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2014 - Les limites de l'utilisation des PROMS en pédopsychiatrie

15/01/2019

Wolpert M. Uses and Abuses of Patient Reported Outcome Measures (PROMs): Potential Iatrogenic Impact of PROMs Implementation and How It Can Be Mitigated. Administration and Policy in Mental Health. 2014;41(2):141-145. doi:10.1007/s10488-013-0509-1.

Résumé

Sans remettre en question l’intérêt des PROMS pour la pédopsychiatrie, très utilisés au RU, on peut être aussi inquiet sur les impacts négatifs des PROMS, et l’absence souvent d’utilisation de ces indicateurs. On a une tension croissante dans les objectifs entre un usage général des PROMS pour la santé publique et l’audit, et un usage plus personnalisé. L’usage public exige une rigueur psychométrique, des données complètes pour prévenir les mauvaises interprétations; ces données peuvent en retour influencer les améliorations et réformes dans plusieurs spécialités (Porter 2010) et sont au cœur des préoccupations du ministère. Mais cette approche peut aussi éloigner les professionnels – et les patients- de leur intérêt personnel pour le recueil et l’analyse des données, voire du type de données ; ne voyant qu’une logique bureaucratique et centralisée dans ces PROMS dont ils ne comprennent pas le mécanisme d’agrégation des données, l’interprétation et l’usage des scores obtenus, avec le risque in fine de mal les remplir et de ne pas être vraiment concernés. Pire, le recueil intensif de PROMS et l’utilisation de feedback pour la prise en charge thérapeutique psychiatrique peut même influer négativement le pronostic de patients jeunes en crises (de Jong, K., van Sluis, P., Nugter, M. A., Heiser, W. J., & Spinhoven, P. (2012). Understanding the differential impact of outcome monitoring: Therapist variables that moderate feedback effects in a randomized clinical trial. Psychotherapy Research, 22(4), 464–474 ). Dans ce domaine le nombre de PROMS et de recueil – souvent cité comme un bon indicateur- importe moins que la bonne utilisation.

Inversement, les PROMS qui ne visent qu’une utilisation clinique en pédopsychiatrie doivent aussi suivre des spécifications particulières : elles servent aux feedbacks courts, et ne devraient être utilisés qu’à la fin de l’épisode complet de soins (Glasziou, P., Irwig, L., & Aronson, J. K. (2008). Evidence-based medical monitoring: From principles to practice. Oxford: Blackwell. Sapyta, J., Riemer, M., & Bickman, L. (2005). Feedback to clinicians: theory, research, and practice. Journal of Clinical Psychology, 61(2), 145–153). Bien utilisés, ces PROMS aident à développer une relation plus transparente et collaborative, y compris dans les groupes de parole. Parmi les limites, la double utilisation, publique et clinique des PROMS, une validité et des conditions de passations peu rigoureuses qui pourraient biaiser les résultats, avec un risque particulier pour l’absence de formation des professionnels.

Mon avis

Mon avis : article important sur les limites de l'utilisation des PROMS en pédo-psychiatrie et sans doute dans d'autres spécialités