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2012 - Medscape France, "Sur-traitement du cancer de la prostate"

21/08/2015

Medscape France,  Sur-traitement du cancer de la prostate : une réalité en France, 2013

Résumé

Cyrille Delpierre (Unité Inserm 1027), en collaboration avec le réseau Français des registres de cancer, a évalué la proportion des patients atteints d'un cancer de la prostate potentiellement et réellement sur-diagnostiqués [Delpierre C, Lamy S, Kelly-Irving M et al. Life expectancy estimates as a key factor in over-treatment: The case of prostate cancer. Cancer Epidemiology, Volume 37, Issue 4, August 2013, Pages 462468.].
L'échantillon était composé de 1840 patients diagnostiqués en 2001 issus de différents registres français du cancer. Les proportions de patients sur-diagnostiqués et sur-traités ont été estimées en comparant l'espérance de vie théorique (prenant en compte les comorbidités), à l'espérance de vie avec le cancer, selon des méthodes validées, peut-on lire dans le communiqué Inserm.
Les chercheurs ont ensuite identifié les patients en situation de sur-traitement potentiel, c'est à dire ceux dont l'espérance de vie théorique était inférieure à l'espérance de vie avec cancer. Et parmi ces derniers, ils ont recherché ceux qui avaient effectivement été traités (soit par chirurgie ou par radiothérapie) donc répondant à la définition d'un sur-traitement.
Résultat des investigations : 9,3% à 22,2% des patients atteints de tumeurs au stade T1 étaient sur-traités. Ce qui correspond à entre 7,7% et 24,4% des patients ayant subi une ablation de la prostate, et entre 30,8% et 62,5% de ceux recevant une radiothérapie. Pour les tumeurs au stade T2, les chiffres étaient nettement moindres : 2% de patients ayant subi une prostatectomie et 4,9 % de ceux soignés par radiothérapie étaient considérés comme sur-traités.
Au vu du sur-traitement avéré du cancer de la prostate, cette prise en charge pourrait se limiter, notamment pour les patients ayant des comorbidités, à une surveillance permettant de proposer le traitement quand il deviendrait opportun » avance Cyrille Delpierre. Une attitude qui se généralise au sein de la population urologique et qui fait l'objet d'études comparatives. On se souvient notamment de cette étude suédoise qui avait comparé, deux attitudes : prostatectomie versus surveillance active, et montrait un gain de survie chez les moins de 65 ans mais pas de différence chez les plus de 65 ans.
En mai de cette année, l'American Urological Association (AUA) a reconsidéré sa position sur le dépistage du cancer de la prostate  et publié de nouvelles recommandations [4] :
•    Pas de dépistage chez les hommes de moins de 40 ans et de plus de 70 (sauf s'ils ont une espérance de vie supérieure à 10 ou 15 ans)
•    Pas de recommandation à dépister les hommes entre 40 et 54 ans présentant un risque moyen ;
•    La question du dépistage doit être considérée chez les hommes âgés de 55 à 69 ans présentant un risque moyen, sous réserve de discuter avec le patient des tenants et aboutissants d'un tel dépistage (en termes de réduction de la mortalité mais aussi
d'effets secondaires potentiels).
•    Un renouvellement tous les deux ans du dépistage (quand il a été décidé par le patient) est préférable à un renouvellement annuel.

Mon avis

Un domaine qui demande une réévaluation rapide en France.