2009-AIM-AARON-Déclencher les accouchements ou laisser faire ? Une revue de question

Les taux d’accouchements déclenchés pour confort augmentent dans tout le monde occidental. Une équipe de Stanford (USA) a réalisé une revue de question sur les raisons et les bénéfices réels de cette tendance. Il ressort que le déclenchement à 41 semaines et au-delà réduit le risque de césarienne et de présence de liquide méconial dans le liquide amniotique.

Source :  Caughey A., Sundaram V., Kaimal A., Glenger A., Cheng Y., McDonald K., Shaffer B., Owens D., Bravata D., Systematic Review: Elective Induction of Labor Versus Expectant

Management of Pregnancy, Ann Intern Med. 2009;151:252-263.

L’article analyse les raisons et les performances de l’augmentation progressive des accouchements déclenchés dans le monde occidental (9,5% des accouchements en 1990, 22,1% en 2004). L’étude se concentre sur les déclenchements pour lesquels il n’existe pas de pathologie clairement établie chez la mère (diabète malin, maladie cardiaque, HTA…) ou le fœtus (souffrance…) pour lesquels le déclenchement est clairement indiqué ; on est ici dans le cas d’un choix qui n’a pas de raison lié à la pathologie (en anglais Elective Induction of labor), mais qui porte sur un choix de confort, servant la parturiante, le médecin, et/ou l’équipe de sages-femmes dans leur plannings respectifs, parfois aussi supposé mieux contrôler et réduire des problèmes d’accès en urgence (distance à la maternité).

Il est difficile sans une analyse fouillée de toute la littérature de savoir quels bénéfices et inconvénients sont vraiment associés à cette stratégie, car tout a été dit et son contraire. La revue de question s’est concentré sur les seules 11 études randomisées publiées et les 25 études rétrospectives (ont une française, Le Ray et al, 2007) portant sur des inductions volontaires du travail entre 37 SA et 42 SA..

Le résultat le plus significatif est que les césariennes sont plutôt moins fréquentes (-20%) et que la présence de méconium dans le liquide amniotique est 50% moins fréquent chez ces parturientes déclenchées, ce qui est contraire à ce qui se dit souvent et qui résulte d’études rétrospectives où le biais provient d’une absence de population de référence effective.

La Prévention Médicale - Mis à jour le 20/07/2010

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