Revue de Presse Avril 2010
Retrouvez un panorama complet de la presse concernant la prévention médicale.
- Le stress au bloc opératoire : chirurgiens zen ?
- Evaluer la qualité des soins en chirurgie... et en France
- RMM en soins intensifs : faisable et pédagogique
- De l'analyse des causes racine à la correction des divers problèmes
- Perception de la sécurité des soins : des différences selon le sexe ?
- Aider « la seconde victime »
- Ne pas interrompre l'infirmière...
- Recommandations pour diminuer les erreurs concernant les médicaments cardio-vasculaires
- Erreurs de site : aussi pour l'administration des anesthésies locales...
- Compliance avec le « temps mort » en début d'intervention...
- Le blackberry à l'aide des chirurgiens... Mais quelle sonnerie adopter ?
- Statistiques sur les événements indésirables déclarés aux USA
- L'informatique ne résoudra pas tout...
- Le fossé entre la prescription et la réalisation...
- Le suivi des résultats d'examen : l'informatique salvatrice ?
- Théorie et pratique en milieu infirmier...
- Le défi de la transparence dans la déclaration des événements indésirables
Les auteurs de cet article ont cherché à déterminer l'incidence de situations de stress au bloc opératoire. Deux observateurs psychologues ont suivi 55 interventions variées en notant tous les événements per-opératoires. A la fin de l'intervention, le chirurgien devait évaluer son niveau de stress. Le facteur de stress le plus fréquent a été la perte de concentration liée à des interruptions du geste chirurgical. Et les chirurgiens ont estimé plus « stressant » les facteurs techniques ou l'état du malade. Quel est l’impact de ces facteurs sur le succès de l’intervention ?
Cet article, français… dans une revue anglo-saxonne de référence, relate un très gros travail : une appréciation d'un système de score pour apprécier la qualité en chirurgie : recueil de 138 variables et étude détaillée par groupes de toutes ces variables... La qualité des soins est surtout appréciée par rapport au risque infectieux.
Une autre étude française dans une revue anglo-saxonne... Qui montre l'intérêt croissant des médecins en France vis-à-vis des revues de morbidité-mortalité (RMM)... Cette étude apprécie la faisabilité et l'intérêt des RMM en réanimation. Intérêt pédagogique, intérêt pour la sécurité du patient... A l'heure où la HAS milite pour les RMM et où la certification V2010 les rend indispensables...
Diminuer les chutes en postpartum : tel est l'objectif de cette équipe à Taïwan. Dans un premier temps, ils ont réalisé une analyse des causes des chutes des patientes et les ont classées en 4 catégories : environnement et systèmes, procédures, individuelles, de communication. Différentes mesures ont été appliquées : démonstrations et brochure d'explication d'une part et installation de rampes, de tapis anti glisse, d'une meilleure lumière dans les salles de bains. Les chutes ont diminué de 14 à 6 0/00.
Un questionnaire concernant la perception de la sécurité a été distribué aux personnels de salle d'opération pour voir les différences selon l'âge, le sexe… Les plus âgés sont plus sensibles au climat dans l'équipe, les chirurgiens plus sensibles aux conditions de travail, les anesthésistes à la reconnaissance du stress mais sont moins sensibles au climat de sécurité. Les femmes relatent plus facilement une perception moindre de satisfaction dans le travail et des conditions de travail. Les efforts pour améliorer la sécurité du patient doivent être établis en tenant compte de ces différences.
Cet article relate deux programmes US d'aide au praticien impliqué dans une erreur médicale : le programme de Kaiser permanente (le système intégré de soins le plus important aux USA) et le Children's Hopital Boston. Ceci pour éviter les problèmes trop dramatiques pour le praticien… et parvenir à une meilleure efficacité de l'équipe. Parce que si le médecin impliqué a bien sûr des effets directs, l'ensemble de l'équipe subit une répercussion indirecte.
Les infirmières seraient interrompues toutes les 5 mn, environ… le plus souvent par des personnes, parfois par des « pagers », parfois par le téléphone… Quelquefois l'interruption nécessite de reprendre la tâche dès le début, parfois non. La discussion pour supprimer ces interruptions doit intégrer une réflexion sur la cause de ces interruptions.
L'American Heart Association à étudié les erreurs de médicaments à visée cardio-vasculaire, (dont on sait par ailleurs qu'ils constituent une des principales causes d'erreurs médicamenteuses) comprenant les erreurs de dosage, l'administration de drogues contre-indiquées ou une absence de médicaments recommandés. L'association a établi des recommandations pour prévenir ces erreurs avec, entre autres, l'inclusion de pharmaciens dans les équipes de soins, l'utilisation de prescriptions électroniques et la vérification des médicaments.
Les erreurs de côté sont des incidents rares mais à la fois évitables et dramatiques. Les études concernent habituellement les interventions chirurgicales. Dans cette étude, il s'agit d'erreurs de lieu d'injection lors de lutte contre la douleur. Ces incidents sont rares, peu nocifs mais pourraient être évités en suivant des mesures préventives et des protocoles rigoureux.
La pratique d'un « temps mort » en début d'intervention pour une vérification commune des points importants devient de plus en plus généralement préconisée. Mais est-elle couramment réalisée ? Cette étude australienne cherche à vérifier méthodiquement cette mise en place et étudie les problèmes pratiques posés. 16 différents intervenants de la salle d'opération (panseuses, anesthésistes, chirurgiens...) sont interrogés pour savoir pourquoi le « temps mort » n'est pas réalisé. Les raisons sont diverses, et pourraient être intéressantes à étudier au moment même où la HAS cherche à diffuser la check list...
Une vidéo capturée au moment difficile de l'intervention est transmise par email sur le blackberry d'un consultant et en moins de quelques secondes un conseil spécialisé peut être donné...
Aux USA, la structure officielle s'occupant de la déclaration des événements indésirables publie des statistiques tous les trimestres : sont ainsi accessibles les statistiques du dernier trimestre 2009 et une étude des accidents de 2008. Le premier événement indésirable (en nombre) est l'erreur de site opératoire, le second le suicide… Les 2/3 sont rapportés par le professionnel de santé.
Cette revue de la littérature, faite au Canada, examine l'effet de « rappels » faits automatiquement par l'ordinateur lors de la saisie soit des prescriptions soit des informations dans le dossier du patient. Ce système est considéré habituellement comme devant améliorer la qualité des soins. Mais les auteurs constatent que l'amélioration est très faible dans la majorité des études retrouvées, et n'est réellement significative que dans quelques études, posant la question du « pourquoi» de la réelle amélioration.
L'HTA est une pathologie chronique très fréquente un peu partout dans le monde... Mais qu'en est-il du traitement ? Cette comparaison US entre la prescription faite par le médecin et ce que relate le patient est très instructive : des différences sont retrouvées chez 75% des patients, et 25 % ne peuvent pas nommer un seul des médicaments qu'ils prennent. Pas étonnant que le contrôle de l'HTA ne soit pas idéal...
Le suivi des résultats d'examens constitue un problème majeur de sécurité des soins. Cette étude US apprécie l'impact potentiel d'une notification automatisée des résultats anormaux d'examens de laboratoire à l'intérieur d'un dossier médical électronique et si cela entraine un meilleur suivi. Malheureusement, le suivi était absent dans 10,1 % des dossiers sans alerte et dans 6,4% des dossiers avec alerte : statistiquement non significatif... Donc il faut chercher une meilleure solution...
Cette étude (impliquant des infirmières pédiatriques néo-zélandaises) démontre que, bien qu'une vérification à la fois double et indépendante soit acceptée et considérée comme une “bonne pratique” en pédiatrie, savoir ce que cela veut dire n'est pas clair. L'influence de la charge de travail, des distractions et des facteurs systémiques sur l'administration des médicaments est bien connue, mais les relations entre les jeunes infirmières et celles plus expérimentées doivent aussi être prises en compte, ainsi que probablement, l'effet de l'automatisation. Tout ceci nécessite une formation plus adaptée.
Optimiser la déclaration des événements indésirables est considéré généralement comme une façon d'améliorer la prévention des erreurs médicales et donc la sécurité des soins. Cependant de multiples barrières existent malgré tous les dispositifs et toutes les incitations mis en place. La peur des sanctions, des plaintes, le regard critique des pairs sont des freins d'autant plus marqués que l'article se situe aux USA avec l'implication de la facilité des procédures civiles. L'article plaide pour un système de compensation du patient sans notion de faute du praticien. Et il plaide surtout pour un système de déclaration qui soit transparent tout en respectant les préoccupations des praticiens et autres professionnels de santé.
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