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Accréditation et recertification des médecins : détection des médecins à risque

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2012 - Interrogation sur la pertinence du programme volontaire de maintien des compétences

29/04/2016

Iglehart J., Baron R., Ensuring Physicians’ competence. Is maintenance of certification the answer ? New Engl j Med 367; december 27, 2012
2012-NEJM-Iglehart

Résumé

Interrogation sur la pertinence du programme volontaire de maintien des compétences (maintenance of certification -MOC) sponsorisé par l’American Board of Medical Specialties (ABMS) initié en 2000, et qui prévoit sur un cycle de 10 ans une réévaluation en 4 parties de la compétence: La partie 1 vérifie la licence d’exercice, la partie 2 atteste de l’engagement actif du médecin dans des programmes de maintien des compétences organisés par son collège, la partie 3 est appelée expertise cognitive, et vérifie les savoir faire dans la relation médecin malade et dans les relations professionnelles à partir de mises en situation et de jeux de rôle ; la partie 4 correspond à une évaluation des connaissances professionnelles au sens classique à partir de vignettes de cas cliniques où les médecins engagés doivent démontrer qu’ils connaissent les recommandations professionnelles de leurs spécialités.
Aujourd’hui de l’ordre de 375,000 médecins engagés dans un programme de spécialités (24 spécialités).
Même si le nombre d’engagés à augmenter en flux de presque 50,000 par an, les critiques se sont faites de plus en plus fortes sur le coût et le temps à consacrer à ce type de programme, et même sur la forme (test des connaissances sans accès internet, ce qui est stupide aujourd’hui)
L’article explique comment s’est construit au fil des ans la philosophie de l’ABMS, sa volonté de s’appuyer sur des séniors, le sérieux des programmes de recertifications construits en lien avec l’ACGME (organisme équivalent à notre conférence des doyens pour l’établissement des programmes des facs de médecine). Selon l’auteur, ces programmes MOC sont dynamiques et ne demandent qu’à être actualisés, mais ils ne sont pas obsolètes ni séparés du cœur des changements actuels, tout le contraire. La bascule dans medicare / medicaid s’est même accompagnée d’une incitation financière gouvernementale aux médecins à s’engager dans le MOC
Mais les opposants sont actifs, avec des médecins et groupes de pression qui voudraient que le maintien des compétences soit bien moins formel, se limitant à documenter des participations à des congrès et des activités personnelles (un MOL, Maintenance of licensure) ; ils sont soutenus par le FSMB (Federation of state medical boards).
Les deux opinions sont maintenant entrées dans un conflit assez ouvert qui attend les arbitrages de l’état. L’auteur nous rappelle en conclusion les propos du nouveau président bien connu du collège de médecine interne (Robert Watcher, ancien JCAHO) qui s’est pas mal impliqué dans le MOC, et qui prédit que toute fin du MOC (qui viendrait à être remplacé par des modalités plus molles) aurait pour sanction à assez court terme l’arrivée d’une directive d’état imposant plus que le MOC actuel

Mon avis

C’est  où cette étude ? Aux USA ou en France ? C’est tellement comme en France avec notre accréditation et notre DPC que cela en devient risible, mais bien instructif. Pour mémoire, c’est bien  les médecins qui l’ont emporté aux US et gagné la guerre, vidant de toute substance le modèle assez contraignant de recertification que les décrets de départs avaient envisagé.