Surdosage en anticoagulants

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Surdosage en anticoagulants - Cas clinique

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Responsabilité conjointe de deux praticiens (un médecin généraliste et son remplaçant) pour surdosage d'antivitamines K...

  • Médecin
Auteur : La Prévention Médicale / MAJ : 30/05/2016

Cas clinique

  •  Cette femme de 89 ans retourne à son domicile après la prise en charge d’une fracture du col fémoral le 18 juillet, toujours sous anticoagulants (Previscan 1/2) qu’elle prend depuis 5 ans pour une fibrillation auriculaire. Avant son hospitalisation, son traitement était bien équilibré avec une dose de 3/4 à 1 comprimé par jour.
  • Le traitement associe également plusieurs médicaments pour une cardiopathie hypertensive et ischémique et un anti-diabétique.
  • Lors de la visite au domicile du 20 juillet, le médecin traitant a connaissance du dernier INR du 26 mai (1,13), établit une nouvelle ordonnance à la dose de ¾ de comprimé de previscan (au lieu d’1/2) et prévoit un INR régulier tous les 15 jours pendant 6 mois.
  • L’INR du 28 juillet est à 8,74. Une conversation téléphonique entre le médecin généraliste et la patiente a lieu le jour des résultats et le médecin généraliste prescrit, lors d’une nouvelle visite à domicile, l’arrêt du Previscan pour le jour même et le lendemain puis la reprise du traitement à la dose d’un demi comprimé, et recommande un nouveau dosage d’INR une semaine plus tard. La patiente vit avec une de ses filles sourde et muette et une aide de l’ADMR vient en renfort pour la préparation des repas et les tâches ménagères. D’après l'une des filles, cette personne allait chercher les médicaments et les préparait dans un pilulier.
  • Le médecin part en vacances le 30 juillet et son remplaçant revoit la patiente en consultation le 3 août.
  • Celui-ci, sans avoir vu les résultats récents d’INR pour établir sa prescription (qu’il dit introuvable), renouvelle le Previscan (1 comprimé et demi par jour en 3 prises), la patiente ne disposant plus de médicament selon ses dires. En fait le dosage de l’INR demandé le 20 juillet après le résultat anormal du 18 juillet n’a jamais été fait à cette date ni ensuite par la patiente. Le remplaçant prévoit un nouvel INR 15 jours plus tard.
  • Le 9 août, la patiente présente des épistaxis (INR à 10), et est hospitalisée dans un tableau d’hémorragie digestive responsable d’une anémie aiguë ; elle décède en cours d’hospitalisation.

Télécharger l'exercice (pdf - 28.46 Ko)
Retrouver l'analyse des barrières de prévention (pdf - 15.48 Ko)
Télécharger le jugement (pdf - 11.56 Ko)

Pour aller plus loin

La synthèse des recommandations professionnelles sur la prise en charge des surdosages en antivitamines K par l’HAS date d’avril 2008, postérieure à cette observation. Lors des surdosages asymptomatiques, pour les patients dont l’INR cible est entre 2 et 3, (cas de la patiente) :

  • en cas d’INR entre 4 et 6, il est conseillé le saut d’une prise ;
  • en cas d’INR entre 6 et 10, il faut arrêter le traitement et donner 1 à 2 mg de vitamine K (1 :2 à 1 ampoule buvable forme pédiatrique). L’INR est contrôlé le lendemain. Si l’INR reste suprathérapeutique, les mesures correctrices proposées restent valables et doivent être reconduites.

AFFSAPS, mise au point sur le bon usage des AVK (pdf - 238.97 Ko)
HAS : Prise en charge des surdosages en AVK (pdf - 53.03 Ko)

Ce matériel est réservé à un usage privé ou d’enseignement. Il reste la propriété de la Prévention Médicale, et ne peut en aucun cas faire l’objet d’une transaction commerciale.

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