Tout sur la gestion des risques médicaux
                et la sécurité du patient

Débats et chiffres sur l'amélioration globale de la sécurité

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Facebook
  • Twitter
  • Messages0
  • Imprimer la page

2008 - Est-ce que le système de santé se sécurise?

17/08/2015

Vincent C., Aylin P.? Francklin B., Holmes A., Jacklin A. Moorthy K. Is healthcare getting safer? BMJ 2008;337:a2426

Résumé

La sécurité du patient est affichée comme une priorité des agences et des gouvernements, au Royaume Uni et aux USA. Dans ces pays on a développé des systèmes de signalements nationaux, extrêmement ambitieux, nationaux, et on a multiplié des approches centrées Qualité et Sécurité des soins. Le National Health Service Anglais (NHS) a sélectionné il y a déjà 10 ans une série d’indicateurs pour mesurer l’effet sur les patients de toutes ces mesures. Le résultat est particulièrement décevant. Sept des neuf indicateurs retenus montrent une augmentation de risque. Seuls, la mortalité globale et les corps étrangers oubliés ont baissé. Les escarres, complications post opératoires, complications obstétricales, et infections ont augmenté. Une analyse plus détaillée montre également que le taux d’erreur à l’administration de médicaments ressort constant depuis 15 ans dans 14 études fiables réparties sur l’intervalle de temps, alors même qu’il s’agit d’une des grandes priorités d’action de la démarche Qualité qui a vu déployer des dizaines de stratégies et de recommandations. Fort de ce paradoxe, les auteurs suggèrent trois mécanismes explicatifs : (a) un biais de révélation, sans doute réel, même s’il ne peut pas rendre compte de tous les chiffres : les professionnels signalent plus leurs complications qu’il y a 10 ans ; (b) plus important, le déficit chronique d’évaluation des effets réels sur le patient à l’échelon de la nation (on privilégie trop les recommandations sur les processus sans vérifier leur impact), et (c) plus grave encore, l’absence quasi-totale d’évaluation continue du niveau de risque spécifique et des actions entreprises pour le réduire dans les services médicaux et chirurgicaux. Les auteurs recommandent deux virages clés en conclusion : (a) mieux centrer la politique de sécurité sur le résultat (‘l’outcome’) plutôt que sur le processus (‘le process’), et (b) modifier notre philosophie de système de signalement pour les diriger vers des cibles pertinentes, au lieu de les garder généralistes (et peu performants). Déterminer et suivre ces cibles dans des tableaux de bords propres aux établissements et aux services (particulariser l’approche).

Mon avis

Un article de référence pour poser les questions sur l’absence d’amélioration des chiffres de la sécurité du patient malgré les efforts consentis au RU.