Hémorragie mortelle après ovariectomie chez une chatte

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Hémorragie mortelle après ovariectomie chez une chatte

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  • Une équipe vétérinaire procède à une intervention chirurgicale - La Prévention Médicale

Malgré leur caractère usuel, les interventions dites "de routine" ne dispensent pas d’une prise en charge rigoureuse et d’une évaluation du risque potentiel lié à des caractéristiques de race. Elles représentent une cause majeure de mise en jeu de la responsabilité professionnelle des praticiens. 

Auteur : le Dr Michel Baussier, Docteur vétérinaire / MAJ : 01/03/2024

Cas clinique

Comme elle le fait de longue date, une éleveuse de chats de race Maine Coon confie à son vétérinaire habituel, un chaton femelle de trois mois pour stérilisation chirurgicale par ovariectomie.

Le praticien est expérimenté. 

Aucun incident ne s’est jamais produit entre le vétérinaire et l’éleveur dans les soins pratiqués.

L’anesthésie générale est installée et l’abord chirurgical est réalisé par le creux du flanc.

Juste après la ponction péritonéale, le praticien note avec étonnement un saignement inhabituel qui lui a paru régresser spontanément.

Les ligatures des deux pédicules ovariens et l’exérèse des ovaires (par la même incision de laparotomie) n’ont soulevé aucune difficulté. 

Le sang restant dans la cavité abdominale a été épongé à la compresse, le saignement a paru stoppé, la plaie de laparotomie a été refermée.

Le réveil a été rapide mais la petite chatte a été retrouvée morte dans sa cage deux heures plus tard.

L’autopsie a mis en évidence une abondante hémorragie abdominale. L’examen nécropsique n’a pas été conduit, dans ce cas de figure, jusqu’à la recherche de la cause précise de l’hémorragie.

La mort de cet animal constitue à l’évidence un EIG, d’autant plus mal vécu qu’il porte sur une intervention de convenance, concernant un jeune animal a priori en bonne santé.

Le praticien a été reconnu fautif dans une procédure amiable en responsabilité civile professionnelle et la propriétaire a été indemnisée.


Les interventions chirurgicales portant sur l’appareil reproducteur, notamment les castrations et autres stérilisations, constituent aujourd’hui en médecine et chirurgie des animaux de compagnie un motif relativement fréquent de mise en cause de la responsabilité civile du praticien. Il existe une incontestable marge de progrès possible.

Propositions d'actions préventives

  • Peser au cas par cas la décision de stérilisation chirurgicale, dans le cadre d’une démarche médicale partenariale. L’approche collective - massale – est à risques.
  • Présenter, préalablement à la décision opératoire, les avantages et inconvénients respectifs des méthodes.
  • Considérer les particularités et vulnérabilités raciales.
  • Discuter, même en chirurgie routinière de convenance et dans une recherche d’économie, de l’opportunité d’examens préopératoires biologiques (exploration de l’hémostase).
  • Avoir présent à l’esprit le fait que ces interventions, malgré leur caractère usuel, constituent une cause majeure de mise en jeu de la RCP des praticiens. 
  • L’hémostase reste un temps majeur de toute laparotomie. Elle doit être assurée puis vérifiée.