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Fréquence des EIG et risques en médecine générale

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2009 - Conditions de travail temporelles des médecins généralistes et conséquences pour la qualité des soins

14/08/2015

Linzer M., Manwell L. Williams E. Bobula J. et al Working conditions in Primary care : Physicians reactions and care quality, Ann. Int. Med, 2009 ; 151 :28-36

Résumé

L’article rend compte de l’étude américaine MEMO (Minimizing Errors, Maximizing Outcomes / réduire les erreurs, augmenter le bénéfice clinique) conduite sur 449 médecins appartenant à 119 cabinets de groupe entre 2001 et 2005 sur l’effet de l’organisation temporelle dans le travail, ses conséquences pour le médecin et pour et la qualité de la prise en charge de ses patients. L’étude prend également en compte l’impact des cas cliniques problématiques qui désorganisent la journée, et la culture et l’organisation globale du cabinet médical. Les médecins devaient rapporter le temps accordé à chaque patient en rapport au temps qu’ils auraient voulu lui accorder idéalement, en intégrant les crédits de temps perdus et ceux qui pouvaient être sauvés (temps finalement passé inutilement), et en isolant les cas particuliers difficiles et très perturbants dans l’agenda de la journée. Un questionnaire de stress évaluait l’impact sur le médecin de ces régulations plus ou moins forcées. L’impact sur le patient était évalué sur une cohorte de patients chroniques (diabétiques, hypertendus, coronariens) pour qui on jugeait l’effet positif ou négatif de la stratégie du médecin, et notamment ses possibles erreurs. 53,1% des médecins rapportent des difficultés avec la gestion du temps pendant la consultation, et 30,3% disent qu’il leur faudrait 50% de temps en plus dans la consultation pour faire bien leur travail.  48,1% des médecins se plaignent d’un environnement professionnel chaotique avec des interruptions incessantes, du temps perdu à chercher l’information, et de l’impossibilité de récupérer tout retard. Dans ces conditions, 48,8% des généralistes se sentaient stressés, 26,5 % se sentaient proches du burn out, et 30,1% évoquaient l’éventualité de quitter cette forme d’exercice libérale dans les 2 ans. Côté patients, les impacts étaient réels (diabétiques en particulier) mais relativement limités dans la série observée, comme si les médecins prenaient sur eux de compenser leur gestion erratique du temps par une activité encore plus importante et des journées encore plus allongées pour récupérer les erreurs commises initialement par la mauvaise gestion temporelle, évidemment au bilan au détriment de leur propre santé.

Mon avis

Un très bon article, rare sur ce sujet.