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                et la sécurité du patient

Fréquence des EIG et risques en médecine générale

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2016 - Revue des mesures de sécurité du patient en soins primaires

27/09/2016

Hatoun J., Chan J., Yaksic E., Greenan M. Borzecki A., Shwartz M., Rosen A. A Systematic Review of Patient Safety Measures in Adult Primary Care,  American Journal of Medical Quality 1–9 DOI: 10.1177/1062860616644328

Résumé

Les indicateurs et mesures de sécurité du patient ont presque tous été développés dans le cadre de l’hôpital, et peu semble exister sur le volet soins primaires. Pourtant les chiffres du risque parlent de 3 à 4 patients sur 100 de soins primaires victimes d’un incident associé aux soins (toutes causes confondues), dont 4% seraient victimes d’un accident grave (1,6 pour 1000 patients vus en soins primaires -voir article précédent de Panesar, 2016).

Sur les 2003 mesures et indicateurs listés par l’agence de Qualité US (AHRQ), 29 seulement s’avèrent applicables aux soins primaires.

L’article élargit la recherche d’autres mesures possibles en soins primaires, notamment en lien avec la qualité des soins,  en proposant une revue de question des articles publiés sur le sujet. 3907 résumés d’articles ont été retenus comme possiblement pertinent parmi tous les articles publiés en langue anglaise depuis 1999. 2386 articles ont été rapidement exclus parce qu’ils ne faisaient aucune référence précise à une mesure de qualité.

Sur les 1521 articles restant, 1376 ont été exclus parce qu’ils n’avaient pas de lien avec les soins aux adultes. Finalement 145 ont été analysés en détail.

Mais c’est uniquement 21 d’entre eux, représentant 12 pays contributifs (11 US, 9 EU), qui avaient au final un contenu suffisamment détaillé et argumenté scientifiquement pour être pertinent.

Ces 21 articles citent 182 mesures dans 6 domaines différents : sécurité du médicament (60%),  sécurité des examens de laboratoire (19%), sécurité des lieux professionnels d’accueil des patients (7%), sécurité des prises en charges et de la pertinence (6%),  alarmes et alertes diverses (4%) et coordination des soins (4%)/

Dans la plupart des cas, les mesures s’appuient sur le dossier électronique du patient (125 sur 182)

Autant dire que le résultat est plutôt décevant. Sur un plan quantitatif, ce ne sont pas vraiment les mesures qui manquent, mais leur usage. Certes les indicateurs sur les risques associés aux prescriptions médicamenteuses et au circuit des examens secondaires sont en net progrès avec les dossiers informatisés.

Mais sur un plan qualitatif, les mesures existantes (même si elles ne sont pas assez utilisées) restent très insuffisantes et trop spécifiques à tel ou tel système de dossier électronique. Il manque des mesures sur les vrais marqueurs du risque en soins primaires : retard diagnostic (première cause d’EIG), et les multiples manques de coordination entre acteurs, capacité à automatiser par algorithme le signalement détection des EIG plus sophistiqués que le simple problème de CI médicamenteuse (emploi de la  méthode  des trigger tools).

Au delà, c’est bien la question de la généralisation qui est centrale. Comment progresser avec des initiatives certes nombreuses, mais toutes encore dépendantes d’initiatives locales de recherches, aux budgets fragiles pour assurer une continuité,  et sur des systèmes informatiques dédiés. Il faudrait un vrai levier d’état y compris sur les standardisations d’outil pour espérer changer rapidement la réalité constatée.

Mon avis

Un bon article sur le fond d'une situation difficile.