Toux de trachéite chez une chienne Cavalier King Charles de 7 ans et demi

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Google plus
  • Facebook
  • Twitter
  • PDF
  • Imprimer la page
Tout sur la gestion des risques médicaux
                et la sécurité du patient

Toux de trachéite chez une chienne Cavalier King Charles de 7 ans et demi

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Google plus
  • Facebook
  • Twitter
  • PDF
  • Imprimer la page
0 Commentaire
  • chienne Cavalier King Charles

Chienne Cavalier King Charles née le 20 juin 2009.

Suivie depuis toujours par deux vétérinaires au sein d’une clinique vétérinaire. Les relations sont très bonnes entre la propriétaire de la chienne et les vétérinaires habituels, lesquels la connaissent bien, connaissent ses faibles moyens financiers et lui consentent toujours des facilités de paiement.

  • Vétérinaire
Auteur : Dr Vre Michel BAUSSIER / MAJ : 29/03/2017

Cas clinique

  • Les antécédents sont les suivants: une tendance à l’embonpoint dont le dossier médical témoigne d’une surveillance vigilante, une stérilisation (ovario-hystérectomie) à l’âge de 5 ans, soit en juillet 2014.
  • Un souffle cardiaque est cependant détecté dès octobre 2015 (la chienne a six ans) lors de rappels de vaccination. La propriétaire signale que la chienne dort davantage et ronfle. Pas de toux, ni d’essoufflement, l’animal est asymptomatique. Une insuffisance mitrale potentiellement génératrice d’insuffisance cardiaque compensée est ainsi suspectée.
  • Les vétérinaires proposent des examens complémentaires (radiographie, échocardiographie) et envisagent la mise en place d’un traitement à vie par un IECA. Ces examens et ce traitement sont refusés par la propriétaire, vraisemblablement à titre principal pour des raisons financières. Il est simplement admis qu’ils seront mis en place si l’état général se détériorait.
  • Le 3 janvier 2017 consultation pour quintes de toux évoluant depuis 48h...à la suite d’aboiements importants après que des pétards aient été tirés dans la rue (anamnèse).
  • La chienne est alerte, température rectale normale, respiration régulière, aucun bruit pulmonaire anormal détecté à l’auscultation. Le souffle cardiaque ne paraît pas aggravé. La toux est déclenchée à toute palpation de la trachée. Une trachéite est diagnostiquée.
  • Compte tenu de l’insuffisance mitrale préexistante, la vétérinaire met en place un traitement oral à vie par un IECA et réalise un traitement de la trachéite (injection d’un corticoïde d’action courte et pénicilline retard). Conseils d’hygiène (repos) et de surveillance : recommandation faite d’alerter en cas d’aggravation.
  • Le lendemain matin 4 janvier, la propriétaire, inquiète, rappelle la réception de la clinique. Le dialogue s’instaure exclusivement avec l’auxiliaire spécialisée vétérinaire (ASV) à qui la propriétaire expose que la chienne « n’a pas mangé sa brioche » (sic) et qu’elle tousse toujours, il lui est répondu que la persistance de la toux 24h après la mise en place du traitement n’est pas vraiment anormale, qu’il faut sans doute attendre un peu l’effet du traitement, que la chienne a une trachéite et non une bronchite...
  • La propriétaire expliquera plus tard qu’elle était inquiète parce que la chienne avait de la peine à respirer, cette angoisse de la propriétaire n’a pas été perçue, semble-t-il par la professionnelle en charge de l’accueil. Surtout la dyspnée n’a pas été transmise ou reçue comme symptôme devant alerter. La propriétaire n’a pas exigé de consultation immédiate en urgence.
  • Le 4 janvier au soir, un œdème aigu du poumon se manifeste dramatiquement en dehors des heures d’ouverture de la clinique dont le répondeur téléphonique renvoie à un vétérinaire de garde, à distance.
  • La propriétaire se précipite avec sa chienne chez un autre vétérinaire de garde plus proche, lequel constate la mort de l’animal à l’arrivée à son cabinet.
  • Aucune autopsie n’est réalisée.
  • La propriétaire de l’animal met en cause la responsabilité civile du vétérinaire traitant pour erreur de diagnostic le 3 janvier, insuffisance de moyens mis en œuvre. La contestation porte plus sur la consultation du 3 janvier que sur l’absence de suites données à l’appel téléphonique du 4 au matin.

Proposition d’actions

- Réalisation de documents d’information bénéfice-risques pour les détenteurs d’animaux dans certains types de pathologies. Définition des conditions de remise de ces documents.
- Formation aux modalités d’annonces (diagnostic défavorable et bénéfice-risques des thérapeutiques).
- Formation des ASV au repérage des mots-clés identifiant les signes de gravité (procédures).
- Amélioration de la traçabilité des dossiers cliniques, en particulier concernant les transmissions d’informations entre Vétérinaire et ASV.


0 Commentaire

Publier un commentaire