Revue de Presse Mars 2010

Retrouvez un panorama complet de la presse concernant la prévention médicale.

Recommandations US en chimiothérapie ambulatoire

Deux sociétés savantes US ont établi plusieurs recommandations concernant la chimiothérapie administrée en ambulatoire. Ces recommandations ont été établies selon un processus rigoureux et impliquent : révision des éléments cliniques et sélection des modalités de traitement, planification du traitement et consentement éclairé, prescription du traitement, préparation des drogues, évaluation de la compliance au traitement, administration et surveillance, évaluation de la réponse et surveillance de la toxicité. Le suivi de ces recommandations devrait être la règle de tous les professionnels (en particulier médecins et infirmiers) impliqués dans les traitements oncologiques de l'adulte, d'après les auteurs.


L'administration des médicaments par les parents en pédiatrie...

En pédiatrie, il est nécessaire que les parents comprennent bien la prescription des médicaments liquides. Le dosage des drogues peut être difficile : cuillère à café (ou tasse aux USA), ml, seringue... Cette étude évalue le rôle des instruments utilisés sur les erreurs d'administration. Le choix de l'instrument est important car les erreurs sont plus fréquentes en cas de tasse (ou cuillère à café). Si les parents comprennent mal le traitement, les erreurs sont encore plus fréquentes.


Revue de la littérature en dermatologie ambulatoire

Cet article examine les problèmes de sécurité rencontrés en pratique dermatologique ambulatoire, y compris les erreurs de médicament, les erreurs de diagnostic, la chirurgie au cabinet, les erreurs de côté ou de site opératoire et la sécurité du laser.


Les mauvaises identifications de prélèvements

L'étude des causes racine de 227 accidents a permis de retrouver les facteurs entraînant une mauvaise identification des patients, dans les laboratoires biologiques, d'anatomopathologie et les banques du sang. Les erreurs surviennent essentiellement lors de l'identification du patient, de l'étiquetage des prélèvements, et lors de l'analyse, très peu lors du retour du résultat.


Analyse des causes racine et prévention en Hollande

Dans cette étude, hollandaise, les auteurs recherchent les causes de 744 événements indésirables dans 21 hôpitaux hollandais. Les causes peuvent être multiples, regroupées en 4 groupes : causes humaines (61% des cas) (dont 61% sont évitables) ; causes liées au patient dans 39% des cas, facteurs organisationnels 14% et techniques 4%. Les auteurs ont également étudié les mesures qui auraient pu prévenir ces accidents (s'ils étaient évitables) : revue par les pairs, évaluation de la conduite de sécurité, formation et procédures. Cet article, en plus du fond, est intéressant par les classifications utilisées pour les causes des accidents et pour les mesures de prévention.


Vous avez bien dit "évitable" ?

La décision de Medicare et Medicaid (aux USA) de ne pas rembourser les frais inhérents à plusieurs complications « qui ne devraient pas se produire » a des conséquences importantes aux USA. Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer si 8 complications (« qui ne devraient pas se produire ») sont vraiment évitables, en examinant si les caractéristiques du patient au départ pouvaient prédire quels patients auraient une telle complication. Les auteurs ont trouvé que la fréquence de ces complications pouvait être prédite d'après l'état antérieur du patient ou selon le geste pratiqué, mettant en question le caractère évitable de ces complications.


Pour une meilleure communication entre généralistes et spécialistes

Cette meta analyse constate qu'une communication interactive entre des généralistes et des spécialistes (psychiatres et endocrinologues en l'occurrence) est associée avec une amélioration du pronostic des patients. La communication interactive comprenait des consultations en commun, des discussions planifiées par téléphone et une documentation partagée. Les auteurs plaident pour une modification des modèles de remboursement pour appuyer de telles pratiques.


Difficile de travailler quand on est infirmier(e) !

Cette étude US observe la façon de travailler des infirmières, « dans la vraie vie », dans deux hôpitaux, un universitaire et un général. Les infirmières sont au mieux interrompues toutes les 6 mn... (10 fois par heure) ; sur 136 heures de travail, elles doivent faire plusieurs tâches en même temps pendant 34% du temps... et malheureusement font des erreurs : 1,5 erreur par heure... Il ne semble pas y avoir de relation entre les interruptions, le "multitâche" et les erreurs. Les soins infirmiers font l'objet d'une haut degré de discontinuité et des stratégies pour diminuer les interruptions sont nécessaires.


Erreurs de médication : le point de vue de l'infirmière

Les articles sur les erreurs de médication sont nombreux, la particularité de celui-ci est de décrire la perception des infirmières sur le pourquoi et le comment des erreurs de médication et de s'attacher à leur expérience personnelle. Etude faite par un questionnaire envoyé à des infirmières, 202 ont répondu, ont admis faire des erreurs et ont relaté leurs expériences.


Évènements indésirables chez les patients à domicile

Cette meta analyse a recherché les événements indésirables survenant sur des patients à domicile. A partir de 1007 articles, 168 ont fait l'objet d'une analyse plus approfondie. Ce qui a permis de classer les articles en 8 catégories : erreurs de médication, problèmes liés aux cathéters/sondes, problèmes liés à la technologie, infections et sondes urinaires, blessures, chutes, articles avec plusieurs complications et autres. La fréquence est variable : de 3,5% à 15,1%. Les complications étaient souvent associées à des défauts de communication. Les auteurs concluent en souhaitant une définition standardisée des événements indésirables chez les patients à domicile, pour évaluer les risques et apprécier d'éventuelles politiques de prévention.
 


Qui est à blamer ?

Le numéro d'avril du journal de la « Joint commission on quality and patient safety » (USA) (qui est un peu en avance...) publie plusieurs articles reliés à une erreur d'administration (l'histoire rappelle beaucoup le drame de la fin 2008 à Saint Vincent de Paul). Certains articles nous semblent très intéressants.


Alertes inutiles ?

Un rapport d'un organisme britannique constate que, à la suite d'alertes émises par l'agence de sécurité sanitaire britannique, les structures du NHS (cabinets et hôpitaux) devraient signaler lorsque les actions recommandées ont été mises en place. Mais la compliance est rarement correcte et les délais non respectés...


Chirurgie et médecine esthétique : des règles en Angleterre ?

Une structure britannique regroupant des services de santé « indépendants » (le NHS ne prend pas en charge les traitements à visée esthétique) annonce qu'elle met en place une « marque de qualité » pour les médecins respectant des standards de bonne pratique pour les soins esthétiques avec injection. Cette initiative est encouragée par le ministère pour préserver les patients de praticiens peu qualifiés. Ce label concerne les cliniques et les médecins pratiquant seuls en cabinet.


Recertification des médecins : en route en Angleterre

Le ministère de la santé britannique a annoncé que 3000 médecins vont participer à une évaluation pour améliorer la qualité et la sécurité des soins. Cette évaluation consistera en une dizaine d'études pilotes sur toute l'Angleterre pour vérifier s'ils sont à jour avec les bonnes pratiques actuelles et aptes à exercer. C'est une étape fondamentale vers l'introduction d'un système de recertification tous les 5 ans.


Sécurité du patient et formation initiale : une réforme est nécessaire...

L'institut Lucian Leape de la Fondation nationale pour la sécurité du patient (USA) vient de publier un livre blanc (téléchargeable) constatant que les facultés de médecine US n'assurent pas une formation adéquate sur la sécurité du patient : absence de connaissances basiques et de développement de compétences. Ce document comprend des recommandations pour une réforme des études médicales pour améliorer la sécurité du patient.


...mais les universitaires s'y intéressent...

Simultanément (ou presque...), une revue faite pour les enseignants universitaires également aux USA en médecine publie un numéro entier sur la qualité et la sécurité des soins et l'intérêt de son incorporation dans la formation des étudiants.


La Prévention Médicale - Mis à jour le 20/04/2010

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