Missions et objectifs de la Prévention Médicale

Beaucoup d’acteurs parlent aujourd’hui de prévention des accidents médicaux, peu agissent encore suffisamment.
 

En février 2004, le rapport commun IGAS/IGF relevait que la France se caractérise par une politique active sur le plan institutionnel, mais par une faiblesse des actions ciblées en termes de gestion des risques au sens du concept de retour sur expérience (risk management). Or les politiques institutionnelles n’ont qu’une portée limitée si elles ne sont pas accompagnées par une implication volontaire, quotidienne et pérenne des acteurs concernés.

 

La même année, La Prévention Médicale s'est donnée pour mission de faire évoluer la culture défensive de prévention des contestations vers une culture active de prévention des risques médicaux : toute erreur est un trésor...

 

L’objectif de l’association est clairement de réduire les risques évitables et leurs conséquences, tant au regard des dommages subis par les patients qu’à celui du montant des primes d’assurance des professionnels de santé.
Cet objectif est un bel exemple d’intérêts partagés, et s’inscrit pleinement dans ceux de la santé publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses mises à la charge de la solidarité nationale.

 

Depuis, de nombreux messages sont passés, les organisations professionnelles ayant été sensibilisées, mais il reste encore beaucoup à faire pour y parvenir :

 

  • en amont, avoir accès aux événements dommageables et les analyser avec des experts dont la compétence dans ces questions n’est pas contestée
  • en aval, communiquer efficacement auprès des professionnels concernés

 

La ligne d'action s'exerce à trois niveaux :

 

  • Aider et relayer le message des sociétés savantes pour améliorer les protocoles de soins, et pour une meilleure pratique d’une médecine basée sur les évidences. L’aide peut prendre de multiples formes, partage de données sur le risque, programmes conjoints, valorisation par des livres, films et messages pédagogiques de tout ordre.

 

  • Apporter un éclairage complémentaire spécialisé sur la gestion systémique des risques. La reconnaissance officielle de la sécurité du patient remonte à 1999 avec la parution d’un rapport du ministère de la santé américain (To err is Human – Faire des erreurs est humain). D'apès celui-ci, la plupart des drames médicaux ne sont pas liés à l’incompétence des professionnels de santé, mais à la mauvaise organisation du système de santé. La formation académique est évidemment nécessaire, mais elle n’empêchera jamais toutes les erreurs ; elle doit être complétée par une formation spécifique à travailler dans un monde complexe, plus ou moins coordonné, avec des pressions multiples, des patients en souffrance, des demandes téléphoniques incessantes, et une conformité réglementaire consommant des temps importants. C’est toute cette logique qui oriente notre 2° ligne d’action : comprendre pourquoi de bons professionnels, peuvent – sous conditions adverses – commettre des erreurs, et essayer d’en tirer des leçons simples pour en atténuer le risque.

 

  • Récompenser la qualité, chercher des chemins vertueux communs, des engagements de qualité qui puissent réduire les primes d’assurances. Si la prévention des accidents est un devoir et une nécessité pour les professionnels de santé, les professionnels qui s’investissent le plus dans la prévention des risques doivent pouvoir prétendre à une réduction de leur prime d’assurance. Concrètement, cet investissement doit se traduire par l’adhésion à une charte définie en concertation avec les organismes scientifiques et professionnels, chacun dans leur domaine de compétence : Sociétés savantes, Haute Autorité de Santé, Syndicats professionnels, Ordres…

 

La Prévention Médicale est ouverte à l'ensemble des professionnels de santé qui souhaitent s’engager dans cette dynamique volontariste, individuellement, ou mieux encore au travers de leurs organisations professionnelles.

 

Les professionnels concernés pourront, à partir des travaux réalisés, dégager des mesures correctives, et envisager l’élaboration de règles de bonnes pratiques ou de tout autre moyen visant à réduire les accidents liés aux soins par des mesures concrètes.

 

L'association a vocation à travailler en étroite collaboration avec notamment la Haute Autorité de Santé, le Conseil National de l’Ordre des Médecins, le Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens-dentistes, les sociétés savantes, les syndicats de praticiens, les Unions Régionales de Médecins Libéraux, les associations de formation continue, et bien sûr toutes celles travaillant déjà sur la prévention de ces accidents…
 


La Prévention Médicale - Mis à jour le 08/10/2009

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