La réanimation néonatale : des gestes précis, rapides et salvateurs

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La réanimation néonatale : des gestes précis, rapides et salvateurs

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Toutes les sages-femmes sont confrontées à un moment ou à un autre de leur exercice professionnel à la réanimation d’un nouveau-né à la naissance. La nécessité d’acquérir des gestes techniques précis est primordiale dans l’efficacité de cette prise en charge.

  • Sage-femme
Auteur : La Prévention Médicale / MAJ : 08/09/2015

Depuis le début des années 70, la connaissance des mécanismes biologiques d’adaptation à la vie extra-utérine n’a cessé de croitre, permettant ainsi de rendre la réanimation néonatale plus simple et plus efficace.

Il est important de rappeler qu’une réanimation est nécessaire chez 5 à 10% des nouveau-nés en salle de naissance selon le type de maternité, et dans 1 à 3% des accouchements à bas risque.

Il existe des situations de réanimation inopinée, parallèlement aux naissances pour lesquelles des facteurs de risque pour le nouveau-né sont connus, permettant ainsi la mise en place d’une stratégie pluridisciplinaire de l’accouchement, avec présence d’opérateurs compétents en matière de réanimation néonatale.

C’est dans ces contextes d’urgence et de stress que les personnels non préparés et parfois non formés à la réanimation sont dans l’incapacité de les gérer efficacement.

Pourtant chaque geste étant déterminant, il doit être précis, rapide et non iatrogène. Ce temps de réanimation est capital pour le pronostic ultérieur du nouveau-né, en particulier pour les prématurés dont l’extrême fragilité impose une prise en charge rigoureuse et une surveillance accrue dans les toutes premières minutes de vie.

Malgré des progrès certains par la mise en place de protocoles et la standardisation des manœuvres, il subsiste encore certains risques pour le nouveau-né en salle de naissance, en particulier l’incompétence éventuelle des opérateurs par manque de pratique, et l’ignorance des conséquences de certains gestes. De plus, s’il est évident pour les professionnels de débuter une réanimation chez un nouveau-né à la naissance, il l’est beaucoup moins de l’interrompre.

Ces décisions difficiles à prendre peuvent aboutir parfois à des procédures judiciaires.

En effet, rappelons la décision du tribunal administratif de N. du 2 juin 2009 de condamner un hôpital à indemnisation pour obstination déraisonnable après la réanimation d’un enfant, désormais lourdement handicapé. Ce n’est pas la mise en œuvre, mais la durée excessive de la réanimation qui a été remise en cause dans ce dossier.

La nécessité d’acquérir une compétence théorique et pratique est essentielle dans la gestion du risque pour le nouveau-né en salle de naissance, mais c’est surtout le maintien de celle-ci qui doit être ciblé.

Conscient de l’importance de la prise en charge du nouveau-né dans les premières minutes de la vie, l’ensemble des professionnels et des institutions se mobilisent par la mise en place de différentes méthodes de formation :
- une formation initiale comprenant un enseignement théorique et pratique est dispensée dans les écoles de sages-femmes. Dans certaines d’entre elles, cette formation est renouvelée tous les ans pendant la durée des études.
- une formation continue (journées, séminaires) renouvelée également tous les ans dans beaucoup de maternités.
- des dispositifs « vidéo » : outil d’enseignement, mais également d’évaluation objective des pratiques par l’installation de caméras dans les salles de naissance. Cet outil bien accueilli par les professionnels permet d’apprécier la qualité des interventions et la coordination des équipes et de prendre si nécessaire des mesures correctives.

Les réseaux de périnatalité sont eux aussi sensibilisés à l’importance de la maîtrise des gestes de réanimation et organisent au sein des maternités des formations destinées aux sages-femmes.

Devant la fréquence des réanimations, on ne peut que se féliciter des progrès réalisés jusque-là et inciter les acteurs de la naissance à poursuivre leurs efforts.

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