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2010 - Erreurs de prescription en soins primaires

10/08/2015

Wesell M., Litvin C., Jenkins R., Nietert P., Nemeth L. Ornstein S. Medication prescribing and monitoring errors in primary care: a report from the Practice Partner, Research Network, Qual Saf Health Care doi:10.1136/qshc.2009.034678, published on line

Résumé

Les auteurs de cet article s’intéressent  aux erreurs de prescription en soins primaires que l’on sait être la première cause d’événements indésirables dans ce secteur, au même rang que les retards de diagnostic, et dont les modalités et causes sont moins bien connues qu’à l’hôpital. L’étude porte sur 22 réseaux volontaires de professionnels médicaux américains engagés pour 1 an (en 2008) dans cette recherche, appartenant à 14 états, incluant 74 généralistes, 10 infirmières, 3 internes, et 52 246 patients. Tous les cabinets et réseaux sont équipés du même dossier médical électronique, avec logiciel de prescription standard proposant une aide sur la sélection des médicaments, les doses suggérées, les interactions et les indications. Les médecins de ces réseaux ont accepté par consensus de se mettre d’accord sur une analyse a priori des erreurs qu’ils commettent le plus souvent, ou qu’ils redoutent le plus, et ont développé des bonnes pratiques relatives à la réduction de ces erreurs pour une série de pathologies (particulièrement la prescription chez la personne âgée). Certains domaines ont été exclus de l’étude, notamment tous ceux qui touchaient à la grossesse et aux pathologies complexes ou débutantes en cours d’exploration. Ils ont convergé vers la sélection de 33 indicateurs en lien avec ces bonnes pratiques. Ces indicateurs portent sur l’adhérence aux bonnes indications (pour une série de pathologies pré-déterminées), l’évitement d’interactions et le suivi d’éventuels effets indésirables chez le patient. Un signalement automatique des écarts est produit tout au long de l’étude (un logiciel fait une analyse automatique du dossier médical et des ordonnances produites). Au bilan, les prescriptions furent améliorées durant cette année de test, avec 75 % de non erreur sur les doses, 84 % de prescription sans interactions et 98 % sans contre-indications pour la pathologie considérée. De façon amusante, on notera que tous les résultats sont annoncés sur leur versant positif (nombre d’actions réussies), ce qui est encore assez rare dans la littérature sur le risque. On peut cependant regretter l’absence de données avant la mise en route de l’expérimentation. L’étude rejoint les résultats obtenus par beaucoup de travaux sur les expériences collectives de gestion du risque (collaboratives en anglais) : d’un côté son mode d’engagement des professionnels est réellement un succès, proche du terrain, avec un investissement local décisif des acteurs concernés dans la sélection des indicateurs, et une appropriation des actions à mener bien supérieure à celle habituellement observée avec des incitations nationales ; d’un autre côté, la qualité statistique des résultats produits reste un peu floue et discutable scientifiquement.

Mon avis

Un bon article.