Tout sur la gestion des risques médicaux
                et la sécurité du patient

Déviances, violations, non suivi des protocoles

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Facebook
  • Twitter
  • Messages0
  • Imprimer la page

2008 - Pourquoi les médecins ne suivent pas les recommandations

13/08/2015

Francke AL., Smit M., de Veer A., Mistaen P., Factors influencing the implementation of clinical guidelines for health care professionals: A systematic meta-review , BMC Medical Informatics and Decision Making 2008, 8:38

Résumé

Le suivi par le corps médical des recommandations de bonnes pratiques reste très faible, situé entre 21 et 67% dans la littérature. Souvent le simple arrêt de la campagne spécifique pour une recommandation (qui n’en supprime pas l’existence) fait chuter brutalement le suivi de la recommandation. L’article présente une analyse approfondie de 885 articles sélectionnés sur Pubmed /Medline portant sur les raisons de cette faible observance (dont 12 revues de questions déjà étendues sur le sujet).
Le premier facteur limitant le suivi des recommandations est la complexité de la recommandation. Les recommandations peu faciles à comprendre, ou réclamant des ressources supplémentaires, sont les moins suivies.
Le second facteur reste la démonstration de l’utilité de la recommandation pour le patient. Les recommandations dont on ne pressent pas l’impact sur le patient sont peu suivies.
Troisième facteur : les recommandations développées par le groupe qui aura à les appliquer ont plus de chance d’être suivies que celles réalisées par des instances anonymes. De même les recommandations ancrées dans la pratique de tous les jours, prenant en compte les difficultés ressenties sur le terrain ont plus de chance d’être suivies que des recommandations théoriques.
Le fait aussi d’avoir des interventions multi facettes couvrant toute une prise en charge semble aboutir à des recommandations également plus suivies que des multitudes de recommandations ponctuelles.
Enfin, point récurrent dans le suivi des recommandations, l’information des professionnels est déficiente. Il ne suffit pas de publier la recommandation, de la mettre sur un site Web, voire de l’envoyer aux professionnels pour qu’elle soit lue et comprise. Même avec toutes ces précautions, dans beaucoup de cas, les professionnels ne sont pas au courant qu’elles existent, ou n’en ont pas compris le contenu, ce qui en rend évidemment l’application erratique. Le portage par l’explication orale à travers la formation continue peut contourner cette barrière.

Mon avis

Article récent faisant le point de la littérature sur le sujet.