Les réseaux de périnatalité : à quoi ça sert ? Comment ça marche ?

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Les réseaux de périnatalité : à quoi ça sert ? Comment ça marche ?

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  • Femme enceinte, hôpital

L’amélioration de la sécurité et de la qualité de prise en charge des mères et des nouveau-nés sont des orientations majeures du plan périnatalité. Le développement des réseaux a été l’un des moyens mis en œuvre par les agences régionales d’hospitalisations pour atteindre ces objectifs.

  • Sage-femme
Auteur : Isabelle LE CREFF, sage-femme / MAJ : 09/05/2018

Quel est l'objectif des réseaux de périnatalité ?

Depuis leur création, l’objectif des réseaux de périnatalité est d’optimiser la prise en charge de la femme enceinte et du nouveau-né grâce à la mutualisation des professionnels et établissements de santé.

Les réseaux de périnatalité permettent le partage de leurs compétences afin que les femmes enceintes accouchent en toute sécurité et en toute sérénité. Les professionnels adhérents aux réseaux de périnatalité s’engageant à orienter la femme enceinte vers d’autres professionnels selon l’évolution de sa grossesse, et les nouveau-nés selon leur état de santé.

Le développement du réseau propose donc une nouvelle conception ou culture du travail en périnatalité : plus collectif, plus coordonné, plus centré sur le fœtus et sur la femme enceinte, et plus attentif au père.

Les professionnels intervenant dans cette démarche sont les gynécologues- obstétriciens, sages-femmes, médecins généralistes, pédiatres, anesthésistes, puéricultrices, infirmières, auxiliaires de puériculture, échographistes, radiologues, pédopsychiatres et psychiatres, et les psychologues.

Ils travaillent en cabinet libéral, en PMI, dans des maternités publiques ou privées et dans les services de néonatologie.

Le partage des compétences : quel bénéfice ?

La mutualisation des compétences par la mobilisation de ces professionnels va permettre :

  • L’harmonisation des pratiques professionnelles et l’amélioration de la qualité des soins par
    • L’évaluation des pratiques ;
    • La rédaction et la diffusion des recommandations et des référentiels de bonne pratique et le maintien de leur niveau de qualité 
    • La formation des professionnels ;
    • L’évaluation de l’organisation et l’impact du fonctionnement par l’utilisation d’outils et de systèmes d’information communs ;
    • La création d’annuaires professionnels ;
  • La participation à des actions de prévention par:
    • L’information des professionnels de la périnatalité sur les données récentes des publications scientifiques,
    • La définition et la mise à disposition de protocoles de dépistage ou de prise en charge ;
    • La mise à disposition d’outils d’information ;
  • L’édition des documents d’information à destination des femmes enceintes et de leur entourage ;
  • L’organisation de l’offre et les parcours de soins par :
    • Le repérage précoce des facteurs de risques médicaux, sociaux et psychiques permettant une meilleure orientation de la patiente pour une prise en charge adaptée ;
    • L’amélioration de la circulation des informations médicales ;
    • La participation à la définition des besoins régionaux ;
    • L’assurance de la continuité et la coordination des soins ;
  • L’évaluation de l’activité dans le domaine de la périnatalité par :
    • Le suivi de l’activité des maternités et services de néonatalogie,
    • La synthèse des données épidémiologiques relatives à la région,
    • La réalisation d’enquêtes épidémiologiques spécifiques (ex : allaitement maternel),
    • La mise en place de recueils de données spécifiques sur la région
    • Une régulation professionnelle de l’activité (ex : agrément des échographistes pour le dépistage de la trisomie 21).

Il est important de préciser que le réseau ne se substitue pas au suivi médical exercé par le praticien ou la sage-femme. La patiente peut bénéficier d’un suivi dans le cadre du réseau de périnatalité si elle le souhaite, le médecin ou la sage-femme en charge du suivi de sa grossesse, pourra alors lui indiquer la marche à suivre pour ouvrir un dossier périnatal partagé, dont elle sera la détentrice.

Pourquoi faire un dossier Périnatal Partagé (DPP) ?

Pour colliger les éléments indispensables au suivi de la grossesse, à la sécurité de la naissance, aux suites de couches, qui seront ensuite partagés en toute sécurité par les différents acteurs et établissements de santé.

Ce dossier confié à la patiente permet la mise en place d’un tronc commun d’informations périnatales (renseignements socio-démographiques, antécédents maternels, antécédents obstétricaux, début de grossesse, surveillance et pathologies de la grossesse, contexte psycho-sociologique).

Il permet également de mentionner l’orientation ou transfert pour une consultation spécialisée (diagnostic anténatal (DAN) par exemple), l’hospitalisation éventuelle dans le service des grossesses à haut risque (GHR), l’accouchement (lieu, mode, et retour), l’évolution du nouveau-né en salle de naissance, le séjour de la mère en suites de couches, le séjour du nouveau-né en maternité, et le résumé du séjour en cas de mutation ou transfert du nouveau-né.

Pour le bon fonctionnement de cette démarche, certaines difficultés doivent être surmontées telles que, le clivage ente la ville et l’hôpital par manque de communication en l’absence d’outil adapté ou encore juridiques puisque l’établissement est normalement responsable de la conservation du dossier que la patiente détient.

L’efficacité de la mise en place du dossier périnatal partagé dépend de la bonne volonté de tous, et c’est la détermination et l’investissement de chacun qui permet de concrétiser les objectifs des réseaux, d’harmonisation et d’amélioration du suivi des patientes et de leurs enfants.


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