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Accréditation et recertification des médecins : détection des médecins à risque

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2011 - Le rôle des scandales dans l'auto régulation de la profession médicale

29/04/2016

Dixon-Woods, M., Yeung K., Bosk C. , Why is UK medicine no longer a self-regulating profession? The role of scandals involving “bad apple” doctors, Social Science & Medicine  Soc Sci Med. 2011 Nov;73(10):1452-9.

Résumé

Le General Medical Council (GMC) a été introduit au Royaume Uni en 1858 par la loi, avec la mission de réguler le ‘contrat social’ médical existant de fait entre l’état, les citoyens et les professionnels du secteur médical. La loi donnait une capacité totale d’auto-contrôle à la profession médicale pour ce faire, capacité assumée largement à travers son Ordre (le GMC). Depuis, les critiques n’ont pas manqué, y compris envers la capacité du GMC à décider tout seul de toute autorisation de compétence (credentialing) et de licence aux médecins, un pouvoir souvent jugé par la presse comme un système de privilège et d’arrangement corporatif.
Le problème est que l’Etat a toujours eu pour attente première une protection des patients, et il a eu trop souvent l’impression que le GMC protégeait d’abord ses professionnels.
Bien sûr le système est asymétrique entre sachant et client, et la confiance dans le contrôle des compétences a toujours été un point essentiel d’interaction, le professionnel certifié (par le GMC) devant vraiment être à la hauteur des attentes du public.
Dans ce mécanisme de contrat de confiance confié par l’état au GMC, quatre promesses sur la relation médecin/patient ont été largement avancées par le GMC: (1) l’intérêt du public et de la profession médicale sont forcément synergiques et convergents, (2) le savoir médical est si complexe, que le patient … et la société ne peuvent le juger ; cela ne peut être qu’un jugement de pairs, (3) tous les médecins ont forcément un dévouement et des valeurs inhérentes à leur profession, (4) et les médecins (les pairs) ne laissent pas continuer à travailler – à cause des valeurs précédentes- quiconque parmi eux qui ne partage pas ces compétences ou l’éthique du travail.
Pendant 150 ans, le GMC a déployé ses privilèges, mais la confiance dans l’autorégulation de la profession s’est dégradé significativement avec l’accumulation des scandales depuis 1990 et surtout au début des années 2000, par exemple le cas du Dr shipman qui a tué plus de 240 patients sur plusieurs années sans réaction du GMC aux nombreux signaux remontés vers lui, celui du Dr Aylin accusé de viols répétés sur de longues périodes de temps, et bien d’autres encore.
Un super-régulateur externe à la profession a été introduit en 2003: the Council for Healthcare Regulatory Excellence. Le GMC a vu aussi changer en 2009 la composition de ses membres avec l’arrivée de non médecins, (nombre à parité entre médecins et non médecins- patient, juristes et autres représentations) ; Enfin, un grand nombre de procédures ont été étendues, ou carrément introduites, notamment pour mieux réagir aux plaintes des patients et forcer une réaction du système.
En 2011, l’auto régulation complète confiée au secteur médical par la loi de 1858 n’est plus qu’un souvenir, un échec du système anglais et de l’ordre des médecins.

Mon avis

Un très bon article sur le fond du fonctionnement des ordres de médecins et des limites de l'auto-régulation professionnelle.