Peut-on vivre plus vieux et en bonne santé ?

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Peut-on vieillir longtemps et en bonne santé ? La réponse dans une revue de question publiée par la prestigieuse revue "Nature".

Auteur : Pr. René AMALBERTI / MAJ : 12/12/2018

Etat des lieux : un vieillissement spectaculaire

Dans les 200 dernières années, la durée de vie a doublé, avec en plus une amélioration spectaculaire des capacités cognitives et fonctionnelles à des âges avancés. Ce vieillissement rapide ne doit rien aux mutations génétiques, dont les actions demandent des cycles de temps bien plus longs.

On a par contre des bulles locales géographiques où les personnes vivent depuis longtemps à des âges très avancés : Okinawa au Japon une partie de la Sardaigne, Icaria en Grèce, Nicoya au Costa Rica, Loma Linda aux USA. On n’a pas retrouvé de marqueurs génétiques chez ces populations. Ce sont donc des facteurs environnementaux, habitudes de vie, et nutrition qui sont retenus comme explication de leur exceptionnelle longévité.

Globalement, la ‘durée de vie en bonne santé’ a tout de même moins progressé que la durée de vie tout court. Chaque prolongement de 5 ans ne correspond qu’à 4,6 ans de survie en bonne santé. Le décalage est encore plus marqué chez les hommes, les CSP modestes, et les obèses. Les risques de cancer, de problèmes cardio-vasculaires et de démences augmentent avec l’âge, mais il semble qu’il soit possible de limiter ce vieillissement physiologique et pathologique. Les personnes de plus de 100, 105, voire 110 ans sont notamment très préservées de ces pathologies.

Comment explique-t-on ce phénomène ?

Tout l’enjeu des recherches est justement de comprendre les mécanismes sous-jacents de cette préservation, à la fois sur des modèles animaux, et sur des modèles humains.

Si on commence par regarder l’apport de la génétique et de l’hérédité, l’hérédité du vieillissement ne rend compte que de 25% des effets observés chez les animaux, et à peine de 12% chez les humains. Mais il reste vrai que ces marqueurs familiaux sont plus présents chez les personnes de très grand âge (105 ans et plus), signant quand même une petite fraction de la population privilégiée. Une autre approche se concentre sur certains marqueurs de risque de maladies : les personnes positives à ces marqueurs dans le sang, vivent en moyenne 20 ans de moins que la population générale. Mais paradoxalement, ces patients multi-morbides ont un sur risque énorme de mourir ou d’être aggravés presque autant lié aux traitements plus précoces et plus agressifs dont ils sont l’objet que par leurs pathologies.

A côté des risques génétiques, les habitudes de vie, sédentarité, alcool, tabac, même à petite quantité, ont une influence substantielle sur le vieillissement qui se compte en années perdues. Certaines interventions, par exemple la combinaison soutenue dans le temps d’un exercice physique quotidien et d’un régime alimentaire adapté dans la prise en charge du diabète prolongent la vie jusqu’à 15 ans par rapport à une cohorte référente qui n’observe pas les mêmes précautions. Ces succès statistiques ne doivent pas masquer les variations individuelles importantes dans ces cohortes, et également les adaptations à faire dans les préconisations en fonction de l’âge (régime, exercice).

Les médicaments sont évidemment une autre option quand l’adaptation de l’environnement et du style de vie ne sont pas suffisant pour garantir le vieillissement en bonne santé. Leur usage est particulièrement fréquent, statines et hypolipémiants en tout premier. Mais leur effet devient plus compliqué chez les patients plus âgés, plus multimorbides.

Conclusion

Tout l’enjeu des recherches est justement de comprendre les mécanismes sous-jacents de cette préservation, à la fois sur des modèles animaux, et sur des modèles humains.

Si on commence par regarder l’apport de la génétique et de l’hérédité, l’hérédité du vieillissement ne rend compte que de 25% des effets observés chez les animaux, et à peine de 12% chez les humains. Mais il reste vrai que ces marqueurs familiaux sont plus présents chez les personnes de très grand âge (105 ans et plus), signant quand même une petite fraction de la population privilégiée. Une autre approche se concentre sur certains marqueurs de risque de maladies : les personnes positives à ces marqueurs dans le sang, vivent en moyenne 20 ans de moins que la population générale. Mais paradoxalement, ces patients multi-morbides ont un sur risque énorme de mourir ou d’être aggravés presque autant lié aux traitements plus précoces et plus agressifs dont ils sont l’objet que par leurs pathologies.

A côté des risques génétiques, les habitudes de vie, sédentarité, alcool, tabac, même à petite quantité, ont une influence substantielle sur le vieillissement qui se compte en années perdues. Certaines interventions, par exemple la combinaison soutenue dans le temps d’un exercice physique quotidien et d’un régime alimentaire adapté dans la prise en charge du diabète prolongent la vie jusqu’à 15 ans par rapport à une cohorte référente qui n’observe pas les mêmes précautions. Ces succès statistiques ne doivent pas masquer les variations individuelles importantes dans ces cohortes, et également les adaptations à faire dans les préconisations en fonction de l’âge (régime, exercice).

Les médicaments sont évidemment une autre option quand l’adaptation de l’environnement et du style de vie ne sont pas suffisant pour garantir le vieillissement en bonne santé. Leur usage est particulièrement fréquent, statines et hypolipémiants en tout premier. Mais leur effet devient plus compliqué chez les patients plus âgés, plus multimorbides.

Au total, si on ne peut pas changer le génome, on peut influencer beaucoup de facteurs pour obtenir un vieillissement long et en bonne santé. Les régimes nutritifs sont très importants dans cette optique, mais pas toujours socialement acceptable ; par exemple, on sait qu’un seul repas par jour programmé à une heure précise (point important), appauvri en protéine, est de loin le régime pour les âges moyens qui réduit le plus tous les problèmes d’HTA, cardio-vasculaires, et la plupart des maladies liées au vieillissement. On a aussi identifié chez l’animal plusieurs molécules qui réduisent la sénescence mais qui demandent encore confirmation chez l’homme.

On commence à être vraiment avancé dans la connaissance de ce qui permet le vieillissement en bonne santé. Les recherches continuent, ajoutant chaque jour de nouveaux espoirs.

Il reste que toutes les solutions investiguées jusqu’à présent sont contraignantes sur la vie sociale ; le vieillissement est d’abord une affaire de volonté individuelle, longtemps à l’avance, et ce facteur restera pour longtemps le déterminant réel de la durée de vie.

Pour aller plus loin :

Partridge, L., Deelen, J., & Slagboom, P. E. (2018). Facing up to the global challenges of ageing. Nature561(7721), 45.

Lire l'article :

https://www.nature.com/articles/s41586-018-0457-8?dom=prime&src=syn


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