Grand Prix 2023 de la Prévention Médicale : Dr Laurence Heyer pour la mise en place du PAAM

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Grand Prix 2023 de la Prévention Médicale : Dr Laurence Heyer pour la mise en place du PAAM

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Le Dr Laurence Heyer remporte le deuxième prix pour la mise en place du "Patient en Auto-Administration de ses Médicaments" lancé au Centre de Réadaptation de Mulhouse, destiné à rendre le patient autonome dans sa prise de médicaments durant son séjour à l’hôpital. 

Auteur : La Prévention Médicale / MAJ : 15/12/2023
Dr Moll, Pr Amalberti, Dr Heyer

 

À propos de la lauréate du 2e Prix de la Prévention Médicale 

Le Dr Laurence Heyer est pharmacien gérant au Centre de Réadaptation de Mulhouse (CRM) depuis 2 ans. 

Son parcours : 

  • Doctorat en pharmacie - Université de Strasbourg  
  • Pharmacien adjoint en officine jusqu’en 2011 
  • Pharmacien gérant au Pôle de Gérontologie Saint-Damien jusqu’en 2021
  • Titulaire d’un DU d’antibiothérapie en 2015 
  • Formation en Education Thérapeutique du Patient 
Grand Prix de la Prévention Médicale 2023

Dr Heyer, qu’est-ce qui vous a motivée à développer cette initiative ? 

Le CRM de Mulhouse est un établissement de rééducation, de soins et de formation professionnelle dont l’origine remonte à 1946. Sa mission est d’accompagner les personnes présentant un handicap ou une fragilité à retrouver une autonomie et préparer leur réinsertion sociale et professionnelle. 

Nous avons souhaité nous inscrire dans la continuité de cette mission, en proposant aux patients d’être acteurs de leur traitement, en complément des soins de rééducation dont ils bénéficient. Le projet PAAM a une vocation centrale : remettre le patient au centre de son traitement par la sensibilisation, le partage de connaissances et la prévention.

Concrètement, comment cette autonomisation est-elle proposée aux patients ? 

Au cours de son hospitalisation, le patient est accompagné, supervisé et évalué par une équipe pluridisciplinaire : un médecin, un infirmer et un pharmacien. 

Le côté innovant de notre démarche est l’organisation de rencontres "professionnalisées" entre le patient et cette équipe pluridisciplinaire qui lui propose d’envisager l’auto-administration complète de son traitement au cours de son séjour à l’hôpital. 

Lors de ces rencontres, l’équipe évalue l’état clinique du patient et les facteurs de risque ainsi que ses compétences et ses habitudes de gestion de son traitement à domicile. La décision d’inclure le patient dans le PAAM revient à cette équipe. 

Le PAAM, c’est un pacte d’engagement entre le patient et l’équipe dont l’objectif est de permettre au patient d’avoir une vision globale de son parcours de soins médicamenteux : mieux comprendre l’utilité de ses médicaments, améliorer sa connaissance du traitement médicamenteux et son observance thérapeutique (fonction, quantité, durée du traitement, risques…) savoir le préparer lui-même et ainsi renforcer son adhésion au traitement.

Le patient n’est plus passif dans le cadre de son traitement mais pleinement inclus au sein même du processus de sa mise en place.  

Bien entendu, à tout moment et en fonction de son état, le pacte peut prendre fin soit à la demande du patient après en avoir parlé avec l’équipe soignante, soit à l’initiative de l’équipe à la suite des réévaluations sur la gestion des médicaments. 

Comment le PAAM est-il mis en œuvre ?  

Le PAAM est mis en œuvre selon un protocole précis prévoyant une autonomisation progressive du patient.

De retour à domicile, il n’aura pas nécessairement besoin de faire appel aux services infirmiers pour la prise de ses médicaments.

Son autonomie s’en trouve renforcée puisqu’il est mieux informé et davantage conscient de l’impact de son traitement et moins dépendant de services infirmiers à domicile. 

Quels sont les bénéfices attendus ? 

Au-delà de l’autonomisation des patients, le projet a également une visée préventive : le patient est sensibilisé aux risques liés à son traitement tels que le surdosage, le non-respect de la durée du traitement ou encore les effets secondaires possibles. Un patient bien informé, c’est un patient qui prend conscience de l’impact de son traitement et est mieux armé pour éviter certains comportements risqués.  

Nous visons également l’optimisation du temps de travail des infirmiers. L’autonomisation des patients devrait permettre aux infirmiers de réduire leurs passages liés à l’administration des médicaments. Ce gain de temps permettra aux soignants de se consacrer à d’autres missions, ou de passer plus de temps avec les patients en ayant le plus besoin.  

Quels sont les patients concernés ? Combien sont-ils ? 

Ce sont tous les patients du RF2 (Unité qui accueille des patients porteurs d’affections touchant l’appareil locomoteur et/ou atteints d’une maladie de Parkinson) qui ont bénéficié d’une conciliation médicamenteuse et qui souhaitent continuer à gérer tout ou partie de leurs médicaments (à l’exclusion des stupéfiants, des médicaments se conservant au réfrigérateur) tout en étant hospitalisés. 

Le projet PAAM peut-il être reproduit au sein d’autres établissements ? 

Tout à fait. Le projet PAAM est un protocole détaillé en plusieurs étapes qui peut être reproduit dans d’autres structures.  

Ce protocole comprend notamment (liste non-exhaustive) :  

  • Le recueil du souhait du patient : le patient doit en effet être informé et volontaire.
  • L’évaluation des facteurs de risque par le médecin (évaluation cognitive, comportementale, sociale, émotionnelle).
  • L’entretien pharmaceutique réalisé par le pharmacien.
  • La décision de l’équipe pluridisciplinaire d’inclure le patient dans le PAAM.
     

Le projet prévoit ainsi les différents outils standardisés d’accompagnement, parmi lesquels :  

"La HAS fait la promotion du "patient partenaire de ses soins". Par ailleurs, le médicament est impliqué dans de très nombreux évènements indésirables graves associés aux soins. Eduquer le patient sur l’auto-administration de son traitement est indispensable pour faire de lui un acteur responsable capable de porter un regard-critique sur sa prise en charge et apte à identifier certaines situations à risques quand elles surviennent" souligne Marie-Christine Moll, Directrice scientifique de la Prévention Médicale

 

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