2010_mai_sages-femmes_ infirmité motrice sur souffrance f½tale

Après une grossesse normale, un accouchement est marqué par des signes d’alerte en faveur d’une souffrance fœtale puis par une bradycardie après une péridurale, de gravité sous évaluée. Les sages-femmes ont tardé à informer les obstétriciens successifs des anomalies puis de l’urgence à intervenir.

Une femme de 30 ans est suivie par un obstétricien pour sa seconde grossesse. Elle a accouché 3 ans auparavant d'un enfant bien portant, par césarienne à cause d'un défaut de dilatation du col. Cette première grossesse avait été marquée par le dépistage d'un diabète maternel bien équilibré par le régime et les glycémies seront normales lors de la surveillance de cette deuxième grossesse qui se déroule sans incident.
Au cours de la dernière semaine de la grossesse, un prélèvement vaginal identifie de nombreuses colonies de colibacilles et des streptocoques hémolytiques du groupe B, résistants à un grand nombre d'antibiotiques. La patiente est traitée par Augmentin auquel est sensible le streptocoque mais pour lequel le colibacille n'éprouve qu'une sensibilité intermédiaire.

  •  Elle se présente à la clinique, à 40 semaines pour des contractions. Le col est fermé. Le monitorage fœtal est normal. Elle reçoit un traitement par Salbutamol en suppositoires et l'antibiothérapie est poursuivie. Le surlendemain, le monitorage est normal, les contractions irrégulières, et elle regagne son domicile avec le même traitement.
  • Elle est réadmise le lendemain à 10h car les contractions sont plus fréquentes, examinée par un autre obstétricien et la sage-femme : le col initialement long et fermé se modifie progressivement, à 16h le médecin prescrit du Salbutamol intramusculaire et du Valium.
  •  A 24h, la poche des eaux se rompt spontanément, le liquide est d'emblée teinté d'après la parturiente.
  • A 3h, est nouveau injecté du Salbutamol intramusculaire par la sage-femme avant le transfert en salle de travail à 4h30.
  • A 5h, le liquide devient franchement teinté et le monitorage inscrit des ralentissements itératifs que la sage-femme ne juge pas suffisamment inquiétants pour prévenir le médecin de garde.
  • A 7h15, le col est dilaté à 3 cm.
  • La relève de la sage-femme par sa collègue a lieu à 8h30.
  • Un troisième obstétricien présent dès 8h-8h30, examine la parturiente à 9h, après un autre accouchement et envisage un accouchement rapide compte tenu des signes d'alerte.
  • Il prescrit une analgésie péridurale posée à 9h30, l'injection étant faite à 9h50.
  • Le monitorage qui montrait depuis son début des ralentissements brefs mais répétitifs enregistre alors une bradycardie à 80 bpm de 9h50 à 10h 10, après un décrochage du à un vraisemblable déplacement du capteur.
  • La tension maternelle prise avant la péridurale est à 11/ 6 et ne sera pas reprise mais il n'est pas signalé de malaise maternel. Cette bradycardie persiste pendant 20 minutes, malgré le décubitus latéral gauche décidé par la sage-femme et coïncide avec un excès de contractions utérines. Vers 10h10, le rythme cardiaque retourne à une fréquence normale mais a perdu ses oscillations habituelles et persistent des ralentissements plus amples et itératifs.
  • A 11h l'obstétricien revenu en salle de travail pratique une extraction par ventouse.
  • L'enfant naît à 11h20, livide avec un Apgar à 4/6/7 et présente une détresse respiratoire motivant son transfert en réanimation néonatale à l'initiative du pédiatre appelé et présent à 1 h de vie. L'enfant convulse ; un colibacille est présent dans le liquide gastrique mais le reste des examens (ponctions lombaires, hémocultures…) élimine une méningite associée ou une septicèmie. Le bilan confirmera (IRM à 10 mois) une ischémie néonatale avec des images cérébrales caractéristiques de leucomalacie périventriculaire. L'enfant présente une infirmité profonde avec tétraplégie spastique.

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La Prévention Médicale - Mis à jour le 06/07/2010

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