
Face à la persistance des déserts médicaux, les solutions reposent sur plusieurs leviers. Dans cette vidéo, médecins, infirmière, kinésithérapeute, coordinatrice de maison de santé et experts de La Prévention Médicale partagent leurs réflexions sur l’attractivité des territoires, l’organisation des soins et les nouvelles pratiques.
Maisons de santé, exercice coordonné, télémédecine, nouveaux métiers et coopération entre professionnels… Découvrez dans cette vidéo comment ces évolutions pourraient contribuer à maintenir une offre de soins au plus près des patients, malgré le manque de médecins.
Les intervenants de la vidéo présentent différentes pistes pour répondre à la pénurie de professionnels de santé dans les territoires sous-dotés. Leurs propositions concernent à la fois l’attractivité des territoires, les conditions d’exercice, la coopération entre professionnels et le recours à de nouvelles organisations des soins et aux technologies.
Les pouvoirs publics ont déjà mis en place différentes mesures pour favoriser l’installation de professionnels dans les zones sous-denses : délégations et transferts de compétences, incitations financières, développement de l’exercice regroupé. Selon Nicolas GOMBAULT, ces dispositifs n’ont cependant pas permis de résoudre suffisamment la pénurie.
Deux propositions de loi évoquées dans la vidéo visent notamment à conditionner l’installation de certains professionnels, dont les médecins, dans les zones sous-denses, avec des sanctions financières en cas de non-respect. Nicolas GOMBAULT défend plutôt une approche fondée sur l’incitation et la transformation des modalités d’exercice.
Elodie LEROY souligne toutefois que les incitations financières ne suffisent pas toujours à attirer de nouveaux professionnels. D’autres facteurs d’attractivité peuvent être pris en compte, notamment l’accompagnement proposé lors de l’installation.
Les collectivités locales peuvent jouer un rôle dans l’accueil des professionnels et de leur famille. Le Dr Jean-François GERARD-VARET cite plusieurs exemples : aider le conjoint à trouver un emploi, faciliter l’accès à une crèche ou à des établissements scolaires pour les enfants, ou encore proposer temporairement un logement.
Les conditions d’exercice constituent également un levier important. Le Dr Clara LEGON évoque le développement du travail en groupe et la possibilité, pour les collectivités ou intercommunalités, de salarier des médecins généralistes. Ce mode d’exercice peut notamment réduire la charge administrative qui pèse sur les praticiens libéraux.
Jean-François GERARD-VARET insiste également sur l’importance d’un management adapté au sein des maisons de santé et, plus largement, des établissements de santé. La prise en compte de la santé mentale des soignants et la prévention de leur épuisement sont présentées comme des conditions nécessaires à leur maintien dans la profession.
Pour plusieurs intervenants, une meilleure coordination des acteurs peut contribuer à fluidifier les parcours de soins. Dans les maisons de santé, les professionnels peuvent partager les informations grâce aux outils numériques et organiser régulièrement des réunions autour des situations des patients.
La coordinatrice de la maison de santé joue notamment un rôle dans l’organisation du parcours et la communication entre les différents intervenants.
La coopération doit également s’étendre entre la ville et l’hôpital. Amélie OLLIN souligne l’intérêt d’une articulation plus étroite entre ces deux secteurs afin d’éviter les ruptures de prise en charge et les pertes de temps pour les patients.
Pour la Dr Sundé KILIC, cette coopération suppose de dépasser les logiques de séparation entre professions ou structures et de favoriser le dialogue afin de construire des réponses communes.
La sécurité des patients repose aussi sur des organisations permettant de définir clairement le rôle de chacun. Protocoles, partage d’informations dans le dossier médical et réunions entre professionnels constituent plusieurs des dispositifs mis en place dans la maison de santé de Semur-en-Auxois.
Ces outils permettent notamment de déterminer dans quelles situations un patient doit être orienté vers un médecin, un infirmier ou un kinésithérapeute. La prévention fait également partie de cette organisation, avec notamment l’intervention d’une infirmière Asalée et des actions de prévention menées au sein de la maison de santé.
Dans les services d’urgence, l’organisation et l’encadrement jouent également un rôle important. La Dr Sundé KILIC souligne que les responsables doivent veiller aux conditions dans lesquelles travaillent les équipes et favoriser un environnement permettant aux professionnels de conserver confiance et motivation.
Face au manque durable de médecins, les intervenants évoquent enfin une évolution de la répartition des compétences. La télémédecine et d’autres technologies peuvent contribuer à réduire l’isolement de certains territoires et à faciliter l’accès à l’expertise médicale.
Le Pr René AMALBERTI envisage également un recours accru à des professionnels travaillant en lien avec les médecins, notamment les infirmiers en pratique avancée et les pharmaciens. Ces professionnels pourraient contribuer à assurer une présence de soins plus étendue sur le territoire, tandis que les médecins resteraient davantage concentrés dans les zones urbaines.
Nicolas GOMBAULT cite par ailleurs des initiatives reposant sur une mobilisation ponctuelle de professionnels dans les zones sous-denses, comme le dispositif "Médecins Solidaires", ainsi que le développement de solutions technologiques destinées à améliorer l’accès aux soins.