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Financement de la santé, Politiques d'amélioration de la Qualité-Sécurité, idées et directions générales

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2013 - Ratios de personnels et sécurité des soins

19/08/2015

Shekelle P. Nurse–Patient Ratios as a Patient Safety Strategy, A Systematic Review, Ann Intern Med. 2013;158:404-409.

Résumé

On peut imputer à un manque de soins une partie des patients qui décèdent à l’hôpital ou juste après leur sortie. Par exemple, dans une étude sur 232 342 patients chirurgies en Pennsylvanie, où 4535 patients sont décédés dans les 30 jours de leur hospitalisation, les auteurs considèrent qu’un doublement du nombre d’infirmières (de 8:1 à 4:1) aurait sauvé 1000 patients.
La revue porte sur 28 études, mais 2 sont réellement bien contrôlées. Les résultats les plus fiables viennent d’une seule étude longitudinale conduite de 2003 à 2006 dans le même CHU sur des patients équivalents (197 691 hospitalisations, 176696 vacations d’infirmières, 43 services hospitaliers), qui montrent qu’une meilleure adéquation du ratio de soignant évite entre 2 et 7% des décès, avec une corrélation entre les périodes de sous staffing répétés et l’augmentation de mortalité (Needleman J, Buerhaus P, Pankratz VS, Leibson CL, Stevens SR, Harris M. Nurse staffing and inpatient hospital mortality. N Engl J Med. 2011;364: 1037-45.)
La plupart des études ont été conduites en réanimation, en chirurgie, et en médecine, avec des ratios infirmiers variant de 3 :1 ou 4,4 :1 (nda : ratios supérieurs aux ratios français !). L’estimation de l’effet est souvent biaisé par le niveau général de qualité des soins de l’hôpital (variations dans aspects purement médicaux de la prise en charge), et par le fait que pas mal d’études montrent finalement aussi l’absence d’effet liés à une augmentation du personnel.
Au total, peu d’évidences vraiment solides démontrées par la littérature.

Mon avis

L’idée est pleine de bon sens, mais en apporter la preuve reste très difficile, sans doute parce que l’augmentation du nombre de personnels n’est qu’une partie de la réponse au problème (à côté du climat social et de la solidarité entre équipes soignantes, de la qualité et compétence des médecins, du poids moyen des comorbidités des patients, de la qualité de l’encadrement, etc.…).