Tout sur la gestion des risques médicaux
                et la sécurité du patient

Financement de la santé, Politiques d'amélioration de la Qualité-Sécurité, idées et directions générales

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2013 - Les 10 stratégies top pour améliorer la sécurité, revue de question

19/08/2015

Shekelle P., Pronovost P., Watcher R., McDonald K., Schoelles K., Dy Sydney, Shojana K., Reston J., Adams A. et al The Top Patient Safety Strategies That Can Be Encouraged for Adoption Now, Ann Intern Med. 2013;158:365-368.

Résumé

Un article bilan qui explique comment l’équipe en charge de ce travail commandité par l’AHRQ a travaillé : en partant de toutes les publications, en les réunissant sous 18 thèmes possibles d’interventions, et en retenant finalement 10 thèmes pour lesquels la littérature montre quelques préconisations qui méritent d’être transférées à grande échelle sur le terrain.

Préconisations fortement encouragées:

•    Check-list au bloc, et dans la prise en charge pré et post chirurgicale
•    Interventions multi-facettes avec check-list pour la prévention des infections sur cathéters centraux
•    Interventions sur la prévention des infections urinaires sur sonde groupant les alertes, les critères de retraits rapides et la formation des IDE à retirer
•    Interventions multi-facettes pour la prévention des infections sur sonde trachéale sous respiration assistée
•    Lavage des mains
•    L’évitement des abréviations
•    Interventions multi-facettes pour  la prévention des escarres
•    Interventions multi-facettes pour la réduction des infections
•    Utilisation d’écho pour le placement des lignes centrales
Préconisations simplement encouragées:

•    Interventions multi-facettes pour réduire les chutes
•    Interventions de pharmaciens pour réduire les EI médicamenteux
•    Obtention d’un consentement éclairé du patient
•    Une documentation claire sur les préférences du patient (nourriture, soins)
•    La réconciliation médicamenteuse
•    La réduction de l’exposition aux rayonnements ionisants
•    Les équipes d’interventions rapides
•    L’utilisation de méthodes de détection des EIG
•    L’aide informatique à la prescription
•    L’utilisation de la simulation

Mon avis

Quand on lit cette liste établie par les plus grands experts sur ce qui marche et  ne marche pas, on est surpris de voir que les effets les plus prouvés sont tous liés à des interventions coordonnées et multi-facettes, avec un maximum d’effets locaux notamment sur les infections, et guère plus. Le résultat est certes important, mais finalement c’est un petit succès dans l’univers gigantesque des possibles EIG. Dans le fond cela prouve qu’on peut gagner localement en y mettant le prix (intervention obligatoirement participative, installée dans la durée, coordonnée avec des modifications à la fois organisationnelles, techniques, et des formations dédiées), mais qu’on ne sait pas ou peu gagner globalement (le flux total d’EIG).

On est aussi surpris de ne pas voir apparaître dans la liste certains (célèbres) items comme les erreurs de coté, de patients (peu de preuve d’efficacité des stratégies), et de voir que les solutions informatiques hier considérées comme la panacée qui réduiraient tous les risques médicaux (dossiers informatisés, aides intelligentes), sont aujourd’hui avancées plus prudemment faute de grande preuve d’efficacité.