Ovario-hystérectomie sur métro-péritonite puerpérale

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Ovario-hystérectomie sur métro-péritonite puerpérale pour une chienne Staffordshire Terrier américain reproductrice

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  • Chienne Staffordshire Terrier américain

L’événement indésirable grave (EIG) observé est une métro-péritonite puerpérale ayant nécessité l’ovario-hystérectomie de la chienne en lieu et place d’une simple césarienne. La perte des chiots ne constitue pas dans ce cas de figure une part de l’EIG. L’EIG est constitué par les risques vitaux inutilement et indûment pris pour cette chienne et la privation de la perspective de portées ultérieures et donc de vente de chiots de race par les maîtres de la chienne.

  • Vétérinaire
Auteur : Dr Vre Michel BAUSSIER / MAJ : 15/06/2017

Cas clinique

  • Le 30/08/2010, une chienne de race Staffordshire Terrier américain âgée de deux ans et demi, tout juste adoptée (21/08/2010) auprès d’une association de protection animale, est diagnostiquée gestante par le Dr A. La gestation de cette chienne inscrite au livre généalogique de la race ne résultant pas d’une saillie par un mâle inscrit, les chiots ne seront pas conservés.
  • La mise-bas est prévue aux environs du 09/09/2010. Deux gros fœtus sont présents et laissent présager d’un accouchement dystocique nécessitant possiblement une césarienne.
  • Un suivi de cette gestation non désirée (par surveillance de la température rectale, radiographies, échographies, tests rapides d’évaluation semi-quantitative de la progestéronémie…) est décidé et est effectué par Dr A et Dr B, exerçant au sein de la même clinique vétérinaire, selon leur disponibilité respective (par le Dr B le 01/09/2010, essentiellement par le Dr A du 02 au 08/09/2010), la chienne est alternativement laissée à la clinique en surveillance ou reprise pour surveillance à la maison.
  • Le Dr A revoit la chienne le 09/09/2010, il annonce le part comme imminent mais la chienne est laissée la nuit à la surveillance de ses maîtres à la maison, selon leur propre préférence. Il annonce qu’il sera absent jusqu’au 13/09/2010, laissant à son collaborateur le Dr B le soin d’assurer la suite du suivi de la chienne.
  • Les maîtres de la chienne informent le Dr A, dans la nuit du 09/09/2010 à 21h30, de l’existence de quelques contractions et d’émission de liquides par le vagin. Une expectative est décidée jusqu’au vendredi matin 10/09/2010 à 8h où, dans tous les cas, il est convenu qu’ils déposent la chienne à la clinique, notamment pour césarienne si les fœtus ne sont pas expulsés. Il écrit un message à l’attention du Dr B sur un cahier de liaison entre les deux praticiens ; le Dr B n’a pas connaissance de ce message. Aucun échange ni téléphonique ni écrit n’a lieu entre eux.
  • La chienne est déposée à 8h le 10/09/2010, le Dr B est informé sommairement à cet instant de l’existence de pertes et de contractions. Il ne sait pas qu’une césarienne a été envisagée entre les maîtres et son confrère.
  • Le Dr B ne remarque aucune contraction, il note quelques pertes vulvaires minimes, il réalise une échographie abdominale qui lui confirme la présence de deux chiots en vie. Il décide de garder la chienne. Il la garde à la clinique le vendredi. Il n’est réalisé ni test d’évaluation de la progestéronémie ni d’examen vaginoscopique du col.
  • Le vendredi soir les maîtres appellent, étonnés que la césarienne ne soit pas faite. Les maîtres expliquent qu’ils feront euthanasier ces chiots non désirés (père inconnu, chiots non vendables) mais qu’ils tiennent en revanche à faire reproduire cette chienne ultérieurement.
  • Le Dr B déduit de cette situation qu’il faut, autant que faire se peut, donner la préférence à une mise-bas par les voies naturelles, moins génératrice de risques d’infertilité ultérieure. Il décide de la garder à la clinique la nuit pour surveillance.
  • Une radiographie abdominale est réalisée le samedi 11/09/2010 : les fœtus ne sont pas engagés dans la filière pelvienne. La chienne est rendue le samedi soir à ses maîtres, anorexique, affaiblie. Un retour à la clinique est prévu en tout état de cause le lundi matin.
  • Elle est « surveillée » par ses maîtres le dimanche à domicile. Elle vomit.
  • La chienne est ramenée à la clinique le lundi matin 13/09/2010 à 8h. Son état général s’est détérioré.
  • Elle est opérée en métro-péritonite le lundi en fin de matinée et une nécessaire ovario-hystérectomie est pratiquée. Le pronostic vital est engagé.
  • La chienne se rétablit après quelques jours passés à la clinique mais cette chienne destinée - selon ses maîtres - à la reproduction, est devenue stérile, après l’engagement de frais vétérinaires dépassant ceux classiquement prévus pour une césarienne dans des conditions normales.

Proposition d’actions

  • La bonne gestion du temps suppose une bonne gestion préalable des effectifs en établissements de soins vétérinaires ; les effectifs doivent demeurer suffisants.
  • Les systèmes et techniques de communication interne et de circulation de l’information au sein des structures d’exercice en groupe doivent être connus et maîtrisés: associer l’oral et l’écrit. Développer notamment l’existence de conditions formelles de transmissions :
    - documents de liaison (cahiers) effectivement tenus, régulièrement et systématiquement consultés (traçabilité des consultations ou interventions sur le document: date, signature manuscrite ou informatique) ;
    - le dossier médical individuel des animaux, quel qu’en soit le support, papier ou électronique, doit pouvoir être tenu et consulté en temps réel ; (traçabilité des consultations ou interventions sur le document : date, signature manuscrite ou informatique) ;

- la réalisation régulière de briefings / débriefings au sein de l’équipe.

  • Dans tous les cas la communication entre associés et collaborateurs doit demeurer fluide (échanges directs, liaisons téléphoniques..).
  • Tout début de mésentente doit être précocement détecté et traité, notamment par les processus de résolution amiable des différends.

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