Evénement indésirable grave en médecine équine

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Evénement indésirable grave en médecine équine : effet indésirable mortel d'une injection médicamenteuse

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  • Cas clinique équin

Une jument de semi-trait de 9 ans, sans antécédent médical mais malade depuis une semaine et soignée en automédication sans succès par le propriétaire, est présentée au vétérinaire. Les effets secondaires graves apparus suite à une injection médicamenteuse conduiront au décès de l'animal.

Auteur : Dr Michel Baussier, Docteur vétérinaire / MAJ : 24/11/2020

Cas clinique

Ce cas remonte au début des années 2000.

Le vétérinaire qui intervient sur l’exploitation est un collaborateur du vétérinaire demandé et attendu, lequel était indisponible.

Dans le contexte épidémio-clinique, le praticien suspecte une piroplasmose (babésiose ou theilériose) et injecte notamment le seul médicament disponible sur le marché dans cette espèce à l’époque et dans cette indication, à base d’imidocarbe.

Il indique au propriétaire la possibilité de sudations localisées comme effets secondaires possibles du médicament, sans plus.

Les effets indésirables (connus) de la spécialité, injectée à dose du reste modérée (léger sous-dosage), se manifestent rapidement (quelques minutes après le départ du vétérinaire) et sous une forme grave (sudation abondante généralisée, diarrhée profuse, coliques violentes ne rétrocédant pas spontanément).

Sur appel du propriétaire, le vétérinaire primitivement choisi par l’éleveur ré-intervient trois heures plus tard. Il constate la violence des coliques, qui n’avaient pas cessé. La palpation transrectale lui fait suspecter une torsion intestinale, de pronostic désespéré. La jument meurt cinq heures après l’injection en cause.

Une action en RCP sera engagée contre le praticien. Aucun défaut dans les moyens du diagnostic ni du traitement ne sera reconnu mais un défaut d’information, en particulier sur les effets indésirables du médicament utilisé sera retenu.

Une déclaration de pharmacovigilance avait été réalisée.

L’événement indésirable au cours des soins est ici constitué par la mort de l’animal, absolument exceptionnelle en tant que conséquence de ce type de traitement. Il survient dans le cadre d’un contrat tacite de soins mal établi au motif du défaut de consentement à la prise de risque par insuffisance d’information, dans un climat de confiance non établi.

Propositions d'actions préventives

  • La communication entre le praticien et le propriétaire de l’animal est d’autant plus importante que le climat de confiance n’est pas établi a priori.
  • La médecine vétérinaire partenariale est aujourd’hui à privilégier : elle est fondée sur l’explication de la démarche du diagnostic, sur la présentation des solutions thérapeutiques avec leur rapport bénéfice/risque respectif et sur une prise de décision partagée.

Liens

https://www.prevention-medicale.org/Actualites-et-revues-de-presse/Toutes-les-actualites/Veterinaire/impliquer-maitre-soins-animal

https://respe.net/maladie-equine/piro-like/piroplasmose/

Références

BENAMOU-SMITH (A.E.M), GUIDI (E), DEBERGE (E), DELATTRE (S) – Etude des cas de piroplasmose présentés à Vetagrosup Lyon entre 2011 et 2013: quelles caractéristiques cliniques et hémato-biochimiques faut-il retenir ? Institut Français du Cheval et de l’Equitation (IFCE), 41èmes Journées de la Recherche Equine, jeudi 12 mars 2015.
DELATTRE Stéphanie – Etude bibliographique et rétrospective des chevaux testés positifs à la piroplasmose à la clinéquine. Thèse doctorat-vétérinaire Lyon, 14 novembre 2014.

 

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