Formation aux risques systémiques du suivi de grossesse en ville
- Public visé : médecins généralistes, sages-femmes, gynécologues de ville
- Durée : demi-journée pouvant être raccourcie à une FMC de soirée, ou étendue à la journée
- Pré requis d’accès de compétence en matière de gestion des risques : aucun
- Enseignant : René Amalberti
- Date de première mise en circulation : novembre 2007, mise à jour septembre 2008
- Nombre de formateurs de médecins déjà formés : 17
- Nombre de professionnels de santé déjà formés : 130
Plusieurs approches soulignent les risques liés à l’hétérogénéité et à la complexité du système médical, avec de multiples acteurs professionnels, de multiples interfaces d’un professionnel à l’autre, y compris à l’intérieur des établissements, sans oublier le chemin propre de chaque patient.
Le suivi de grossesse est un exemple presque caricatural de cette complexité. Le nombre d’acteurs impliqués est très élevé : généraliste, gynécologue de ville, sage-femme, obstétricien, sans oublier les échographistes, biologistes et autres professions de santé ponctuellement sollicités. Depuis peu, le déploiement des réseaux de périnatalité tente de répondre à cette complexité en la coordonnant mieux.
Une analyse systémique centrée sur le risque périnatal révèle quatre modalités principales de défaillance :
- L’influence des « sachants » : les généralistes, surtout quand ils interviennent de façon ponctuelle dans la grossesse pour des pathologies intercurrentes, sont les plus vulnérables à cet effet, mais tous les professionnels de santé peuvent en être aussi victimes ; ils se rassurent trop facilement des dits et non-dits de celui réputé en savoir plus qu’eux sur le domaine ; l’attribution floue du suivi entre professionnels crée une fausse sécurité quand un professionnel du domaine (clinique, obstétricien) est consulté mais sans vraiment prendre en charge la grossesse. Ceci est typique du généraliste qui envoie sa patiente régulièrement pour échographie chez un gynécologue-obstétricien, tout en la revoyant dans les visites intermédiaires. Qui est vraiment en charge des risques et des dépistages oubliés ?
- La transmission d’une information avec une phraséologie non professionnelle : malgré les améliorations récentes par les guides parus, la phraséologie dans les dossiers et sur les examens complémentaires reste parfois peu professionnelle, avec une ambiguïté qui ménage la lecture du résultat par la patiente. Ce risque reste très significatif surtout dans le cadre d’un dossier partagé emporté par la patiente.
- Le danger de l’informatique et des erreurs d’aiguillage menace plus particulièrement les laboratoires, en multipliant les risques d’erreurs d’adressage du fait des contraintes propres de saisie et de format de l’informatique. La surcharge des professionnels de santé fait le reste, en ignorant les courriers arrivés par erreur.
- Enfin, les patientes socialement fragiles sont un facteur aggravant notable ; ces femmes présentent plus souvent des co-morbidités aggravantes pour la grossesse (surcharge pondérale notamment). La fragilité sociale s’associe aussi à un plus grand nomadisme et à une incidence plus critique des avances financières et des déplacements à réaliser. Une attention particulière doit leur être portée sur le dossier partagé et les aides diverses pour éviter les sur-risques associés.
Le cours, développé sous l’égide de La Prévention Médicale, d’une durée de deux heures, réalisé sur un support DVD, reprend ces thèmes en s’inspirant des techniques déjà rôdées de formations CRM de l’aéronautique (Crew-Resources Management). Conçu comme un produit interactif, il s’adresse à un petit groupe de professionnels gynécologues, généralistes de ville et sages-femmes (20 maximum) qui vont progresser dans les concepts et les bonnes pratiques en s’appuyant sur des mises en situation à base de films et de cas exemples. Les thèmes abordés concernent les différents pièges du suivi de grossesse, la communication dans les réseaux entre professionnels, les niveaux de confiance mutuels et la gestion des patientes difficiles.
Le cours est animé par un facilitateur plutôt qu’un professeur. Il amène les participants à une prise de conscience sur les thèmes retenus et à la mise en commun d’une expérience forcément riche d’exemples personnels. Des recommandations, souvent très simples à mettre en œuvre, clôturent chaque thème. Ce cours est reconnu par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) comme outil de formation médicale continue.
- Mieux maîtriser les risques systémiques liés au piège du système médical dans le suivi de grossesse. Partagez son expérience et ses habitudes de protection avec d’autres professionnels sur la gestion de plusieurs types de risques habituels mais non enseignés à l’université (répondre au téléphone, suivre les examens des patients, gérer les cas conflictuels , etc…).
- Découvrez la gestion des risques habituels mais non enseignés à l’université : quelques quiz sur vos habitudes…
- Connaître les chiffres du risque dans le suivi de grossesse
- Travailler en réseau, qui fait quoi dans le suivi des grossesses en France
- Etude de cas cliniques :
Quatre types de coordinations déficientes dans les réseaux de périnatalité (suivi des examens médicaux prescrits aux patientes, compte rendu des examens, qui a la responsabilité de la grossesse…).
Le risque lié aux patientes étrangères, maîtrisant mal la langue, ou en difficultés sociales
Le risque lié aux informations données par téléphone
Le risque lié aux patientes nomades
Le risque lié au ‘plus sachant’ dans la reconsidération des diagnostics ou la prise en charge ‘forcée’ de patientes lourdes.
- Conclusion, leçons pratiques retenues
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