Échec de vasectomie sur un bélier

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Échec de vasectomie sur un bélier

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  • Gros plan d'un bélier sur fond de prairie - La Prévention Médicale

Pratiquer une intervention sans réelle compétence expose à des risques majeurs : cliniques pour l’animal, financiers pour le propriétaire de l’animal et contentieux pour le vétérinaire. La formation est aujourd’hui partout accessible. Elle ne s’improvise pas.

Auteur : le Dr Michel Baussier, Docteur vétérinaire / MAJ : 12/04/2024

Cas clinique

Un éleveur de moutons possédant des animaux, inscrits au livre généalogique de la race, demande à son vétérinaire de vasectomiser un bélier (en l’occurrence de race différente) afin de faciliter ultérieurement la détection des brebis en chaleur dans des lots mis à la reproduction par insémination artificielle.

À l’automne, le praticien réalise l’intervention sur l’animal qui lui est présenté.

Deux mois plus tard, le bélier opéré est mis en présence d’un lot de brebis tout juste sevrées, hors période de reproduction prévue, cela pendant deux mois.

Quatre mois plus tard, c’est la période printanière prévue pour la mise à la reproduction. Afin de rechercher "l’effet bélier", l’animal est mis en présence des mêmes brebis.

Très vite, en réalité, certaines s’avèrent en gestation avancée, prouvant ainsi l’échec de la vasectomie, dès lors à l’origine d’un préjudice pour l’éleveur.

La responsabilité civile du vétérinaire est engagée et l’éleveur est indemnisé.

L’événement est manifestement indésirable et grave (EIG), notamment par ses répercussions économiques pour l’éleveur. 

Commentaires

Le débat général sur les échecs de vasectomie peut se situer pour le praticien, en termes de responsabilité civile, entre une obligation de moyens simple ou une obligation de moyens renforcée, pour ne pas dire de résultat, s’agissant d’intervention sur un animal en bonne santé, à des fins purement zootechniques et managériales.

L’important est aussi l’information donnée sur le risque d’échec et, aujourd’hui, le contrôle conseillé de l’efficacité de l’intervention avant d’utiliser l’animal comme boute-en-train.

Dans le cas d’espèce, le problème se situe en amont : la technique n’était pas maîtrisée par absence de formation valable.

Propositions d'actions préventives

  • Réséquer plutôt que sectionner (vasectomie vraie plutôt que simple vasotomie).
  • Considérer le choix entre vasectomie et épididymectomie.
  • Dans tous les cas, informer sur les risques, à l’oral et par écrit, avec preuve de l’information conservée.
  • Certains praticiens prélèvent et conservent, de façon contradictoire, dans une solution formolée, la portion de canal déférent réséquée !
  • En cas d’utilisation de l’animal quelques semaines après l’intervention, veiller à le faire éjaculer à répétition préalablement (saillies de femelles ultérieurement réformées ou dont les chaleurs seront postérieurement induites par des prostaglandines).
  • Conseiller le contrôle d’efficacité (réalisation d’un spermogramme).
     
Références bibliographiques
Kersjes A.W., Nemeth F., Rutgers L.J.E. - Atlas de chirurgie des grands animaux - Vigot, éd. 1986