Retard diagnostique de cancer de la cavité buccale

Tout sur la gestion des risques médicaux
                et la sécurité du patient

Retard diagnostique de cancer de la cavité buccale - Cas clinique dentaire

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Facebook
  • Twitter
  • Messages0
  • PDF
  • Imprimer la page

Le 28 juin 2014, une patiente âgée de 79 ans, qui ne supporte pas ses prothèses, est prise en charge par un chirurgien-dentiste. Celui-ci réalise un cliché panoramique et pose le diagnostic de lichen plan verruqueux. Ce praticien prescrit des corticoïdes en rinçage.

  • Chirurgien-dentiste
Auteur : Dr Hélèna DEHARVENGT, chirurgien-dentiste conseil / MAJ : 15/06/2017

Cas clinique

  • Le 28 juin 2014, la patiente âgée de 79 ans qui ne supporte pas ses prothèses, est prise en charge par un chirurgien-dentiste. Celui-ci réalise un cliché panoramique et pose le diagnostic de lichen plan verruqueux. Ce praticien prescrit des corticoïdes en rinçage.
  • Il est à noter qu’avant juin 2014, la patiente est régulièrement suivie par deux stomatologues successifs (pas de données médicales disponibles). Un prélèvement anatomopathologique aurait été réalisé dans le service d’ORL d’un centre hospitalier : sans résultat ni suivi à la patiente. La patiente décrit 2 interventions sous AL, la récidive de la lésion et son aggravation.
  • Le 12 mars 2014 un compte-rendu de biopsie conclut à une ULCERATION FISSURAIRE de la MUQUEUSE BUCCALE avec HYPERPLASIE PSEUDO-EPITHELIOMATEUSE sans caractère manifeste de dysplasie ou de malignité. Une relecture de cette lésion d'interprétation dite difficile est demandée. Le 2 avril 2014, la deuxième lecture confirme l’absence de visibilité de signes de dysplasie ou de malignité.
  • L’évaluation du suivi est réalisée les 26 juillet 2014, le 11 octobre 2014, le 29 octobre 2014, le 21 janvier 2015, le 11 février 2015,
  • Le 2 septembre 2015. Lors de cette dernière consultation la symptomatologie évolue : la douleur devient insupportable et la prescription corticoïde est maintenue.
  • Le 9 février 2016 la réévaluation du traitement est réalisée. Le chirurgien-dentiste augmente la dose de corticoïdes locaux.
  • Le 18 mai 2016, devant l’évolution d’aspect de la lésion et le caractère douloureux, le chirurgien-dentiste demande à la patiente de se rapprocher d'un service de stomatologie ou ORL oncologique (courrier remis à la patiente et toujours conservé par elle-même). Ce rendez-vous n'est pas pris par la patiente au motif de l'éloignement du service hospitalier et de ses difficultés de déplacement). Le chirurgien-dentiste maintien la prescription.
  • Le 10 septembre 2016: la patiente sollicite un rdv en urgence du fait de l'aggravation des symptômes et la non prise en charge par le CH. Préconisée. la patiente est adressée en ville, à un O.R.L. qui l'adresse lui-même à un de ses correspondants oncologues à l’hôpital.
  • Le 4 novembre 2016, la biopsie réalisée à l’hôpital retrouve une vaste lésion ulcérée et infiltrante de la totalité de la face interne de la joue gauche ainsi que des vestibules jusqu’à la commissure inter-maxillaire et de la tubérosité douloureuse. Pas d’adénopathie palpable. L’histologie décrit un carcinome épidermoïde bien différencié.

La patiente se plaint du « comportement négligent du chirurgien-dentiste à son égard » au conseil départemental de l’ordre. Aucun accord amiable n’a pu être trouvé.

Avis du conseil de l’ordre des chirurgiens-dentistes :
Le chirurgien-dentiste n’a fait preuve d’aucune négligence.

Analyse

Ce matériel est réservé à un usage privé ou d’enseignement. Il reste la propriété de la Prévention Médicale, et ne peut en aucun cas faire l’objet d’une transaction commerciale.

Télécharger l'analyse des barrières (pdf - 343.68 Ko)

Télécharger le tableau d'analyse des causes (pdf - 276.65 Ko)

Références

1. HAS, Classification des évènements indésirables associés aux soins (EIAS) rencontrés hors établissement de santé. 2015.

2. Amalberti, R. and J. Brami, 'Tempos' management in primary care: a key factor for classifying adverse events, and improving quality and safety. BMJ Qual Saf, 2012. 21(9): p. 729-36.

3. Galam, E., Systèmes, tempos et complexité. 2012.

4. Baujat, B., et al., Cancers de la cavité orale. Mise au point Sous l’égide de l’Intergroupe ORL. Bulletin du Cancer, 2014. 101(5): p. 424-428.

5. Ben Slama, L., Affections potentiellement malignes de la muqueuse buccale : nomenclature et classification. Rev Stomatol Chir Maxillofac, 2010. 111(4): p. 208-212.

6. Chapitre 8 - Recommandations pour la pratique clinique A2 - Guily, Jean Lacau St, in Actualités et Innovations en Cancérologie des Voies Aérodigestives Supérieures, É. Reyt, Editor 2015, Content Repository Only!: Paris. p. 263-316.

7. Renaud-Vilmer, C. and B. Cavelier-Balloy, Les lésions précancéreuses épithéliales buccales. Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, 2017. 144(2): p. 100-108.

8. Reychler, H. and B. Weynand, Dépistage et diagnostic des lésions précancéreuses de la muqueuse orale. Rev Stomatol Chir Maxillofac, 2010. 111(4): p. 203-207.

9. , G.R., Alcohol and oral cancer. Alcohol, 2005. 35(3): p. 169-173.

10. Paré, A. and A. Joly, Cancers de la cavité buccale : facteurs de risque et prise en charge. La Presse Médicale.

11. Benomar, S., et al., Lésions buccodentaires dues au tabac et motivation au sevrage : Étude de 121 cas. La Presse Médicale, 2009. 38(12): p. 1746-1749.


0 Commentaire

Publier un commentaire