Communication défaillante entre dentiste et chirurgien

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  • dentistes et chirurgiens

Pose de prothèses immédiates par un dentiste après avulsions multiples par un chirurgien...

  • Chirurgien-dentiste
Auteur : Dr Hélèna DEHARVENGT, chirurgien-dentiste conseil / MAJ : 24/08/2017

Cas clinique

  • Patient de 51 ans qui présente des parodontopathies terminales (touchant les tissus de soutien des dents) avec de nombreuses dents cariées ou à l'état de racines.
  • En début d’année, il est prévu d’extraire toutes les dents (maxillaires et mandibulaires) à l’exception des canines mandibulaires (dents 33 et 43) qui doivent être conservées provisoirement pour faciliter l’intégration d’une prothèse adjointe partielle. Le chirurgien-dentiste adresse le patient à un confrère pour les extractions.
  • Le 8 mars il demande par mail la suppression des surplombs osseux linguaux (tori) en regard des prémolaires gauche et droite, pour permettre l’insertion d’une prothèse adjointe partielle.
  • Le dentiste délivre au patient un modèle mandibulaire et un guide chirurgical maxillaire à remettre au chirurgien pour guider le geste chirurgical. Pour s’assurer que le destinataire a pris connaissance des instructions, le dentiste demande une réponse au mail adressé.
  • Le chirurgien s’exécute et répond : « l’intervention prévoit une ablation totale des dents du haut. Les 33 et 34 seront laissées. Meulage des tori mandibulaires. »
  • Le dentiste s’aperçoit de l’erreur et reprécise les prescriptions et demande à ce que les dents 43 et 33 soient conservées.
  • Le chirurgien corrige l’erreur et confirme par mail : « Suite à une petite erreur de frappe sur le dernier mail. Toujours pour répondre à votre dernier courrier concernant Monsieur XXX, pour que tout soit précis nous confirmons :
    - avulsion totale des dents maxillaires
    - à l'arcade mandibulaire on conservera uniquement les dents 33 et 43 (la 34 sera bien retirée)
    - un meulage des tori mandibulaires sera effectué.
  • L’intervention est réalisée le 17 mars. Les suites sont marquées d’importantes douleurs et de malaises. Le patient n’étant pas en mesure de sortir, il reste hospitalisé jusqu’au 18 mars.
  • Les prothèses provisoires sont mises en place 2 jours après. Le patient relate des suites douloureuses et des blessures prothétiques.
  • Le dentiste réalise des modifications de la prothèse pour soulager les blessures et constate que les tori mandibulaires n’ont pas diminué de volume. Il demande au chirurgien les motifs pour lesquels le guide chirurgical maxillaire n’a pas été utilisé et la raison pour laquelle aucune réduction mandibulaire n’a été réalisée.
  • En réponse le chirurgien conteste l’intérêt du guide chirurgical, et mentionne un problème technique lors la mise en place de la prothèse mandibulaire qui ne passait pas les canines et la nécessité d’une retouche prothétique.
  • Le 17 mai, le dentiste commence la réalisation des prothèses d’usage. Les prothèses sont posées le 22 juin. Le patient est revu pour diverses corrections prothétiques jusqu’à la fermeture du cabinet au mois d’août pour congés annuels. Pendant la période de fermeture, le patient modifie lui-même la prothèse avec du papier de verre.
  • A son retour, le praticien constate une importante diminution des bords prothétiques et propose un rebasage (l'adjonction de résine afin de remouler l'intrados des prothèses).
  • Le patient ne retiendra pas cette solution, il consultera sur les conseils d'un ami un autre praticien qui ne prendra pas le temps de contacter ses confrères. Ce thérapeute procédera à la réalisation de 2 nouvelles prothèses, la rétention de la prothèse mandibulaire étant assurée au moyen de 2 attachements type bouton pression scellés dans les racines de 33 et 43.
  • Le patient dit devoir utiliser de la colle prothétique et déclare être satisfait des réalisations prothétiques.
  • Le patient reproche au premier dentiste la réalisation de prothèses inadaptées lui ayant causé de multiples blessures.

Analyse

Ce matériel est réservé à un usage privé ou d'enseignement. Il reste la propriété de la Prévention Médicale, et ne peut en aucun cas faire l'objet d'une transaction commerciale.

Télécharger l'exercice (pdf - 28.46 Ko)

Télécharger l'analyse des barrières de prévention (pdf - 125.27 Ko)

Expertise

Conclusion de l’expertise :

Expertise amiable contradictoire mettant en cause uniquement le dentiste ayant réalisé les prothèses.
Les experts mentionnent l’absence de manquements concernant ce praticien.

Références Bibliographiques

1. Hascoet, E., et al., Tori et exostoses multiples : présentation d’un cas et revue de la littérature. Med Buccale Chir Buccale, 2015. 21(1): p. 19-24.

2. Tamba, B., et al., Exostoses buccales : revue de la littérature. Med Buccale Chir Buccale, 2012. 18(2): p. 129-141.
3. Regragui, A., et al., Hypertrophie osseuse buccale chez l’édenté complet : une fatalité à contourner ! Actual. Odonto-Stomatol., 2016(275): p. 2.
4. HAS, POSE D’UNE PROTHESE AMOVIBLE DE TRANSITION COMPLETE UNIMAXILLAIRE A PLAQUE BASE RESINE, 2006.

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