Non diagnostic d'une torsion du cordon spermatique

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Non diagnostic d'une torsion du cordon spermatique - Cas clinique

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Homme âgé de 22 ans, réveillé brutalement à 7h45 par une douleur violente du testicule gauche irradiant vers la région inguinale.

Un diagnostic qui va s’avérer bien difficile à faire…

  • Médecin
Auteur : La Prévention Médicale / MAJ : 12/05/2016

Cas clinique

  • Patient âgé de 22 ans, réveillé brutalement à 07:45 par une douleur violente du testicule gauche irradiant vers la région inguinale.  
  • Appel dans les 15 minutes à une société d’urgences médicales.  
  • Le médecin arrive moins d’une heure après le début de la symptomatologie. Diagnostic de colique néphrétique en raison d’une percussion lombaire douloureuse et en l’absence d’autres anomalies (notamment des bourses). Injection de Profénid ® et prescription d’une échographie abdominale à faire 3 jours plus tard.  
  • Persistance des douleurs pendant toute la journée, obligeant le patient à rester allongé.  
  • Le lendemain (samedi) en soirée, soit 36 heures après les premiers symptômes, le patient se décide de se rendre aux urgences d’une clinique où le médecin de garde évoque le diagnostic de torsion du cordon spermatique mais, après examen du testicule gauche très douloureux, retient celui d’épididymite. Prescription d’anti-inflammatoire, d’antalgique et d’antibiotique en conseillant de revenir consulter si les douleurs persistent et de toute manière de prendre contact le lundi matin avec l’urologue de la clinique.  
  • Diminution des douleurs après prise du traitement mais le patient reste allongé tout le dimanche. Il est incapable de reprendre son travail le lundi.  
  • Le lundi matin, il contacte par téléphone la clinique. Il obtient un rendez-vous avec l’urologue pour dans 10 jours.  
  • Lors de ce rendez-vous, diagnostic de nécrose testiculaire confirmée échographiquement. Intervention d’urgence dans l’après-midi sous anesthésie locale. Orchidectomie avec mise en place d’une prothèse et fixation du testicule controlatéral.
Non-diagnostic d'une péritonite aux urgences (patiente mise sous analgésie morphinique)

En savoir plus sur les erreurs de diagnostic

Analyse

Ce matériel est réservé à un usage privé ou d’enseignement. Il  reste la propriété de la Prévention Médicale, et ne peut en aucun cas faire l’objet d’une transaction commerciale.

Télécharger l'exercice (pdf - 28.46 Ko)
Retrouver l'analyse des barrières de prévention (pdf - 293.46 Ko)

Jugement

Pour l’expert, dans le cas de douleurs aiguës testiculaires, en particulier chez un homme jeune, les règles de l’art, les données acquises et actuelles de la science et la pratique de la médecine imposaient d’évoquer le diagnostic de torsion du cordon spermatique, afin de pratiquer une intervention chirurgicale très tôt après le début de l’affection, avant que les lésions d’ischémie ne soient irréversibles. Ces règles n’avaient été suivies ni par le médecin de garde, ni par l’urgentiste de la clinique. Les manquements commis par le premier d’entre eux avaient un lien direct et certain de causalité avec le dommage subi par le patient. En revanche, le lien avec les manquements commis par l’urgentiste n’était pas certain car lorsque ce praticien était intervenu, 36 heures après le début de l’affection, les lésions de nécrose testiculaire étaient probablement déjà irréversibles. Se fondant sur le rapport d’expertise, les magistrats .retenaient la seule responsabilité du médecinde garde et le condamnaient à réparer intégralement les conséquences dommageables de l’erreurde diagnostic qu’il avait commise.

Indemnisation de 22 555 €.

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