, cet article donne une piste intéressante sur les leçons que l'on peut tirer d'une confrontation à sa propre activité professionnelle par l'intermédiaire d'un film.

2009 - Galam E - La souffrance du médecin qui a commis une erreur

Galam E.- La souffrance du médecin mis en cause par un patient, Responsabilité, 9, 36

Une bonne analyse en français de la situation avec beaucoup d'exemples et de détails.

**** Mon avis : très intéressant

2009 - Nelson W - Aspects éthiques et culturels dans la prise en charge du médecin ayant fait une erreur

Nelson W, Belye S, - The role of an ethical culture for the prevention and recovery of “second victims” Qual Saf Health Care 18:323-324

Les auteurs traitent des réactions de dépression du médecin face à son erreur et les tourments éthiques qui envahissent souvent ce médecin dans son exercice au point que ces attitudes prudentielles à l'excès peuvent brider le médecin dans ses décisions et ses actions et venir paradoxalement créer un potentiel accru de nouvelles erreurs dans le futur.

**** Mon avis : très intéressant

2009 - Asghari F - Le regard du médecin sur l’erreur médicale

Asghari F., Fotouhi A., Jafarian A. - Doctors’ views of attitudes towards peer medical error, Qual Saf Health Care 18:209-212

L'article propose un questionnaire à 400 généralistes iraniens sur leur réaction probable après des erreurs de gravités différentes (3 niveaux) et leurs attentes sur les attitudes des collègues s'ils commettent de telles erreurs. Les généralistes envisagent massivement de révéler l'erreur à leur patien, et ils attendent de leurs collègues qu'ils leur parlent de leurs erreurs. 67% de ces généralistes disent avoir identifié une erreur d'un de leur collègue dans les 6 dernier mois ; la plupart reconnaissent l'absence totale de formation en la matière.

* Mon avis : anecdotique

2009 - Scott S - Comment récupérer psychologiquement d’une erreur

Scott, S., Hirschinger, L., Cox, K., Coig M., Brandt, J., Hall, L., - The natural history of recovery for the healthcare provider “second victim” after adverse patient events Qual Saf Health Care 18:325-330

L'article propose une analyse de 31 médecins volontaires interrogés sur leur vécu comme seconde victime de leurs propres erreurs. Ces médecins admettent avoir souffert de problèmes psychologiques assez importants (souvenirs envahissants et obsédants, difficulté à reprendre confiance, à se remettre à travailler, difficulté à obtenir de l'aide). Ces résultats montrent que les effets observés sont relativement comparables à un syndrome post traumatique dont l'évolution historique est assez prévisible. Une intervention plus rapide et plus efficace de l'environnement professionnel peut réduire significativement- cette évolution.

*** Mon avis : à lire

2010 -Sirriyeh R - Revue de littérature sur la gestion de l’erreur par le médecin

Sirriyeh R., Lawton R., Gardner P, Armitage G., - Coping with medical error: a systematic review of papers to assess the effects of involvement in medical errors on healthcare professionals' psychological well-being Qual Saf Health Care doi:10.1136/q

Revue de questions sur les répercussions psychologiques des erreurs pour les médecins et la façon de les gérer. 24 papiers trouvés pertinents. Tous les papiers sont convergents pour souligner les graves répercussions de l'erreur médicale chez ceux qui l'ont commise : mauvaise image de soi, doute, anxiété. Malgré ce tableau, il reste une place à la possibilité de rebondir et même de se servir positivement de l'erreur pour augmenter sa confiance et travailler plus confraternellement avec l'appui des collègues en réseau, mais les auteurs soulignent aussi que les articles pointent plus les problèmes qu'ils ne pointent les solutions.

**** Mon avis : une revue de questions utile qui liste tous les papiers clés et montre bien les limites du concept

2010 - Scott S - Un système d’aide aux médecins seconde victime

Scott S., Hirschinger L., Cox K., McCoig M., Hanh-Cover K., Epperly K., Phillips E., Hall, L. - Caring for our own: Deploying a systemwide Second victim Rapid response team, The Joint commission Journal on Quality and Patient Safety, 36, 5:233-40

Mise en place dans le Missouri d'un système d'aide aux professionnels de santé qui sont traumatisés par leurs erreurs. Le système a été inspiré des tentatives de l'hôpital Brigham et Women à Harvard en 2006 (système d'aide basé sur des pairs) et sur le MITSS (Medically Induced Trauma Support Services-http://www.mitss.org) dévelopé en 2002 qui était pour toutes les victimes, patients compris et le CISM (Critical Incident Stress Management) développé dans l'industrie, en aéronautique particulièrement pour approcher les effets des PTSD (Post traumatic syndroms).
Développement d'un RSS (rapid response system) entre octobre 2007 et janvier 2008 sur la base de 31 interviews de professionnels traumatisés, puis d'un questionnaire formé à partir de ces interviews et adressé à 5.300 professionnels de la fac, questionnnaire assez ouvert, à la recherche d'expériences personnelles et de récits. 898 ont répondu, dont 352 avaient entendu parler de la notion de seconde victime et 269 se sentaient personnellement concernés. 8 thèmes ont été dérivés de ces réponses comme pertinents pour aider. Un modèle en trois temps a été développé (Scott three-tiered Interventional Model of Support) : le niveau 1 est centré sur la perception émotionnelle, il est local et couvre la période immédiatement attenante au fait. Il repose presque entièrement sur les personnes de proximité en facilitant la verbalisation, l'empathie et un climat d'expression des détresses sans encore savoir nécessairement qui a été victime de quoi. Le niveau 2 s'applique à des secondes victimes bien identifiées et repose sur des professionnels des services entraînés pour aider. Le niveau 3 assure l'accès à des psychologues/psychiatres professionnels quand la réaction ne peut pas être contenue par les actions précédentes.

*** Mon avis : un travail qui mérite vraiment d'être lu, très bien structuré

2012 - Venus E - Impact émotionnel d'une erreur médicale sur des internes en médecine générale

Venus E, Galam E, Aubert J-P, Nougairede M. Medical Errors Reported by French General Practitioners in Training: Results of a Survey and Individual Interviews. BMJ QualSaf. 2012 janv 4;21(4):279–86.

Une interne en médecine générale a étudié par questionnaire l'impact émotionnel (tant professionnel que personnel) d'une erreur médicale sur des internes en médecine générale d'une université parisienne.
70 des 392 internes en médecine générale ont répondu. Ils disent que l'impact était important avec par exemple une sensation de culpabilité plus de 2 ans après l'incident. 97% d'entre eux avaient déjà commis une erreur médicale. Un tiers aurait aimé en parler davantage avec leur supérieur. Ils demandent davantage de formations sur l'erreur médicale et davantage de discussions ouvertes lorsque l'incident survient. Ils souhaiteraient en discuter avec leur chef autour d'un café plutôt que de se faire engueuler.

*** Mon avis : une étude française de l'équipe d'Eric Galam bien connu dans le domaine et pour son récent livre sur l'erreur médicale, le burn-out et le soignant. La méthodologie est assez légère, mais le texte en convaincant.

2012 - O’Beirne M - Impact émotionnel sur des généralistes survenus à leurs patients

O’Beirne M, Sterling P, Palacios-Derflingher L, Hohman S, Zwicker K. Emotional Impact of Patient Safety Incidents on Family Physicians and Their Office Staff. J Am Board Fam Med. 2012 janv 3;25(2):177–83.

La méthode teste les réponses émotionnelles et les stratégies de coping des généralistes à des incidents survenus à leurs patients. Ils doivent répondre à deux questions en évoquant ces incidents : quel impact émotionnel a eu l'incident sur vous (colère, culpabilité, gêne, regret, tristesse, doute sur vous même, frustration, honte, ou autre) et qu'avez-vous fait de ces émotions (rien, en parler, le dire au patient, autre). Une réponse à connotation émotionnelle existe dans 82,4% des incidents considérés. Les plus fréquentes sont la frustration (48%), la gêne (31%), la colère (12%) et la culpabilité (10%). 52% en ont parlé à quelqu'un, 37% n'en ont parlé à personne et 18% en ont parlé au patient.

*** Mon avis : une bonne étude, assez compliquée dans le montage (faire évoquer les incidents, puis demander les réponses aux deux questions, puis analyser)

2012 - Hu Y-Y - Impact émotionnel sur les médecins (résidents et praticiens en exercice) suite à un problème avec un patient ou un accident personnel

Hu Y-Y, Fix ML, Hevelone ND, Lipsitz SR, Greenberg CC, Weissman JS, et al. Physicians’ Needs in Coping With Emotional Stressors: The Case for Peer Support. Arch Surg. 2012 mars 1;147(3):212–7

L'article traite des moyens de « tenir le coup » pour les médecins (résidents et praticiens en exercice), 79% ont subi soit un problème avec un patient soit un accident personnel.
La méthode repose sur un questionnaire de 56 questions, proposé dans 4 CHU à 108 internes en médecine générale, chirurgie, urgences et anesthésie.
Le besoin de chercher un soutien a été constaté dans 79% des situations potentiellement judiciaires, dans 67% des cas impliquant une erreur médicale, dans 63% des conflits avec un patient, dans 62% lors d'une maladie physique, dans 50% lors d'une maladie mentale ou d'un conflit au travail. Le manque de temps, la difficulté d'accès, le possible manque de confidentialité, l'impact négatif sur la carrière ont constitué des barrières à cette recherche de soutien, qui était le plus souvent effectuée auprès de collègues (88%).

** Mon avis : intéressant mais relativement limité en résultats

2012 - Gazoni F. - Anesthésistes secondes victimes de complications péri opératoires

Gazoni F., Amato P., Malik Z., Durieux M. The Impact of Perioperative Catastrophes on Anesthesiologists : Results of a National Survey, AnesthAnalg 2012;114:596–603)

Questionnaire adressé par tirage au sort à 1.200 membres du collège d'anesthésie US sur leur expérience comme seconde victime d'erreurs médicales ou de cas difficiles dans lesquels ils auraient été mêlés lors de la prise en charge péri opératoire des patients.
659 retours de questionnaire (56%) ; 18% reconnaissent avoir été impliqués dans un cas difficile ; 70% expriment une situation qui a été difficile à vivre ; 88% ayant nécessité du temps pour « digérer » et récupérer émotionnellement, et 19% ayant toujours des ressentis douloureux. 12% ont fait évoluer leur carrière après le problème. Enfin 67% reconnaissent que leur capacité clinique a été très altérée dans les heures qui ont suivi le problème, mais seulement 7% ont pratiqué un arrêt d'activité et une distanciation temporaire.

*** Mon avis : bonne analyse avec des chiffres montrant l'ampleur du problème

2012 - Wu AW - Analyse des causes-racines après un incident et phénomène de « deuxième victime »

Wu AW, Steckelberg RC. Medical Error, Incident Investigation and the Second Victim: Doing Better but Feeling Worse? BMJ QualSaf. 2012 janv 4;21(4):267–70.

Editorial qui s'attache aux relations entre l'analyse des causes-racines après un incident et le phénomène de « deuxième victime ». L'auteur (celui qui a décrit à l'origine le phénomène de la « deuxième victime ») souligne que l'investigation nécessaire ne doit pas accentuer l'impact sur le médecin et qu'en cherchant à faire mieux, on fasse pire… La politique après la survenue de l'incident doit inclure non seulement l'investigation sur les causes, mais la recherche des « deuxièmes victimes ».

*** Mon avis : un très bon éditorial du maître en la matière, qui cite l'article français de Vénus et Eric Galam (voir précédemment) comme référence… deux maîtres ensembles.

2013 • Martinez, William, et Lisa Soleymani Lehmann. « The “Hidden Curriculum” and Residents’ Attitudes about Medical Error Disclosure: Comparison of Surgical and Nonsurgical Residents ». Journal of the American College of Surgeons. Consulté le 5 nov

JamCollSurgeon-Martinez : comparaison du vécu de l’erreur par les internes en médecine et en chirurgie

Comparaison par questionnaire adressé par mail dans deux CHU Américains du vécu de résidents vis à vis des erreurs médicales en chirurgie versus en médecine (545 internes contactés, 243 réponses). Les résidents en chirurgie s'estiment bien plus mal traités et humiliés en cas d'erreur que les internes en médecine (39% vs 20%). Ils considèrent que reconnaître leurs erreurs les exposent plus au jugement critique de leur pairs, et pire, qu'ils doivent plus composer avec leurs propres valeurs et celles de leur hôpital quand ils révèlent une erreur (11% vs 2%). Pour toutes ces raisons, ils sont moins enclins à en parler au reste de l'équipe (70 vs 83%). On retrouve le fait bien connu que le contexte punitif est un frein à la transparence souhaitée et l'étude confirme que ce défaut est encore plus vrai en chirurgie.
*** Mon avis : un très bon article qui fait réfléchir sur le regard des autres et la difficulté de résoudre le problème de la transparence

2013 -Stewart K - Les médecins ont toujours peur de signaler leurs erreurs

Stewart K., Harrison R., Lawton R., Most doctors have negative experiences of reporting incidents, BMJ2013 347 :f6714

Une revue de 1755 membres du Royal College of Physicians (47 ans en moyenne, 35% de femmes) montre que les médecins ont toujours très peur de signaler leurs erreurs. Parmi ceux qui ont signalé des erreurs, seulement 21% considèrent que ce signalement a servi localement à réduire le risque ; 19% considèrent que le signalement a été – avec d'autres signalements de même type- vertueux pour la communauté médicale. Seulement 14% ont reçu une notification du suivi d'exploitation. 25% ont été impliqués dans des EIG notables qu'ils n'ont pas signalé.

Le faible signalement et la faible confiance dans le processus relèvent de plusieurs explications cumulées : long à déclarer, illusoire et coûteux de changer le système, peur de sanctions.

De plus, les effets psychologiques associés à la déclaration ne sont pas marginaux. Troubles du sommeil, image négative, anxiété pour 63% des signalements importants et même 8% de symptômes qui relèvent plutôt du stress post traumatique. Seuls 5,5% des médecins qui ont signalé des incidents graves ont pu bénéficier d'une aide officielle pour traverser cette période. Les autres ont dû se débrouiller avec leurs collègues, amis et famille.

*** Mon avis : données intéressantes même si ce n'est pas un scoop

2014 - A. Pinto - Réaction des chirurgiens en cas de complications

Pinto, A., O. Faiz, C. Bicknell, et C. Vincent. Surgical Complications and Their Implications for Surgeons’ Well-Being . British Journal of Surgery 100, no 13 (2013): 1748–1755.

Des interviews ont été réalisées auprès de 27 chirurgiens britanniques volontaires (sur un total de 41 chirurgiens vasculaires) pour apprécier l'impact personnel et professionnel de complications chirurgicales qui leur étaient arrivées.

Les chirurgiens citent 5 impacts récurrents : émotionnel (crise de confiance, anxiété, tristesse), impact professionnel (pratiques transformées, plus prudentes, plus défensives), impact cognitif (rumination, pertes de concentration), impact social (isolement, dégradation des relations avec les collègues) et impacts divers (retour vers la formation, sentiment d'être malade).

Les réactions des chirurgiens dépendaient du caractère évitable ou non de la complication, de leur personnalité et de leur expérience, du pronostic du patient et de ses réactions, mais aussi de celles des collègues et de la culture de l'institution. L'aide apportée par l‘institution était généralement considérée comme inadéquate. Les auteurs suggèrent d'aider les chirurgiens en assurant un meilleur suivi, en offrant des approches en équipe, et des possibilités non pénalisantes de discussions des complications.

*** Mon avis : intéressant

Pr. René AMALBERTI - Mis à jour le 08/08/2014

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