MOEBIUS : Une évaluation globale pour maîtriser les risques de l’acte opératoire

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MOEBIUS : Une évaluation globale pour maîtriser les risques de l’acte opératoire

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MOEBIUS (Medical Opimization for Efficiency and Better Imrovement in Usual Surgery) développe un logiciel de maîtrise du parcours de soin. Il propose d’augmenter la valeur ajoutée de votre consultation pré-anesthésique pour homogénéiser, sécuriser et améliorer la prise en charge de votre patient et le rendre acteur de son parcours. Explications.

  • Médecin
Auteur : Bruno Frattini, Expert en Prévention des risques / MAJ : 26/06/2018

L’intelligence artificielle, c’est quoi ?

L’intelligence artificielle faible (IAF) est le type d’intelligence que l’on commence à rencontrer dans de nombreux domaines, pour notre vie professionnelle mais également pour nos activités de vie privée. Nous pouvons citer comme exemple la reconnaissance vocale (SIRI sur nos smartphones), la domotique, et autres applications logicielles pour smartphone qui donnent l’impression qu’elles sont intelligentes.

En apparence seulement. En fait, c’est un programme qui en fonction de paramètres donnés effectue une tâche de manière logique. Et aujourd’hui, cette IAF arrive à battre des champions d’échecs, à trouver des pages web de manière assez précise, de diagnostiquer une maladie 42% plus juste qu’un médecin ; elle peut même conduire… des voitures !!
Il s’agit donc d’intelligence humaine reconstituée.

Quelle application possible en santé ? Un exemple en anesthésie

Dans le cadre des missions de prévention des risques qui nous sont confiées, nous avons pu rencontrer une équipe d’anesthésistes qui a développé une application, innovante à nos yeux.

Comme souvent lors du choix des solutions logicielles de gestion des données médicales, ce groupe de professionnels n’a pas été séduit par le progiciel métier proposé par l’éditeur du Dossier Patient Informatisé (DPI) qui a été déployé au sein de leur établissement de santé.

Ils ont alors élaboré leur solution logicielle. Autodidactes en système d’information, ils ont retroussé leur manche et ont construit un outil d’aide à la décision pour les patients pris en charge dans le cadre du processus « acte chirurgical ».

Ce logiciel a été développé à partir d’une prise en charge patient, autour du patient, pour le patient. Avec un seul objectif : améliorer la qualité et la sécurité du malade opéré.

Depuis longtemps dans cet établissement, les anesthésistes étaient leader dans la gestion du parcours patient, consistant en un travail de coordination des impératifs de prise en charge de tous : chirurgiens, endoscopistes, anesthésistes…

Dans cette continuité, ils ont imaginé un outil informatique, intégrateur de toutes les données patients en les structurant de manière dynamique, avec plusieurs objectifs simples :
- qu’il n’y ait pas de données collectées lors de la consultation pré anesthésique (CPA) inutilisables,
- que cet outil ne soit pas un usine à gaz chronophage (la consultation ne devant pas dépasser 15mn),
- que cet outil permette d’améliorer les prises en charge
- que cet outil permette la mobilisation des moyens thérapeutiques adaptés au patient,
- que cet outil permette de diminuer les complications.

En résumé : construire un parcours de soins adaptés au patient, c’est-à-dire déterminer un protocole individualisé.

La méthode de travail retenue :

- faire un état de la littérature sur la thématique à explorer
- chercher ou construire un score de risque
- créer un algorithme informatique qui sera intégré dans la base de données,
- alimenter cette base avec les informations patients collectées en CPA, partant du postulat que plus on sera exhaustif dans ce recueil, plus on aura des informations, plus on pourra affiner le score, ce score correspondant à un risque.
- établir un score de risque qui conditionnera une série d’actes de soins préventifs, protocolisable, permettant une aide à la décision.

En pratique

La réalisation de cette CPA commence par l’accueil du patient par la secrétaire du service. Cette dernière incrémente la base de données du progiciel avec des données administratives, puis valide avec le patient l’intervention chirurgicale ou l’examen invasif proposé par le praticien, renseigne quelques données médicales comme le poids, la taille…

Ces données permettent à la base de construire un questionnaire dit « d’anesthésie » adapté à l’acte opératoire qui sera réalisé. Ce questionnaire est rempli par le malade sur une tablette informatique, les réponses apportées incrémentant une nouvelle fois le progiciel en direct.

Puis le patient est vu en consultation par l’anesthésiste, qui va également saisir les données médicales de son examen clinique et les éléments paracliniques mesurés.

Le progiciel va alors passer au crible l’ensemble des éléments relevés et proposer une cartographie de risques en tenant compte des antécédents du patient, des impacts de l’acte opératoire et de la technique d’anesthésie retenue. Cette cartographie va alors être affichée sur grand écran (cf. partie supérieure de la photo ci-dessous).

Le patient va alors visualiser son profil de risques ; 3 couleurs permettent de les graduer :
- vert : pour les risques minimes
- jaune : pour les risques modérés,
- orange : pour les risques importants.

Sur son écran, le médecin visualise les mêmes risques, et peut ouvrir une fenêtre d’aide à la décision en proposant les examens complémentaires à réaliser, les soins préventifs et curatifs à réaliser en pré et post-opératoire (cf. photo ci-dessous)

Ces actes de soins sont passés en revue avec le malade, et c’est ce dernier qui donne son accord sur les stratégies envisagées. Cette démarche présente plusieurs avantages :

- un inventaire exhaustif des risques auxquels sera exposé le patient,
- une meilleure compréhension de ces derniers et si nécessaire des informations complémentaires peuvent être données,
- une approche participative pour le patient qui devient acteur de sa prise en charge,
- une planification des soins préventifs proposés permettant de minimiser les impacts de l’acte opératoire,
- une programmation exhaustive des soins curatifs permettant de répondre au mieux au concept de la Récupération Rapide Après Chirurgie (RRAC).

A l’issue de cette CPA, le patient repart avec une série d’ordonnances pour préparer le pré et le post opératoire, un dossier précisant les consignes à suivre avant l’acte opératoire et une « Time Line », frise chronologique pour les repères temporels.

Pour plus de renseignements : https://moebiusanesthesia.com/

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