Insuffisance surrénalienne mortelle chez un chien boxer

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Insuffisance surrénalienne mortelle chez un chien boxer suite à la mauvaise conduite du traitement de maladie de Cushing

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Un chien Boxer mâle de 12 ans est amené à la consultation pour polyuro-polydipsie. Le praticien réalise les examens ad hoc et diagnostique un hypercorticisme (maladie de Cushing).

  • Vétérinaire
Auteur : Dr Vre Michel BAUSSIER / MAJ : 30/04/2019

Cas clinique

Le praticien, habitué depuis des années à traiter ces cas par le médicament à usage humain MITOTANE®, pendant longtemps seul disponible en médecine canine et réglementairement utilisable en application de la règle légale dite de la « cascade », a prescrit pour la première fois le médicament vétérinaire nouvellement autorisé à base de trilostane®, seul désormais utilisable en médecine vétérinaire et qui lui avait été présenté par le visiteur médical comme plus sûr et plus facile à utiliser.

Ne se départant pas de ses habitudes de traitement et n’ayant fait qu’une lecture rapide de la notice, le praticien fait administrer le médicament en trois prises par jour au lieu d’une, il ne tient pas compte des précautions particulières d’emploi, des risques de surdosage, des nécessités d’un suivi biologique très rigoureux.

Un premier contrôle sanguin avait cependant été effectué au bout de trois semaines de traitement : le bilan était amélioré mais insuffisamment. Le rythme du traitement a été maintenu.

Le maître du chien, inconscient de la gravité de l’affection dont est atteint son chien, somme toute déjà âgé, continue à l’emmener marcher avec lui en montagne, en période caniculaire ; il ne respecte pas la discipline de prise de rendez-vous avec son vétérinaire, se contentant de passer donner des nouvelles furtivement à l’improviste et le plus souvent à l’heure de fermeture de l’établissement de soins…

Le chien maigrit, devient anorexique et très fatigué, il est ramené, hospitalisé brièvement, réhydraté…puis à nouveau amené en balades à travers la France.

C’est ainsi qu’il se retrouve successivement hospitalisé dans une clinique vétérinaire de l’est de la France puis dans une autre au sud-est. Dans ces deux établissements, un diagnostic d’insuffisance surrénalienne couplée à une grave atteinte hépatique est établi et un pronostic sombre est annoncé. La mort survient après quelques semaines de traitement de l’hypercorticisme.

L’événement indésirable grave consiste en la mort de ce chien des suites du traitement de son hypercorticisme, transformé en hypocorticisme.

Propositions d'actions préventives

  • Prescrire un nouveau médicament implique de bien le connaître, d’examiner attentivement son RCP et de le respecter.
  • Il faut savoir faire partager le diagnostic et sa gravité au maître de l’animal pour une vraie alliance thérapeutique.
  • Il faut savoir imposer un rythme de suivi de traitement à son client, non de façon autoritaire mais dans l’esprit d’une médecine partenariale.
  • Il faut informer par oral et par écrit. Encore faut-il au préalable s’être soi-même bien informé.

Référence: http://www.ircp.anmv.anses.fr/rcp.aspx?NomMedicament=VETORYL+30+MG+GELULE


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