Congrès de l'AFVAC - Vétérinaire, un métier à risque : quelle protection ?

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Congrès de l'AFVAC - Vétérinaire, un métier à risque : quelle protection ?

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L'édition 2017 du congrès de l'AFVAC s'est déroulée à Nantes du 23 au 25 novembre 2017. Les intervenants de la MACSF s'y sont rendus pour présenter l'atelier « Vétérinaire, un métier à risque : quelle protection ? ».

  • Vétérinaire
Auteur : Dr Ve Michel Baussier, Dr Marie-Christine Moll et Dr Ve Christelle Teroy-Waysbort / MAJ : 15/03/2018

Panorama du risque professionnel

Dire que le métier de vétérinaire praticien est un métier à risque est un truisme. Nombre de dangers présentant une probabilité significative de s’exprimer sous forme d’événements indésirables graves (EIG) jalonnent l’exercice du praticien.

On peut dresser un panorama du risque professionnel selon la partition schématique suivante:

  • risques physiques : par agents physiques entraînant blessures, maladies, invalidité, décès ;
  • risques psychologiques : surmenage et stress conduisant au sentiment d’échec, à la fatigue ou bien même au burn-out ;
  • risques économiques et financiers, litiges fiscaux ou bien risques liés à des litiges avec des confrères, avec les auxiliaires, avec l’Etat, avec les fournisseurs et prestataires de service…
  • risques juridiques liés à l’engagement de la responsabilité :
    • responsabilité civile professionnelle (RCP) ;
    • responsabilité pénale ;
    • responsabilité disciplinaire.

Il faudra identifier les agents du risque pour mieux prévenir le risque et, s’il se réalise, il faudra le gérer au mieux de ses intérêts et de l’intérêt du destinataire de notre service.

On peut aussi considérer l’ensemble des événements indésirables graves (EIG) susceptibles de survenir en distinguant ceux qui sont associés aux soins vétérinaires et les autres. Parmi les EIG associés aux soins, on peut distinguer ceux qui concernent le vétérinaire parce qu’ils concernent d’abord l’animal ou les animaux objets des soins et les autres EIG.

Dr Ve Michel Baussier

Des blessures fréquentes

Les blessures ne sont pas rares chez les vétérinaires. Une enquête menée par la Semaine Vétérinaire en 2016 auprès d’environ 400 praticiens relève que plus des ¾ d’entre-eux ont été victimes d’une blessure ayant nécessité des soins médicaux au cours de leur carrière.

L’Association de Protection Vétérinaire cherche à connaître et prévenir ces accidents.
En proposant un formulaire de déclaration des accidents en milieu vétérinaire, l’APV espère pouvoir cerner les circonstances les plus fréquentes de survenue des blessures.

Grâce aux données récoltées, les problèmes liés à la contention des animaux (muselière mal ajustée par exemple), l’absence de repères spatiaux en visite à domicile, ou encore une relation homme-animal basée sur la coercition, semblent être des facteurs favorisants de ces accidents.

Pour les blessures les plus graves, les séquelles peuvent avoir des conséquences professionnelles et personnelles importantes (changement de carrière par exemple).

Cette accidentologie est également en décalage avec l’image véhiculée par les médias.

L’APV travaille à la réalisation d’outils pédagogiques à destination des praticiens.

Les méthodes d’éducation positive donnent de très bons résultats pour améliorer la tolérance et la coopération des animaux de compagnie aux soins et manipulations en milieu vétérinaire.
Cela contribue également à une bonne fidélisation de la clientèle et une meilleure observance des traitements. Tout le monde y gagne : propriétaire – animal – vétérinaire.

Dr Ve Christelle Teroy-Waysbort

Des outils et méthodes au service de la sécurité

Les accidents liés aux soins vétérinaires, qu’ils concernent le vétérinaire dans l'exercice de sa mission (morsure, griffure) ou l’animal (complication ou décès inattendu) au cours ou au décours des soins sont nombreux. Cependant, ils ne sont pas une fatalité car beaucoup sont évitables, à l’instar de la santé humaine (40 % évitables).

Afin d’agir  pour prévenir ces risques ou en atténuer les conséquences, des outils et méthodes spécifiques existent. Il sont de trois ordres :

  • outils d’analyse du risque a priori permettant d’anticiper les accidents,
  • outil d’analyse des accidents eux-mêmes, permettant d’éviter leur reproduction,
  • et enfin outils permettant d’améliorer la communication et la coopération en équipe mais aussi avec les propriétaires d’animaux, limitant ainsi les ruptures dans la continuité des soins et plaintes.

Dr Marie-Christine Moll

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Le site de l'AFVAC


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