Retrouvez l'analyse de la presse internationale sur le risque médical par le Professeur Amalberti. À la une ce mois-ci : améliorer l'organisation de la sortie des patients, soins déficients en prison, lettre de liaison entre généraliste et référent spécialiste, mieux accompagner les patients âgés atteints de troubles cognitifs...
Cela fait déjà 50 ans que l’implication des patients dans la prise de décision est pointée comme un élément essentiel de sécurité, et pourtant prendre des décisions thérapeutiques basées sur ce qui compte pour les patients reste seulement un objectif plus qu’une réalité effective.
Cet éditorial écrit par des chirurgiens du Wisconsin rebondit de façon critique sur l’initiative américaine déjà ancienne de “What Matters” qui vise à personnaliser les soins mais fournit peu de guidance opérationnelle.
L’exemple choisi par les auteurs dans le cadre de cette initiative est le programme "Surgical Pause" qui combine dépistage de la fragilité et clarification des objectifs pour les patients fragiles. Mis en œuvre dans 42 centres, il révèle que les chirurgiens ont du mal à intégrer la clarification des objectifs dans la pratique clinique. Ils continuent à raisonner en termes de faisabilité chirurgicale, de risque, de consentement, mais accordent peu de place pour discuter ce que le patient valorise réellement. Parfois, la décision de refuser la chirurgie est externalisée (soins palliatifs, comité), ce qui diffuse la responsabilité et évite la discussion directe sur les objectifs.
Le problème fondamental reste le fossé entre les priorités des patients et les décisions chirurgicales. Les notions utilisées (objectifs, valeurs, décision partagée) sont floues, mal définies et mal opérationnalisées. Elles fonctionnent comme des "mots valises" utiles symboliquement mais peu ancrés dans l’action concrète.
On fait face au moins à trois problèmes clés :
Les auteurs suggèrent quelques recommandations :
La décision devient alors cohérente avec ce qui compte pour le patient.
Plus d'un quart des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs aux États-Unis vivent seules. Ces personnes manquent souvent de soutien pour la gestion de leurs médicaments et sont exposées à un risque élevé d'effets indésirables liés à ces derniers.
Le travail proposé cherche à identifier les obstacles et les facteurs facilitant la gestion des médicaments chez les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs vivant seules.
Cette étude qualitative a été menée entre mai 2016 et février 2024 auprès d'adultes de 55 ans et plus, issus de divers horizons raciaux et ethniques, vivant seuls et atteints de troubles cognitifs en Californie, en Louisiane et au Michigan (ci-après "les participants"), ainsi que de leurs proches (ci-après les "contact sociaux, membres de la famille ou autres personnes de l'entourage").
Dans le cadre du projet "Vivre seul avec des troubles cognitifs", les points de vue des participants et de leurs proches concernant les obstacles et les facteurs facilitant la gestion des médicaments ont été recueillis au moyen d'entretiens semi-structurés menés en anglais, en espagnol, en cantonais ou en mandarin. Les participants ont été interviewés en moyenne 4 fois (486 entretiens au total), principalement à leur domicile.
Une analyse thématique combinant méthodes inductives et déductives a été utilisée pour examiner les discussions relatives à la gestion des médicaments.
Au total, 116 personnes âgées vivant seules et présentant des troubles cognitifs (âge médian 74 ans [57-103] ; 86 femmes [74,1%]) et 54 contacts sociaux (âge médian : 59 ans [29-89] ans ; 44 femmes [81,5%]) ont été interrogés.
Au niveau individuel, les obstacles à la gestion des médicaments comprenaient l’absence de rappels pour la prise des médicaments en raison de l’absence de colocataire, la crainte de subir des effets indésirables en cas de solitude et le stress lié à la gestion de traitements médicamenteux complexes avec un soutien insuffisant.
Au niveau interpersonnel, les obstacles incluaient la difficulté à vérifier la prise des médicaments sans colocataire, la méfiance envers les professionnels de santé liée au désir de préserver son autonomie et des difficultés de communication.
Au niveau du système de santé, les obstacles comprenaient la difficulté à s’orienter dans le système de santé sans accompagnement.
Les participants ont reçu un soutien essentiel, mais intermittent, pour la gestion de leurs médicaments de la part de leurs contacts sociaux ne vivant pas sous le même toit.
Les deux groupes ont suggéré des solutions potentielles aux obstacles, mais ont néanmoins exprimé un sentiment de précarité quant à la gestion des médicaments.
Beaucoup de personnes âgées atteintes de maladies chroniques nécessitent des soins à domicile. L'obtention de ces soins peut s'avérer complexe et coûteuse, même avec une couverture d'assurance.
Ce travail original étudie la disponibilité et l'accessibilité des services de soins à domicile pour les bénéficiaires de Medicaid dans l'État de New York en testant le système en réel.
La méthode utilisée, transversale et dite par "clients mystères", a été menée entre février et mai 2024 auprès d'un échantillon aléatoire d'agences de services de soins à domicile agréées de l'État de New York. Des chercheurs, auteurs de l'étude et formés à cet effet, se sont fait passer pour des aidants familiaux cherchant des services de soins à domicile pour un membre de leur famille âgé de 70 ans bénéficiant de l'assurance Medicaid.
La consigne était de faire un appel téléphonique demandant des soins à domicile pour une personne âgée atteinte de maladies chroniques et présentant des limitations fonctionnelles.
Les critères d'évaluation étaient la disponibilité des services de soins à domicile, l'acceptation de Medicaid, le délai d'évaluation et de début des services, le nombre d'heures de soins prévues (prises en charge) et le coût horaire des services supplémentaires.
Des données quantitatives et qualitatives ont été recueillies lors des appels téléphoniques. Parmi les 331 services de soins à domicile sélectionnés pour la campagne de sensibilisation, 169 ont pu être contactés (taux de réponse de 51,1%).
Parmi eux, 125 (74,0%) acceptaient Medicaid. Si la plupart de ces services (141 [83,4%]) ont indiqué pouvoir débuter les soins après l'évaluation d'admissibilité requise, 44,4% ont imposé de longs délais d'attente (plus d'une semaine) pour ces évaluations, pourtant nécessaires au démarrage des soins.
L'estimation du nombre d'heures de service pouvant être accordées s'est avérée difficile, 135 services (79,9%) n'ayant pas pu ou ayant refusé de fournir une estimation. Parmi les 34 (20,1%) qui ont pu le faire, la plupart (25 [73,5%]) ont estimé pouvoir fournir entre 10 et 30 heures par semaine.
Le coût horaire moyen (écart-type) des services supplémentaires au-delà du montant approuvé par l'assurance, était de 33,35 $.
Les principaux thèmes abordés lors des conversations téléphoniques étaient la complexité du processus de prise en charge des soins à domicile par Medicaid, les difficultés à obtenir un nombre d'heures suffisant, le recours à des paiements privés pour compléter les soins, les facteurs liés à la main-d'œuvre qui influent sur l'accès aux soins, ainsi que la variabilité des connaissances et de l'accessibilité des soins chez les agents de services de soins à domicile.
Les résultats suggèrent que les aidants familiaux et les patients peuvent être confrontés à de longs délais d'attente, à des décisions de prise en charge imprévisibles, à des pénuries de personnel et à des frais importants à leur charge pour les heures supplémentaires.
Ils soulignent la nécessité de simplifier les procédures, d'accroître la transparence et de renforcer le soutien apporté à la main-d'œuvre afin de garantir un accès équitable aux soins à domicile.
Cette équipe australienne propose d’évaluer l’effet des taux d’occupation des lits hospitaliers sur les débits des patients hospitalisés par les services d’urgence, la durée de séjour aux urgences et le blocage d’accès, et identifier les seuils d’occupation critiques au-delà desquels le flux de patients se détériore.
La méthode repose sur une étude de cohorte rétrospective utilisant des données administratives collectées de façon systématique dans 25 hôpitaux publics du Queensland, sur une période de 5,5 ans (du 1er avril 2017 au 31 août 2022).
Les principaux critères d'évaluation sont le taux de passage et de sortie des urgences, le taux d'admission et de sortie des patients hospitalisés, le taux d'occupation des hôpitaux, la durée de séjour, et l’engorgement des services d'urgence avec le respect de la règle des 4 heures.
L'analyse révèle une évolution significative des performances à mesure que le taux d'occupation des hôpitaux augmente et identifie des points de congestion critiques spécifiques à chaque site, à partir desquels le flux de patients se détériore.
Notamment, à mesure que l'occupation augmente, une divergence croissante s’installe entre les passages et les sorties des urgences, ainsi qu'entre les admissions et les sorties des patients hospitalisés, indiquant une congestion du système.
De plus, l'évaluation du flux dans les 25 hôpitaux montre qu'une augmentation de 10% du taux d'occupation des lits est corrélée à une prolongation de 0,32 heure (19 minutes) de la durée de séjour aux urgences (ou de 33 minutes pour les patients admis depuis les urgences).
De plus, des disparités importantes ont été observées dans le fonctionnement des hôpitaux entre les week-ends et les jours de semaine, les admissions et les sorties étant jusqu'à trois fois plus nombreuses en semaine, ce qui souligne la pression opérationnelle accrue durant la semaine de travail.
Cette étude remet en question l'objectif traditionnel de 85% de taux d'occupation, démontrant que les niveaux d'occupation optimaux varient d'un hôpital à l'autre. Elle souligne également la forte corrélation entre le taux d'occupation des lits d'hôpitaux et la performance d'accès aux urgences : un taux d'occupation plus élevé est corrélé à des séjours plus longs aux urgences et à une diminution du respect des indicateurs de performance. À mesure que les hôpitaux approchent de la saturation, la pression sur les ressources des urgences s'intensifie, entraînant des temps d'attente plus longs et des retards dans la prise en charge.
En Australie, les soins de santé en milieu carcéral - comme dans bien d’autres pays - sont entravés par une prise en charge fragmentée, un manque de normes uniformes et un manque de responsabilisation.
Au-delà du constat, hélas banal, et c’est encore plus vrai pour les mineurs et pour les aspects mentaux, ce point de vue proposé par un groupe de travail de dizaines de chercheurs de la plus grande université australienne (Monash, Melbourne) approche le problème sous un jour original qui en fait toute son originalité.
Les auteurs défendent l’établissement de normes minimales nationales pour les soins de santé en milieu carcéral, visant l'équivalence avec les normes en vigueur dans la population générale. Cette approche a le potentiel de s’appliquer utilement à bien des situations dégradées des soins dans les zones déprivées ou dans les communautés exposées et fragiles.
L’article pose une distinction centrale en définissant le standard minimum comme le niveau de qualité minimal tolérable en dessous duquel les soins deviennent inacceptables.
À ne pas confondre avec les recommandations de bonnes pratiques (niveau optimal) et les indicateurs de performance (mesure a posteriori). Autrement dit, on ne parle pas d’excellence, mais d’un seuil de sécurité non négociable.
Le standard minimum est défini normativement par un principe clé d’équivalence avec les soins disponibles en population générale. Mais l’article insiste sur un point essentiel : cette équivalence n’est pas spontanée. Elle nécessite une allocation de ressources proportionnée à la complexité des besoins (plus élevés en détention).
Donc le minimum n’est pas un seuil universel abstrait : c’est un seuil ajusté au risque et à la vulnérabilité du système.
L’article donne aussi des éléments implicites mais robustes sur la structure des minimum standards, en s’appuyant sur des cadres internationaux (USA, OMS).
Les standards doivent couvrir l’ensemble du système de soins :
Cela correspond à une approche système, pas à des seuils cliniques isolés.
Les auteurs ajoutent aussi le besoin d’une logique de "socle commun". Le standard doit garantir que le lieu de détention ne modifie pas la qualité des soins reçus et que les variations territoriales ou organisationnelles deviennent acceptables dans des limites définies.
Le contenu doit aussi être opposable et c’est un point crucial du papier. Un "minimum" sans capacité d’imposition et de sanction n’est pas un véritable standard. Les standards doivent être contraignants juridiquement ou institutionnellement.
Aujourd’hui, les principes existent mais ils sont non contraignants et peu contrôlés.
L’article suggère implicitement que définir un standard minimum exige un écosystème complet : des référentiels explicites (cadres nationaux communs, standards écrits et partagés), les données nationales, régulières et comparables, des mécanismes de surveillance et de signalement, et des mécanismes de contrôle externe (inspections notamment).
Enfin, l’article insiste sur un point important (souvent absent dans les approches techniques) : les standards doivent être co-construits avec les personnes ayant vécu l’incarcération et avec les organisations autochtones. La définition du minimum n’est pas seulement technique ou médicale mais aussi éthique, sociale et politique.
Au total, des idées qui pourraient sans doute faire leur chemin dans bien d’autres situations que les prisons… même si le sujet est délicat.
L’Australie se heurte à d’immenses territoires ruraux déprivés en ressources de santé.
L’état essaie depuis longtemps de palier ce problème par différentes solutions - au demeurant essayées aussi chez nous et dans plusieurs pays confrontés au même problème de déserts médicaux. On compte au premier rang de ces solutions l’imposition de stages aux plus jeunes, mais l’Australie essaie aussi d’attirer certains en valorisant volontairement la découverte d’un intérêt personnel de pratique dans ces zones.
Dans ce contexte, la littérature a accumulé de nombreuses données indiquant les profils les plus susceptibles d'exercer en milieu rural ; or, les critères de sélection actuels utilisés par la plupart des collèges de spécialité ne reflètent pas cette réalité.
Cette équipe australienne du Queensland, a réalisé une étude fondée sur une cohorte de parcours d’internes qui montre plutôt l’inverse en analysant la réalité de la sélection des spécialités qui éloigne probablement de nombreux diplômés intéressés par le travail en milieu rural, les empêchant peut-être d'y revenir après leur internat.
Le gouvernement australien a fortement investi dans la formation en milieu rural, en multipliant les possibilités de parcours de formation complets et en sensibilisant davantage à la responsabilité sociale des programmes de formation. Mais ces parcours de formation spécialisée ont tardé à modifier leurs critères de sélection, qui devraient pourtant favoriser la diversité et la répartition de la main-d'œuvre dans les zones rurales. Nous mettons en lumière des opportunités potentiellement inexploitées pour répondre directement aux besoins en main-d'œuvre.
Le personnel des services de santé est souvent critiqué pour la mise en œuvre trop rapide de nouvelles pratiques dans les soins, souvent en réaction à des constats de défaillance ponctuelle (par exemple, une nouvelle procédure, une nouvelle check-list) alors que ces apparentes "bonnes idées" font rarement l’objet d’une démarche de preuve.
L'initiative Just Cos, proposée par cette équipe australienne, vise à remédier à ce problème. Elle encourage le personnel à adopter une réflexion critique sur ses pratiques professionnelles et lui offre la possibilité de s’interroger sur les pratiques potentiellement peu pertinentes ou non fondées sur des preuves. Just Cos intègre ensuite les données d'audits internes et les résultats de recherches externes, en tenant compte du consensus des parties prenantes, et met ces connaissances en pratique grâce à des méthodes d'amélioration de la qualité.
L'objectif de l’étude proposée est d'évaluer si cette approche intégrée d'amélioration de la qualité et de recherche permet d'identifier les pratiques peu pertinentes décidées de façon réactive à des événements indésirables et, le cas échéant, de déterminer si ces pratiques peuvent être minimisées.
Les données sont des demandes reçues sur une période de 14 mois compilées à partir d'un registre de soumissions Just Cos. La mise en œuvre de Just Cos a été étudiée au moyen de neuf entretiens semi-structurés avec des membres du personnel ayant soit soumis une demande Just Cos, soit participé à au moins une étape du processus.
Douze demandes Just Cos distinctes ont ainsi été reçues, provenant du personnel infirmier (7), des professionnels paramédicaux (3), de la direction (1) et de l'encadrement (1).
Deux demandes ont mis en évidence une pratique à faible valeur ajoutée nécessitant une modification. Des changements de politique (par exemple, la clarification d'un processus ou d'une approche) ont été constatés dans quatre demandes.
Trois demandes n'ont nécessité aucune modification de pratique ou de politique.
Trois n'ont pas abouti à un examen complet.
Les participants ont décrit Just Cos comme un outil permettant au personnel de s'exprimer et ont souligné l'importance de pouvoir actualiser les pratiques.
Le recours à des ressources centralisées pour l'examen des demandes a permis de gagner du temps pour le personnel et a protégé les personnes de toute critique pour avoir soulevé une préoccupation.
On retient que l’étude a permis d'identifier deux pratiques à faible valeur ajoutée nécessitant une modification, sans brider pour autant le besoin de créativité, d’amélioration continue des équipes.
Divers indicateurs suivis au sein du centre hospitalier universitaire d’Orléans ont mis en lumière une problématique significative liée à l’organisation de la sortie des patients.
Une évaluation des pratiques professionnelles a donc été réalisée entre mars et juin 2024 afin d’identifier objectivement les axes d’amélioration et de définir un plan d’action adapté.
Deux méthodes d’analyse complémentaires ont été mises en œuvre :
L’étude a mis en évidence un manque d’anticipation de la sortie des patients.
La durée prévisionnelle de séjour, censée être renseignée en amont de l’admission, à la consultation, n’était tracée que dans 2% des dossiers.
À l’admission, l’intervention de l’assistante sociale dans les 24 heures suivant sa sollicitation n’était documentée que dans 25% des cas.
Par ailleurs, seuls 29% des services préparaient les documents de sortie la veille et, dans 50% des services, les sorties n’étaient pas effectives avant 13 h.
En conclusion, des actions d’amélioration au sein des services étaient nécessaires pour renforcer les organisations locales, en complément d’initiatives institutionnelles visant à harmoniser et optimiser l’organisation et l’anticipation des sorties.
L’équité des soins de santé et de leur financement public suppose de bien comprendre le besoin de chaque catégorie de patients. Or, la formule de calcul des paiements forfaitaires aux cabinets de médecine générale en Angleterre n’a pas été mise à jour depuis plus de 20 ans et repose sur des pondérations de charge de travail approximatives.
Cet article signé par des économistes de la santé anglais vise à estimer et décrire les augmentations de rémunération qui seraient nécessaires pour aligner ces paiements sur des pondérations de charge de travail actualisées et plus précises, basées sur les besoins.
Il repose sur une étude transversale analysant les données les plus récentes et disponibles concernant 6 213 cabinets de médecine générale non atypiques en Angleterre, comptant plus de 1 000 patients inscrits et pour lesquels des informations complètes sur les paiements étaient disponibles au 1er avril 2024 (pour mémoire, les Anglais utilisent le système de capitation, avec un pool de patients inscrits auprès de chaque médecin installé).
Des pondérations de charge de travail actualisées ont été appliquées aux données publiques des cabinets concernant l’âge et le sexe des patients, les nouvelles inscriptions, l’origine ethnique, le niveau de défavorisation et la prévalence de 20 affections de longue durée.
Ces données du "temps passé" par le généraliste selon les patients ont été appliquées au calcul de rémunération actuel et souhaitable pour une équité réelle des soins.
Le paiement de la charge de travail par patient s’élevait en moyenne à 92,66 £, variant de 86,72 £ dans le décile le plus bas à 99,91 £ dans le décile le plus élevé.
Le paiement de la charge de travail par patient pondéré variait de 81,40 £ (5e percentile) à 107,10 £ (95e percentile), et de 89,69 £ dans le décile le plus bas à 96,40 £ dans le décile le plus élevé.
Une augmentation des paiements à un minimum de 102,46 £ par patient pondéré (valeur du 90e percentile) augmenterait le total des paiements de 11,6% (soit 677,77 millions de livres sterling par an) et les paiements par patient à 99,75 £ dans le décile le plus bas et à 108,18 £ dans le décile le plus élevé.
En conclusion, la composante "charge de travail" de la formule de financement des cabinets de médecine générale devrait utiliser ces pondérations actualisées qui valoriseraient les salaires au plus près de la réalité des prises en charge à faire.
L’orientation des patients des soins primaires vers les soins secondaires est un élément crucial du rôle du médecin généraliste. Or, la qualité de ces orientations est très variable et très dépendante de la qualité de la lettre de liaison entre généraliste et spécialiste référent.
Des informations d’orientation insuffisantes peuvent retarder la prise en charge, compromettre les résultats et mettre à rude épreuve les ressources de santé.
Il n’existe actuellement aucun cadre universellement accepté définissant ce qui constitue une orientation de qualité.
Cette étude anglaise propose une revue de littérature sur le sujet (juillet 1999 - août 2024).
Les études éligibles comprenaient des publications en langue anglaise dont le critère d’évaluation principal était la qualité de l’orientation, couvrant les orientations des soins primaires vers les soins secondaires.
La recherche a permis d’identifier 3 461 études, dont 54 ont été incluses dans l’analyse.
Quatre thèmes ont été dégagés :
Une grille d’évaluation de la qualité des lettres de transmission entre médecins a été élaborée à partir de ces résultats.
Les lettres écrites par le généraliste doivent trouver un équilibre entre précision et clarté, en adoptant une approche pragmatique afin de garantir une communication claire du raisonnement clinique, des antécédents pertinents et de l’implication du patient, tout en évitant une charge administrative inutile.